La Mort n’est rien


tôt le matin en décembre (1)

Ce texte extrait d’un sermon prononcé en 1910, écrit par le chanoine anglais Henry Scott Holland, est souvent lu lors d’obsèques, dans une traduction qui ne me convient pas tout à fait. C’est pourquoi je propose la mienne, à la suite du texte original.

Death is nothing at all, I have only slipped away into the next room.

I am I, and you are you. Whatever we were to each other, that we still are.

Call me by my old familiar name, speak to me in the easy way which you always used, put no difference in your tone, wear no forced air of solemnity or sorrow.

Laugh as we always laughed at the little jokes we shared together. Let my name ever be the household world that it always was. Let it be spoken without effect, without the trace of  a shadow on it.

Life means all that it ever meant. It is the same as it ever was. There is unbroken continuity. Why should I be out of mind because I’m out of sight ?

I’m waiting for you, for an interval, somewhere very near, just around the corner.

All is well.

La mort n’est rien du tout, je me suis simplement glissé dans la pièce suivante.

Je suis moi, et tu es toi. Quoi que nous ayons été l’un pour l’autre, nous le sommes toujours.

Appelle-moi comme tu l’as toujours fait, adresse-toi à moi sur le même ton familier, sans mettre de différence, sans revêtir un air solennel ou mélancolique qui sonne faux.

Ris comme nous avons toujours ri aux petites blagues que nous partagions ensemble. Laisse à jamais mon nom résonner dans l’intimité de la maison, comme avant. Qu’il soit prononcé normalement, sans une ombre dans la voix !

La vie garde tout son sens, rien n’a changé, rien n’a brisé sa continuité. Pourquoi devrais-je être hors de l’esprit parce que je suis hors de la vue ?

Je t’attends, le temps d’un intervalle, quelque part à proximité, juste au tournant du chemin.

Tout est bien.

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