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Octobre 2021


« L’espérance ne serait-elle que de l’utopie qui batifole », comme l’écrit mon ami Pierre Léger ? Vous avez deux heures.

Un petit mot d’humeur pour commencer: je suis comme tout le monde horrifiée par les photos des ordures qui stagnent à Marseille et sont peu à peu emportées par la mer, après avoir nourri d’énormes rats. Je ne peux cependant m’empêcher de penser que ce sont toujours les poubelles des autres qui nous incommodent, pas le sac que nous rajoutons personnellement sur la pile. Pourtant, ce pourrait être l’occasion pour les Marseillais d’essayer le zéro déchet. .. Bon, je sors.

Si vous n’avez pas encore acheté l’album CD « Brassens dans le texte » avec Yolande Moreau et François Morel, considérez comme une urgence d’aller chez votre disquaire. C’est beau, intelligent et drôle et on a bien besoin de ce rire irrévérencieux en ce moment.

Ma découverte de ce mois: Le Serpent Majuscule de Pierre Lemaître, un roman jubilatoire et qui vous donne du peps. Et voici pour vous donner envie:

« Le commandant n’est pas tranquille, la tranquillité, dans ce métier, c’est un ticket pour le cimetière. »

ou encore:

« Elle recharge son arme, elle ne veut pas arriver chez Henri les mains vides, ça ne se fait pas. »

Et puis je donne rendez-vous à mes lecteurs au dimanche 21 novembre à LUX 71 et aux Journées des Ecritures de Cluny ( en Bourgogne) du 3 au 5 décembre prochain. Je présenterai mon dernier roman « Alice des Deux Côtés du Miroir« , suite de « Les Fantômes du Futur » et quelques nouvelles co-écrites.

Prologue:

« Il est une planète plus belle que les étoiles, plus bleue qu’un diamant, plus douce qu’une orange. Elle danse sur la musique de l’univers, valsant inlassablement avec elle-même. Elle est l’Eden de la Bible, le rêve d’un dieu, elle est la Terre.

Il te suffit de poser les doigts sur une mappemonde, laisse-toi guider par le hasard. Suis le cours immuable de la rivière, sens les effluves qui montent de la vase, l’odeur de la vie qui pourrit et se renouvelle dans un éclaboussement de cellules. Si jamais tu aperçois un long coquillage aux sculptures nacrées à demi-enfoui dans le sable, ne le saisis pas, il est réservé pour l’Enfant. »

Et deux nouvelles recettes:

Mon tout dernier article sur la décroissance.

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Et si on se promenait un peu


Voici quelques idées de sorties et de week-ends :

Escapade à l’Est

escapade en Alsace

DIVERS

visite de l’ancien hôpital de Chalon sur Saône

La forêt jardin

Le Cap d’Agde

… et bien sûr une halte à l’Ancre Vive si vous êtes près de Belleville sur Saône est vivement conseillée pour vous gâter et passer de bons moments en amoureux ou en famille. https://lancre-vive.business.site/

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Le Pass sanitaire


Il est un sujet dont il est difficile de discuter sereinement en France en ce moment : le pass sanitaire. La question qu’on peut se poser est la raison de ce manque de respect des opinions d’autrui, qui plus est face à une situation complexe. Il y a à mon avis plusieurs raisons à cela.

La première est la peur, du côté des « pour » comme de celui des « anti » : peur d’une maladie dont on n’a pas encore évalué tous les effets à long terme d’un côté et peur d’une limitation de nos libertés de l’autre. Ces deux craintes, qui parfois tournent à la terreur, sont pourtant sincères et justifiées. Pourquoi alors tant d’agressivité ?

La peur est mauvaise conseillère, elle nous fait voir les choses sans le moindre recul, sans la moindre nuance. Cette peur est manifestement entretenue tant par le gouvernement que par la plupart des médias. On peut penser que c’est pour une bonne cause mais certains y voient des arrière-pensées.

D’autre part, et bien que ce pass sanitaire soit présenté comme non obligatoire, les personnes vaccinées sont extrêmement valorisées et les autres pointées du doigt comme de « mauvais citoyens ». Ceci est d’autant plus troublant qu’au passage on oublie de rappeler que ce vaccin hors normes n’empêche ni d’attraper la maladie ni de la transmettre. Il ne protège donc des formes graves que la personne vaccinée, même s’il semble que le taux de transmission est un peu plus faible alors. Pourtant, plus encore que le masque, la distanciation est suffisante pour éviter la transmission.

Pour ajouter au désordre ambiant, de faux chiffres sont annoncés aux heures de grande écoute, retransmis puis démentis dans un entrefilet ou au détour d’un article de presse. C’est le cas par exemple des fameux 96 % de personnes contaminées dans un département des Pyrénées qui n’étaient pas vaccinées. Simple erreur induite par la volonté de bien faire et de mieux convaincre, sans doute mais selon la manière de les choisir et de les présenter, on fait dire aux chiffres ce que l’on veut, c’est bien connu. Enfin, juges et parties, les laboratoires pharmaceutiques engrangent les dividendes.

Il est difficile également de savoir exactement ce qui est permis ou non selon les lieux et les jours, les annonces se succédant rapidement. Ajoutons à cela un manque de logique : on peut aller dans une église ou un centre commercial mais les salles vides d’un musée de Province attendront. Sur les marchés de plein air, les savons ne sont pas considérés comme essentiels, à l’inverse des confiseries.

Sur ce terrain mouvant, les opinions sont tranchées et sans nuances. On pourrait pourtant se mettre d’accord sur quelques faits : les verrous qui ont sauté, par exemple. Chacun pourrait ensuite penser librement que c’est le prix à payer ou que c’est inacceptable.

Il n’y a pas si longtemps, en France, le médecin traitant discutait avec son patient de l’intérêt pour lui d’un acte thérapeutique, ce dernier prenant ensuite sa décision. Le secret médical était de mise. On ne pouvait licencier un employé pour raison de santé. Les citoyens avaient les mêmes droits, il n’y avait pas deux catégories, l’une étant avantagée et valorisée.

Il s’agit bien sûr d’une situation inédite, nécessitant une réponse urgente qui s’appliquerait sur un temps limité. Sauf que le Pass sanitaire n’est pas limité dans le temps et pourra désormais être réactivé même lorsque cette pandémie aura disparu, peut-être remplacée quelques temps après par une autre dont on ne sait rien encore et à laquelle ce vaccin aura créé un boulevard. Des années après, on saura si vous avez fait partie des dociles ou des rebelles, même si vous n’avez pas manifesté dans la rue.

Dans ce brouillard, peut-on encore demander à nos bouillants compatriotes de laisser à leurs interlocuteurs la liberté de penser ou simplement de s’interroger ?

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Et voilà !!!


Alice des deux côtés du miroir – Annick Bourbon-Rochette (librinova.com)

Voici déjà la version numérique ( 4,99€), beaucoup moins onéreuse que la version papier, que vous pouvez commander en librairies ou par internet (15,90€).

Cette suite des Fantômes du Futur peut se lire indépendamment. Les premiers retours sont enthousiastes.

A partager sans modération.

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Printemps 2021


Le foisonnement du printemps

Bienvenue à mes nouveaux abonnés, c’est chaque fois un plaisir pour moi.

Pour commencer, une lecture bienfaisante, d’une auteure que j’admire énormément: « Un Fils à Maman » de Véronique Mougin. Comment parler de la difficulté à laisser partir ses enfants en faisant rire aux éclats le lecteur ? Après « Où passe l’Aiguille« , qui m’avait captivée, je vous recommande ce deuxième roman pour son humour décapant. Même la dédicace est d’une finesse incroyable.

Pour continuer, deux extraits d’Alice des Deux Côtés du Miroir, disponible prochainement. Avec une question: amour et sagesse font-ils bon ménage ?

Serrant sa fille dans ses bras, Iris ne prononcera pas les mots qui lui viennent aux lèvres, c’est encore trop tôt. Dans quelque temps, elle pourra lui expliquer que l’Autre n’a pas vocation à colmater un manque ou remplir un vide, il se pose de surcroît sur une base solide et équilibrée, avec une légèreté qui ne le rendra jamais importun. « Enfin, dans l’idéal bien sûr », complète-t-elle en pensée.

Et un deuxième:

Alors l’ange déchu parle, longtemps. Il commence en évoquant le cinquième temps[1] de la mazurka, cette vieille danse si romantique avec un court et fragile instant où le couple enlacé reste suspendu. Il arrive toujours un moment où la pause est bienvenue, où un silence crée l’harmonie et ce sera tout l’objet de cette dernière journée.


[1] Il y a différentes sortes de mazurkas, le temps de suspension n’est pas toujours le cinquième.

Et avant de terminer, quelques mots sur ce nouvel hymne du peuple: HK – Danser encore (Officiel) – YouTube

de HK Kaddour et les Saltimbanks.

La musique est simple et entraînante, le refrain souvent répété, les rimes suivies: tout est en place pour une mémorisation rapide. Cette chanson a aussi le mérite de se décliner en plusieurs versions en remplaçant « danser » par « chanter » ou « soigner ».

Ce texte sort comme un cri et met en mots tout ce que nous ressentons en cette période troublée. Ce n’est pas tant du virus, omniprésent sur les media, dont il est question, mais plutôt de la gestion de cette crise sanitaire. Le manque de logique de mesures changeantes, annoncées comme provisoires mais qui finalement durent et ne démontrent pas leur efficacité, est particulièrement déstabilisant psychologiquement. Rarement à ce point a-t-on eu l’impression d’ être sous la coupe de « crânes d’oeufs », ces technocrates qui semblent incapables de se mettre cinq petites minutes à la place des « gens », ces personnes ordinaires qui vivent dans un petit espace, ont des enfants en bas âge, et doivent impérativement travailler pour payer leur loyer.

Dans cette chanson, les termes choisis pour les rimes portent tout le sens.

« Danser encore », c’est ne pas perdre le sens de la fête, c’est ne pas résumer la vie humaine à des heures de travail.

« Nos corps » : le possessif souligne la violence d’un monde où la liberté physique n’existe plus. On a évoqué l’obligation d’une vaccination, les assignations à domicile ou presque…

La grille d’accords reprend l’image de la partition des musiciens, qui sont en harmonie. Isolés, nous ne pouvons plus nous accorder.

Un clin d’oeil aux « Oiseaux de passage » de Jean Richepin, paru en 1876, nous relie aux anarchistes d’antan. Le refus de l’ordre établi transparaît dans les négations et les termes associés: « jamais », « ni », « ne … pas », « briser ».

Le « silence » est vu comme un bâillon mortifère. Il semble qu’aucune voix n’ose s’élever et critiquer les ordres venus d’en haut. Le pouvoir n’apparaît plus comme démocratique: « le roi a parlé ». Mortifère encore est le terme « sentence ». On se sent jugé et condamné sans avoir droit à un avocat. Effectivement, on se demande où sont les contre-pouvoirs. Face à ce consensus obligatoire, les voix qui s’élèvent semblent dénoter. Elles ne sont pourtant pas insultantes ou violentes, juste irrévérencieuses face aux courtisans et à une étiquette qui nous renvoie aux temps du Roi soleil. Et tout à coup, l’élégance change de camp. Elle n’est plus parmi cette caste supérieure qui regarde de haut les gueux et les « gens qui ne sont rien ». C’est l’élégance de ceux qui pensent, qui aiment, qui vivent.

L’absurdité de la vie qui nous est proposée est dénoncée dans le couplet suivant, renforcée par le mot « ordonnance » qui renvoie au pouvoir des médecins, avec encore une coloration de l’ancien régime et des ordonnances royales. Même l’heure du coucher semble être imposée avec le couvre-feu, comme si nous étions devenus des enfants ou des esclaves et le programme tourne sur lui-même avec ces mots qui riment: auto, boulot, métro… On attend dodo et, surprise, c’est Conso. En effet, privés d’à près tout, nous sommes toujours des consommateurs, surtout des GAFA et des grandes surfaces. On atteint le summum avec ces auto-attestations mais on les signe pourtant. Ceux qui ne rentrent pas dans le rang, ceux qui dansent ou qui pensent, sont considérés comme des ennemis publics. Comme dans un Moyen-âge obscurantiste, ils sont mis au ban de la société par une exclamation par essence dénuée de réflexion: « Malheur à… »

On retiendra « autoritaire » et « sécuritaire » mais aussi, plus finement, cette doucereuse « insistance » qui rompt le lien de « confiance » qu’un peuple doit avoir envers ses chefs. Le confinement, nous l’avons bien compris, n’est pas tant physique que mental: on confine jusqu’à nos consciences, nous enlevant le statut d’êtres pensants et adultes.

Les deux derniers couplets proposent de résister, avec justement ce qui nous rend humain. Résister, c’est d’abord refuser de se laisser impressionner. Garder notre libre-arbitre, c’est être encore capables de voir ce qu’il y a de déraisonnable dans ce qui nous est imposé. Avec « Vendeurs », l’économie s’introduit dans le jeu avec l’abondance de sentiments malsains et nocifs comme la peur, l’angoisse. On atteint des extrêmes avec « indécence ». Là encore, la bienséance et les codes du vivre ensemble ont changé de camps.

Comme le feraient les conseils d’un médecin des âmes, l’expression de l’artiste se met à l’impératif et fait appel à notre intelligence avec « sachons » mais il s’agit bien de santé. Une santé individuelle mais aussi globale, « sociale » et même « environnementale ». Le confinement a en effet fortement aggravé les dégâts à la nature et à la démocratie. Là encore, la santé change de camp face à la « démence ». Gardons ce qui nous fait humain, semble dire le poète, l’intelligence et le sourire. Le sourire est considéré comme le propre de l’homme mais c’est aussi le symbole de relations sociales apaisées, la marque de sentiments bienveillants, un signe de paix envers les autres, une façon de dire qu’on va bien, et tant d’autres choses essentielles.

Ames sensibles, n’allez pas plus loin, ma plume parfois libère ses angoisses. Pourtant je pense sincèrement que le positif sera à la hauteur du négatif, en particulier la solidarité, la bienveillance et l’avancée vers une société meilleure viendront à bout de cette période d’incertitude.

C’est venu tout doucement, sans qu’on s’en rende vraiment compte. Une canicule, puis deux et trois, des incendies, des épidémies… Bien sûr, cela avait toujours existé, juste un peu moins violent, juste un peu moins fréquent. « La folie », disait Einstein, « c’est de faire toujours la même chose et d’attendre une réponse différente ».  Mais plus que jamais l’Economie guidait le Peuple, alors on ne voulut rien changer, et surtout pas le type de société. Mais quand même, des voix encore s’élevaient et, bien que discordantes, éparses, inaudibles parfois, elles semblaient de plus en plus nombreuses. Alors, le pouvoir politique, un peu partout, s’est fait plus autoritaire, en s’appuyant sur les peurs, et les gens ont accepté parce que c’était provisoire et aussi parce qu’on n’y pouvait rien, sans doute. Avant même de quitter les corps, la liberté avait quitté les esprits. Puis on a encouragé la délation et désigné à la vindicte populaire ceux qui tentaient de résister, de ne pas faire comme tout le monde. Il y eut des sanctions, des procès, des arrestations, mais une information faisant oublier les précédentes, on a arrêté de tenir le compte de ceux qui avaient disparu et de tout ce qui avait changé. Une année, il n’y a pas eu de printemps. Les fleurs ne sont pas revenues au sortir de l’hiver. Cela irait mieux plus tard, il fallait de la patience, voilà tout, disait-on. Mais à force d’attendre, les souvenirs de ce qui avait vraiment existé sont devenus vagues, confus, et surtout ressassés par les plus âgés. Il fallait rester positif, cette phrase agissait comme un mantra et d’ailleurs, si un oiseau avait disparu, et cela restait à prouver, d’autres étaient encore là. Moins de rossignols, plus de corbeaux.

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Février 2021


Nous ne parlerons pas de Covid, de couvre-feu et autre joyeusetés. Ce mois-ci, nous choisirons de regarder avec attendrissement les premières pousses des massifs et des prés. Nous ne trouverons pas que l’herbe est sale ou que si on ne la coupe pas à ras, ce serait « mal entretenu » et nous aimerons le chant des coqs et des grenouilles. Au programme ce mois-ci, nous avons :

« Retour vers la Nature »

Avec une nouvelle page intitulée Effondrements et Résilience, à laquelle seront rattachés de nombreux articles sur le sujet.

Et puis, nous nous régalerons d’une recette de soupe très économique que j’ai appelée « Soupe qui ne ressemble à rien », c’est dire si vous avez une grande marge de manoeuvre pour améliorer la présentation…

Que nous faut-il ?

De l’eau bouillante dans laquelle on place un cube de bouillon, des lamelles de carotte, retirées dans la longueur avec un épluche-légumes, des pâtes alphabet et surtout du tapioca. On laisse mijoter quelques minutes avant d’assaisonner selon le goût de chacun: poivre, baies roses, curcuma… mais sans ajout de sel, c’est inutile.

Lorsque les grains sont bien translucides et gonflés, on déguste avec un peu de crème et de fromage râpé.

Et si vous voulez vraiment vous préparer aux mauvaises nouvelles, il vous reste la lecture de mon roman Les Fantômes du Futur », à commander dans toutes les bonnes librairies ou à trouver en bibliothèque. Un groupe de villageois sera sauvé par la solidarité et par la diversité de leurs compétences. Mon conseil est donc de créer un maximum de liens avec les gens qui vous entourent, saluez-vous, prenez des nouvelles, échangez des recettes ou des livres, rendez des services, etc. Bref, retrouvons ce qui fait notre humanité et la vie sera belle !

Mon roman Les Fantômes du Futur » fait parler de lui.
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Janvier 2021


Les bambous, qui se préparent lentement sous terre avant de pousser très rapidement.

A l’occasion de cette nouvelle année, je vous souhaite de trouver ces mille petits instants de bonheur qui nous sont offerts chaque jour. Ils étaient là déjà en 2020, comme les années précédentes mais il faut parfois un peu les chercher, ils sont discrets. On reconnait trop souvent le bonheur au bruit qu’il fait en partant (merci Jacques Prévert).

Enfin cette année sera aussi ce que vous en ferez : faire un voeu, c’est un bon début, dans « voeu » il y a « volonté » mais ensuite il faut mettre l’énergie suffisante pour qu’il se réalise. Prenez donc vraiment soin de vous au niveau physique comme sur le plan moral et sur celui de votre habitat: la planète Terre. Ca commence aujourd’hui.

Certains me suivent depuis des années, je leur adresse un salut particulier et je souhaite aussi la bienvenue aux « petits nouveaux ».

Je recommande le livre de mon ami Pierre Léger : Morvandelle Randonnée, qui vient de paraître. Il contient entre autre un joli texte sur Noël.

On m’a offert A Promised Land, le dernier livre de Barak Obama, j’en parlerai bientôt.

L’article du mois, c’est Janus, le dieu des portes.

Une bonne nouvelle pour terminer: La ville de Barcelone a réfléchi à un espace mieux partagé avec les piétons, les femmes, les enfants, les personnes âgées… La mise en place de bancs, d’espaces de jeux, de zones piétonnes a fait revenir la vie: les gens se parlent, créent des liens, ont plaisir à flâner, se sentent plus en sécurité parce qu’il y a du monde et moins de ruelles désertes – Tout cela hors covid bien entendu mais au printemps, cette épidémie aura pratiquement disparu.

En attendant la prochaine, malheureusement, car tant que les gens mangeront des biscuits et des pâtes chocolatées à l’huile de palme et de la viande nourrie au soja d’outre Atlantique, on réduira les forêts et on rapprochera des habitations une faune sauvage qui est un réservoir à virus. Mais ça, vous le saviez déjà.

Peut-être une occasion de lire ou relire Les Fantômes du Futur(d’Annick Bourbon Rochette) , qui a connu un regain des ventes et d’intérêt de la part des médias récemment, avec la pandémie et le confinement.

Bref, je nous souhaite à tous d’apprendre à danser sous la pluie et à aimer, vivre et se rencontrer malgré les virus.

Les Fantômes du Futur – Roman d’anticipation
Ce qui me fait particulièrement plaisir, ce n’est pas tant le succès que le fait que certains de mes lecteurs me disent que cette lecture a fait évoluer leurs pensées et parfois prendre certains engagements, comme celui de réduire le gaspillage.
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Décembre 2020


La Maison du Chat Troubadour en hiver

Tout d’abord, je souhaite la bienvenue à mes nouveaux abonnés: vous êtes 444 désormais à avoir plaisir à lire quelques pages de ce blog, qui a dépassé le million de vues.

Nous vivons certes des temps difficiles, nous approchons de Noël qui nous fait parfois un peu retomber en enfance, toutefois, ne devenons pas des enfants capricieux et sachons raison garder. C’est même une question de décence:

  • Non, nous ne sommes pas en guerre : la guerre, c’est bien pire que ça.
  • Nous avons un toit, de quoi nous nourrir. S’il vous plait, ne pleurnichons pas parce que nous n’aurons pas de remontées mécaniques pour le ski de piste.
  • Enfin, lorsqu’on ne peut rien contre les conditions extérieures, on peut toujours agir sur la manière dont on les ressent, dont on les accepte.
  • Il en va autrement de nos libertés fondamentales. La résistance passive peut être une option, qui demande courage et réflexion, et qui en aucun cas ne fait fi de la santé d’autrui.
  • Enfin, l’arbre ne doit pas cacher la forêt: il nous sera donné de vivre des temps autrement difficiles et nous pouvons d’ores et déjà nous préparer, afin d’être en capacité de les surmonter au mieux. Comment ? En créant des liens, en retrouvant des valeurs désuètes comme la solidarité, en nous habituant peu à peu à plus de sobriété, en sachant distinguer l’essentiel de l’accessoire, en nous informant aussi et en agissant au niveau local, avec nos petites forces de colibri.
  • En parlant de solidarité, je salue ce joli mouvement qui consiste à prendre une boite à chaussures, à la décorer, à placer dedans un truc bon ( pain d’épice…), un truc chaud ( paire de chaussettes), un truc pour l’hygiène (savonnette), un truc pour la culture (livre) et ce qu’on veut en fait puis terminer par un petit mot sympa. Une association offre ensuite la boîte à un sans-abri.
  • Pour terminer, le lien avec les articles de saison:

le sapin – conte d’Andersen – le Blog d’Annbourgogne (wordpress.com)

L’orange de Noël – le Blog d’Annbourgogne (wordpress.com)

Un conte de Noël : le bœuf et l’âne de la crèche – le Blog d’Annbourgogne (wordpress.com)

Joyeux Noël – Barbara – le Blog d’Annbourgogne (wordpress.com)

Le Père Noël et la petite fille – Brassens – le Blog d’Annbourgogne (wordpress.com)

La reine des neiges – Hans Christian Andersen – le Blog d’Annbourgogne (wordpress.com)

Je vous souhaite du fond du coeur un joyeux Noël et de pouvoir, d’une manière ou d’une autre, vous relier à ceux que vous aimez et partager quelque chose avec eux: une idée, une soirée, un souvenir, une chanson, quelques mots, un cadeau virtuel ou pourquoi pas commercial… Enfin tout ce qui illuminera un instant de nos vies.

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Novembre 2020


Arbre à Bibracte

Bienvenue à mes nouveaux abonnés,

J’ai choisi cette photo en hommage à Samuel Paty, et à travers lui à tous ceux qui font leur travail avec droiture et courage, sans rien renier de leurs valeurs. La forme de cet arbre me fait penser à la liberté d’expression, qui plonge ses racines dans le respect de l’autre et s’élève grâce à l’ouverture d’esprit qui, rappelons-le, n’est pas une fracture du crâne. Et pourquoi pas choisir des voies moins communes et plus personnelles d’explorer l’espace ! Cet arbre l’a fait, comme un dessinateur qui n’écouterait pas les gens raisonnables, parce qu’ils sont mortifères à la fin. Vivre en s’amoindrissant, en refusant l’ouverture proposée par le rire, est-ce vraiment vivre ?

Je voudrais remercier aujourd’hui les artistes et ceux qui les aident à s’exprimer et à nous rejoindre, malgré tout. Il faut bien trouver des chemins. J’ai assisté en direct, via mon écran d’ordinateur bien sûr, à une représentation de danse inspirée de théâtre Nô intitulée Le Tambour de Soie, avec Kaori Ito et Yoshi Oida. Dans ce pas de deux entre un très vieil homme et une jeune femme, entre un être et la Vie, tous les sentiments s’entremêlent. La vie est belle mais elle danse désormais derrière lui et se moque de cet homme qui la désire encore alors que ses forces l’abandonnent. Elle le blesse cruellement mais parfois aussi le soutient puis lui échappe et refuse d’honorer ses promesses. Mais quand la fin de la chanson ne nous satisfait pas, on peut la changer et à la souffrance opposer la danse et la vie.

Dans le temps parfois étiré du confinement, je vous engage à lire Les Terrestres, une BD jubilatoire et profonde de Noël Mamère et Raphaelle Macaron.

J’écoute en ce moment des reprises d’anciennes chansons par Rosemary Stanley. Quelle est votre musique du moment ? Qu’est-ce qui vous emmène loin de votre kilomètre carré de confinement ?

Enfin, voici un petit extrait de la suite des Fantômes du Futur, juste pour vous.

Reprenant le sentier familier qui mène à l’Arche, où elle suit chaque lundi un cours de physique quantique, elle trouve que ce matin de mars chante la vie comme seul le début du printemps sait le faire. Un jour comme celui-ci, au XVème siècle, un homme, un prince, a écrit :

« Le temps a laissé son manteau

De vent, de froidure et de pluie,

Et s’est vêtu de broderies… »

abolissant par ce petit message les centaines d’années qui le séparent d’elle. Elle envoie en pensée un signe amical à Charles d’Orléans, en songeant que le temps n’est qu’une illusion quand deux êtres partagent la même émotion.

Quand flamboient les vignobles de Bourgogne sous le soleil d’octobre, ce n’est pas mal non plus …

Charles d’Orléans

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Deux Poèmes

Dansant comme des masques jetés à la face de la Prudence


Un peu d’émotion, des mots…

je vous offre ces deux textes d’Annick Bourbon Rochette

IVRESSE

Impatients et tremblants

Nous progressons du bout des doigts sur les sentiers interdits

Des rêves de chemins de traverse

A demi enfouis sous les ruines du Temps

Vivants pourtant

Ivres soudain d’arc-en-ciel

Dansant

Comme des masques jetés à la face de la Prudence

Mais à genoux devant la grâce musicale des étoiles,

Et, juste le temps d’un intervalle,

Comme un soupir posé sur la ligne de nos vies,

Liés

Par le fil d’un regard

Silence

Au début le silence.

Le Temps n’existe pas.

Pense, pense.

La Parole fut,

Futile,

Fut-elle

Divine ?

Là commence l’Histoire,

Noire, noire.

Au milieu le soupir

Silence, silence…

Vacarme et pause,

Pause et musique

Dansent, dansent

Blanches et noires

A la fin le Silence

Dense, dense.

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Eté 2020


Bienvenue à mes nouveaux abonnés, qui ont bien du mérite

avec une auteure aussi peu assidue que moi en ce moment.

Partages

  • le roman de Delia Owens « Là où chantent les écrevisses » m’a littéralement enchantée.
  • J’ai beaucoup aimé aussi « La Brodeuse de Winchester » de Tracy Chevalier. Question d’âge peut-être, amour de l’Angleterre de mon enfance aussi, je me suis sentie complètement dans l’histoire, dans ce qu’elle montre de vie quotidienne mais aussi d’épreuves à surmonter individuellement pour trouver sa voie, seul(e). J’ai dévoré ce roman.
  • Plus dérangeant sans doute : « Les Furtifs » d’Alain Damasio. Moi, la férue de littérature, je suis restée bouche bée devant une façon d’écrire révolutionnaire. Je suis très admirative non seulement de la virtuosité poétique mais aussi du sens profond attaché presque à chaque lettre. Ce n’est certes pas une lecture facile.

Une réflexion

  • Si l’on compare l’histoire des trois petits cochons et la fable de La Cigale et la Fourmi ( l’idée n’est pas de moi mais j’ai oublié son auteur), on s’aperçoit que les jeunes cochons échappent au loup grâce à la solidarité avec leur frère, alors que la pauvre cigale, n’ayant aucun lien d’amitié ou d’entraide avec la fourmi, pourtant sa voisine, meurt de faim et de froid. La morale pourrait être: créez des liens avec vos voisins et resserrez ceux avec votre famille, en prévision d’un avenir incertain.

Mes objectifs personnels pour moins consommer

Dès que j’ai pris une nouvelle habitude, que cela ne me demande plus d’effort, je passe à la suivante. Il faut parfois plusieurs semaines pour que cela devienne courant et que cela ne représente plus une contrainte. Pas de pression, je me laisse le temps.

  • Ne plus prendre l’avion
  • limiter les trajets loisirs en nombre et en distance
  • Manger moins de viande
  • Prendre plus souvent le vélo
  • avoir ma gourde sur moi en permanence
  • ne plus emballer les cadeaux ou en sacs réutilisables ou réutilisés
  • utiliser des sacs en tissu pour les courses
  • en été, récupérer dans une cuvette l’eau de l’évier qui peut servir à arroser
  • récupérer dans un broc placé à proximité de la douche l’eau perdue avant qu’elle ait atteint la température convenable.
  • acheter local et si possible direct producteur
  • manger fruits et légumes de saison
  • plus d’huile de palme
  • ne boire que du vin bio
  • ne (presque) plus acheter de vêtements
  • ne consommer que du chocolat bio, éthique et responsable
  • Eteindre portables et ordinateurs la nuit ( j’en suis là)
  • Ensuite: moins d’internet en journée (aïe, je suis accro) et surtout moins de vidéo. Préférer les textes.

Quelques suggestions « écologiques » pour mes lecteurs habitant la campagne

  • Vous pouvez taillez vos haies, dès le premier août et jusqu’en février.
  • Prévoyez de couper ou relever le bas de votre clôture pour favoriser le passage des hérissons, qui meurent facilement pris dans les mailles des grillages.
  • C’est le moment d’acheter un vélo électrique et de profiter des aides : utilisez le à la place de la voiture pour tous vos trajets courts.
  • Plantez des arbres, fruitiers de préférence.
  • Mettez en place des réservoirs d’eau de pluie.
  • placer moins de fleurs décoratives, qui demandent beaucoup d’eau.
  • Si vous le pouvez, placez des moustiquaires à vos fenêtres, vous aérerez en toute tranquillité pour profiter de la fraîcheur de la nuit, sans clim.
  • Evitez de placer une piscine chez vous, trop consommatrice d’eau.
  • La règle du MOINS: A chaque fois que j’utilise quelque chose, j’essaye d’en prendre moins : moins de dentifrice, de shampoing, de viande, de lessive, etc.
  • La règle des Trois Tiers: je ne prélève dans la nature que ce qui est en abondance, j’en laisse un tiers pour les animaux, un tiers pour le renouvellement naturel. Le tiers restant est pour les humains, je choisis le plus facile à prendre mais à plus de 30 cm du sol ( cause risque d’infection par la « douve du foie ») et j’en laisse encore pour les copains…
  • et pour finir, une recette de lessive au lierre dont je suis très contente : 100 gr de feuilles de lierre fraîches, lavées puis découpées et froissées que vous recouvrez dans une casserole d’1litre d’eau bouillante. Faites cuire 15 mn puis laissez reposer avec couvercle 36 à 48 heures. Filtrez. C’est une lessive très concentrée pour le linge, une petite dose suffit. Elle ne se conserve que deux semaines. A partager entre voisins, donc.
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Pandémie


J’ai la conviction qu’un obstacle sur un chemin plat peut être l’occasion de « lever le pied », de ralentir et changer de rythme, et aussi de s’élever, en reconnaissant ses vraies priorités, en apprivoisant de nouvelles valeurs comme l’amour, le partage, la solidarité ou même la fraternité, ce mot désuet. Cet arrêt momentané et collectif nous rapproche de notre voisin alors même, paradoxalement, que nous devons conserver une distance de sécurité, pour notre santé commune.

Je suis attristée que mon roman Les fantômes du Futur ( éditions Baudelaire – Annick Bourbon Rochette – 21,50) soit à ce point et aussi précisément prémonitoire mais heureusement, il porte un message très positif.

Quelques lectures d’actualité à conseiller :

Et comme on dit maintenant: « bon confinement ! » et surtout prenez soin de vous.

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2020


Entre promotion du roman Les Fantômes du Futur et écriture de la suite, je néglige trop souvent ce blog. Je souhaite cependant très sincèrement la bienvenue aux nouveaux abonnés.

Je vous encourage, pour ceux qui ont déjà lu Les Fantômes du Futur, à suivre la page https://annbourgogne.wordpress.com/2019/06/11/les-fantomes-du-futur/. Vous y trouverez quelques réponses aux questions que vous vous posez peut-être et des indications sur les rencontres avec les lecteurs.

J’ai proposé une nouvelle intitulée Champ Seigneur au concours « Du sang dans les Livres » de la Bibliothèque municipale de Chalon sur Saône. Le moment venu, en mars, vous pourrez voter par internet pour votre nouvelle préférée. Lorsque le concours sera terminé, je la publierai sur ce blog. Je me suis beaucoup amusée à l’écrire.

Lectures conseillées:

  • Le poète, philosophe et académicien François Cheng. Je suis plongée dans la lecture de ses quatrains qui touchent au plus profond de l’âme.
  • La Forêt Jardin, de Fabrice Desjours. Cette bible de la culture « autrement », très joliment illustrée, est aussi un hymne à la beauté du vivant, à sa manière.
  • Les romans de Valérie Perrin.

Autre information:

Rappel : retrouvez le mouvement des Coquelicots ( pour l’arrêt des pesticides) chaque premier vendredi du mois, souvent autour de 18h, devant votre mairie. Une demi-heure pour échanger des informations, s’organiser et montrer aux municipalités que nous restons vigilants et soucieux de la santé publique.

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Décembre 2019- janvier 2020


D’une année à l’autre …

Je veux tout d’abord souhaiter la bienvenue aux nouveaux abonnés. Cela me touche toujours de savoir que des lecteurs apprécient mes divagations littéraires. N’hésitez pas à commenter ou à cocher « j’aime »…

A lire ou à relire, quelques articles de saison:

Joyeux Noël

Janus

Le Sapin

Le Père Noël et la petite fille

L’orange de Noël

Saint Nicolas

La Fille du Père Noël

Un conte de Noël

La Fille du Père Noël - dessin d'Elsa Miravallez
La Fille du Père Noël – dessin d’Elsa Miravallez
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Un rêve étrange


Le rêve commençait bien. Blottie sous la couette, je profitais de deux jours de vacances offerts par mon cerveau dans un petit hôtel au charme suranné mais tout pimpant et bien confortable. Visites dans la ville, promenades sur les chemins de moyenne montagne, rythme tranquille : le temps passait si agréablement que je rentrais en cette fin d’après-midi avec la ferme intention de prolonger mon séjour.

Un peu fatiguée tout de même, je monte à ma chambre. Surprise ! La porte s’ouvre sur un décor différent, le lit défait, d’autres motifs sur les draps. Je comprends vite que je me suis trompée d’étage et je m’en excuse auprès de quelques femmes qui bavardent dans le couloir. Cela les fait rire, de manière un peu discourtoise. « Il n’y a qu’un étage ! « lance l’une d’elle. Je suis perplexe : je suis certaine que ce n’était pas une autre porte, pas celle au bout du couloir, ni celle en face du lavabo crasseux. L’endroit, si coquet hier encore, apparaît à présent sale et défraîchi. C’est comme si le lieu avait vieilli, pris cinquante ans tout d’un coup. Je vois bien que les autres locataires pensent que j’ai des problèmes de mémoire, la maladie d’Alzheimer vraisemblablement.

Il y a bien un escalier, menant à l’étage supérieur mais il semble depuis longtemps condamné par des poutres effondrées. Je sens monter la panique et je décide de me rendre à l’accueil pour tout éclaircir. Traînant ma grosse valise, je redescends mais il y a foule dans la petite entrée donc de l’attente. Les gens sont énervés, la personne à l’accueil répète que tout est complet. Mince, comment vais-je pouvoir garder ma chambre plus longtemps ? Je m’en veux de ne pas avoir prévu de le signaler plus tôt, hier ou ce matin en partant, mais peut-être était-ce déjà trop tard…

Je me place dans un renfoncement, à côté du comptoir, afin d’attendre sans gêner le passage et là, je m’aperçois que j’ai oublié mon sac à main dans le studio de vacances de ma mère. L’appartement est inoccupé pour le moment, cela va être difficile de récupérer rapidement mes affaires mais je vais téléphoner à maman et elle m’aidera à trouver une solution. Ah! sauf que je n’ai pas mon téléphone portable, resté dans le sac, sorte de petit sac à dos en imitation cuir, joliment fleuri. Pas de chéquier, de carte bancaire, de pièce d’identité non plus. En fait, je me rends compte que « ma vie » est dans ce sac : mon identité, mon « pouvoir » d’achat, ma liberté de faire ce que je veux. Je ne peux même plus me déplacer : comment prendre un train pour rentrer chez moi, sans argent pour payer le billet ? Je n’ai plus non plus ma place ici, le délai qui m’était accordé est dépassé. C’est comme si le Monde des vivants était complet, sans moi. Je me souviens d’ailleurs que ma mère est décédée, il y a plusieurs années. Je me sens comme une migrante, qui n’est plus d’aucun lieu.

Voyant mon désarroi, deux personnes souriantes s’approchent. « Ca va? » s’enquiert l’une d’elle. Je tiens absolument à me montrer positive et je pressens aussi que la solution qu’elles vont me proposer ne va pas me plaire du tout. Alors je réponds : « Oh, ça allait très bien jusqu’à ce matin, j’ai passé deux jours vraiment formidables ici. Là, tout de suite, ça va un peu moins bien parce que je n’ai plus mon sac. » Elles me font penser à deux anges, mais des anges d’âge mûr, sans ailes, avec l’air de bonnes vivantes aux joues roses et rebondies. Je n’ai vraiment pas envie de les suivre mais je pressens que c’est ce que je vais être obligée de faire. Doucement mais fermement, elles se placent chacune d’un côté de moi et m’emmènent…oh, sûrement pas très loin, juste à côté. Mais dans l’inconnu.

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Les Fantômes du Futur

Les Fantômes du Futur Roman d’anticipation


Vous pouvez trouver mon roman dans toutes les bonnes librairies à Chalon sur Saône, Mâcon (le Cadran lunaire et Auchan) , Villefranche, Louhans, Cluny et à la Fnac, chez Decitre et Cultura. Egalement en version numérique et bientôt en version audio.

Les retours de lecteurs sont très encourageants, en fait, jusqu’ici, beaucoup le trouvent passionnant. Si tel est votre cas, n’hésitez pas à m’aider à le faire connaître en le conseillant autour de vous ou en donnant votre avis sur Facebook, Babélio, Amazon, Décitre ou d’autres sites.

Il est recommandé par Les Coquelicots 71 et par la CAPEN 71 ( Confédération des Associations pour l »écologie et la nature).

Un lecteur m’a même confié qu’il n’aime pas les romans d’anticipation, est agacé par les discours écologistes, ne goûte pas la Mythologie et a pourtant été « happé » (c’est le terme qu’il emploie), dès les premières pages. Il semble que chacun trouve ce qui lui plait, qui varie d’un lecteur à l’autre, et c’est pourquoi je conseille de le lire une deuxième fois car il est fort possible que vous n’ayez pas le même regard la seconde fois.

Cependant, quelques personnes avouent avoir eu du mal sur les premières pages où sont mentionnés plusieurs personnages (trop à la fois ?). Il faut savoir que dans ce roman atypiques les personnages n’ont pas grand intérêt. Seul compte ce qu’ils apportent à la communauté. Il y a certes un tableau récapitulatif à la fin mais il est inutile d’essayer de retenir les noms ou de se poser trop de questions. Vous retiendrez naturellement ceux qui sont importants pour vous.

Vous pouvez aussi le faire commander à la bibliothèque de votre commune et le lire gratuitement. Certaines bibliothèques le proposent déjà ( Buxy, Givry, Saint-Marcel, Lux, Saint-Loup de Varennes, Varennes le Grand…)

Ce roman d’anticipation atypique vous séduira par son énergie, son optimisme résolu et la palette des émotions humaines qui colorent l’histoire.

Enfin, les retours de lecteurs sont très positifs mais « on ne sort pas indemne de cette lecture », disent certains, alors, tous les trois mois environ, une visite des lieux est offerte (sur inscription à l’adresse lesfantômesdufutur@gmail.com), suivie d’une rencontre pour en parler, se réconforter et voir les aspects positifs de cette mutation annoncée. C’est un moment très convivial si l’on en juge par les deux premières sessions. Prochaine date fixée début juin.

Les Fantômes du Futur – Roman d’anticipation

Réponses aux questions les plus fréquentes:

  • Pourquoi la présence de lettres hébraïques anciennes ?

On peut les ignorer et ne voir qu’une étrange décoration. Cependant, elles ont guidé mon imagination et forment pour moi l’architecture du texte. Une tentative d’explication se trouve en fin du livre.

Pour donner un exemple, la lettre Beth a gardé la forme du dessin originel, un abri ou une matrice. Elle est symbolique et correspond à l’achat de la maison pour commencer l’Arche.

  • A quoi servent les gaulois ?

Ils sont là pour s’étonner et nous renvoyer une image distanciée de nos actions. Nous marchons sur la tête mais peut-être faut-il être à l’extérieur pour s’en rendre compte.

  • Pourquoi cette scène doucement érotique mais incongrue ?

La rencontre de deux âmes passe parfois par la rencontre de deux corps. C’est la vie, cela fait même partie de la beauté de la vie, il n’y a alors aucune raison de la passer sous silence.

On pourra voir aussi des symboles cachés dans la position ou la couleur des corps: le yin et le yang, le Bien surmontant le Mal…

  • Pourquoi ne pas s’être arrêté à 2030 et la deuxième partie aurait fait l’objet d’un autre roman ?

Il est vrai que l’effondrement et la reconstruction sont très différents, au point qu’ils ne semblent pas être écrits par la même personne. La première partie est proche de la réalité et peut sembler parfois prémonitoire (l’écriture a été terminée fin novembre 2018). Les idées sont arrivées de nuit, dans un demi-sommeil, donnant parfois l’impression d’être dictées. Dans la deuxième partie, en revanche, j’ai eu l’impression d’être beaucoup plus libre et j’ai laissé vagabonder mon imagination. Ceci explique que certains lecteurs préfèrent de loin l’une ou l’autre partie.

  • Pourquoi angoisser les lecteurs ?

Mon roman n’est anxiogène que pour certains lecteurs, mais en fait, c’est notre situation , notre actualité qui est angoissante. Certains voient au contraire dans cette lecture un optimisme béat et d’autres un équilibre sur le fil entre la violence et l’amour.

Quelques réactions qui m’ont fait chaud au coeur:

  • Il y a un avant et un après la lecture de ce livre. On n’est plus le même, on apprécie beaucoup plus chaque instant de notre vie.
  • J’ai planté des arbres fruitiers autour de ma propriété de manière à ce que plus tard, les passants puissent cueillir quelques fruits.
  • J’avais toujours envie de connaître la suite, je ne pouvais pas m’empêcher de tourner les pages les unes après les autres, j’avais du mal à le lâcher, à faire une pause.
  • C’est un livre qui ne nous quitte pas, qui nous accompagne en pensée chaque jour.
  • Je vais le relire, je pense que je n’aurais plus le même regard, il m’a fait évoluer.
  • La Loire était presque à sec et j’ai encore pensé à ton livre…
  • Si un effondrement survient, je saurais mieux quoi faire, je me serai préparée, au moins psychologiquement et un peu matériellement, en changeant mes habitudes.
  • Votre roman m’a redonné l’envie de lire.
  • En fait, la lecture a été difficile psychologiquement car c’est plus qu’un roman, cela ressemble tellement à notre histoire.

Autres remarques suite aux rencontres des lecteurs:

  • Nous sommes parfois agacés de voir que d’autres ne font pas les mêmes efforts que nous pour préserver notre futur sur la planète terre. En fait, je crois que chacun est quelque part sur son chemin, occupons-nous déjà de nous-mêmes, nous avons beaucoup à faire et encore trop d’incohérences sur lesquelles travailler. Gardons-nous de juger.
  • Sans être en accord avec nous-mêmes, pas de bonheur possible.
  • Solidarité et appui sur la diversité seront deux conditions pour mieux vivre.
  • La prise de conscience et le changement se fait, hélas, dans des conditions dramatiques. L’humain n’est pas raisonnable.
  • Si l’on se reporte seulement un an ou deux en arrière, on s’aperçoit que les consciences et les habitudes ont déjà beaucoup évolué. Le réchauffement climatique, par exemple, fait la une des medias.
  • Le travail de deuil, nécessaire lorsqu’on comprend que des changements sont inéluctables, passe par plusieurs phases. Or, dans l’angoisse, on n’est pas performant pour évoluer et reconstruire. Lorsque, après la tristesse, après la recherche parfois compulsive d’informations, on passe à l’action, quelle qu’elle soit, on commence à prendre de la distance et à surmonter le défaitisme. On se sent mieux.
  • Beaucoup de gens se tournent vers d’autres valeurs, vivent en éco-lieux, en communauté. Des forces vives et jeunes nous donnent de l’espoir.
  • Rappel : retrouvez le mouvement des Coquelicots ( pour l’arrêt des pesticides) chaque premier vendredi du mois, souvent autour de 18h, devant votre mairie. Une demi-heure pour échanger des informations, s’organiser et montrer aux municipalités que nous restons vigilants et soucieux de la santé publique.

Questions posées lors des rencontres et auxquelles vous pouvez répondre en commentaire:

  • Quel est votre passage préféré ?
  • La lecture du roman a-t-elle modifié quelque chose pour vous ?
  • Quelles sont selon vous les raisons d’espérer ?

Dans le même esprit, lisez ce magnifique texte de Catherine Bernard: https://annbourgogne.wordpress.com/divers/texte-de-catherine-bernard/

Les Gens pleurent la nuit

Le piège à singe

La forêt jardin

Un rêve étrange

Je recommande aussi Et Toujours les Forêts de Sandrine Collette. Ceux qui aiment mon roman apprécieront le sien et inversement.

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2019


Une sorte de poème/pensées du moment :

Les Gens Pleurent La Nuit

Une petite ambiance de fin du monde avec un compte-rendu d’une conférence sur l’effondrement.

Conférence sur l’effondrement de notre société.

Un article d’actualité, hélas:

Magnifique texte de Catherine Bernard

Et des nouvelles de mon roman:

Les Fantômes du Futur

Autres articles spéciaux pour la Saint Valentin :

Pourquoi Saint Valentin est-il le patron des amoureux ?

Recette de petits sablés aphrodisiaques

Et souvenez-vous, on n’achète pas de roses pour la Saint Valentin, à moins de passer pour un « beauf » qui ignore que ce n’est pas la saison. Une plante en pot, un arbre à planter ou, encore mieux : du temps ! Du temps pour flâner ensemble ou pour découvrir un film lors du festival du film d’amour à Saint-Amour dans le Jura, du temps pour concocter un petit repas sympa ou pour enfin placer cette étagère qui attend depuis six mois … 

Petite info: mon roman Les Fantômes du Futur est disponible, soit en version numérique à 9,99 € ,soit en version « papier » à 21,50€ chez votre libraire ou tous les sites habituels.  Il reste la possibilité de le lire gratuitement en bibliothèque. https://annbourgogne.wordpress.com/2019/06/11/les-fantomes-du-futur/

J’ai lu:

A la demande de Librinova, Le Quatrième Testament de Clément Soenen et je ne sais trop qu’en penser.

C’est à l’évidence un écrit original et amusant pour ceux qui ne craignent pas la scatologie et le deuxième voire le quatrième degré. Il est presque obligatoire aujourd’hui de briser phrases et mots : écrire correctement est devenu synonyme de platitude et d’ennui. Le style de cet auteur ravira donc les « modernes ». Pour ma part, j’ai peiné à m’habituer au langage vulgaire, pourtant bien en phase avec le récit.

J’ai pourtant été touchée par moments par la cruauté de la vérité, par une certaine proximité avec des pensées qui nous traversent, aux heures vespérales. Ainsi, cette phrase évoquant l’amour entre un parent et son enfant:

« Si j’fais d’vieux os, ce lien si solide, si puissant, s’assèchera naturellement et tombera en poussière sans qu’aucun de nous deux s’en aperçoive »

Cependant, passée la curiosité touristique de se balader dans la tête d’un autre, le point de vue très masculin, voire « beauf », peut vite devenir lassant pour une lectrice. La pensée semble errer au gré du vent, suivant plus ou moins un historique fantaisiste. Il n’empêche, ce livre ne laisse pas indifférent et peut trouver son public.

 

 

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Automne 2018


tôt le matin en décembre (1)

Bienvenue à mes nouveaux abonnés !

Je ne suis guère assidue à ce blog en ce moment pour cause d’écriture. Mon premier roman est terminé et paraîtra sous le titre Les Fantômes du Futur. Je tente de choisir un éditeur tout en écrivant le deuxième, qui est une suite du premier.

articles d’automne:

La forêt jardin

Crest-Voland

Gâteau de foie aux quenelles

Conférence sur le bonheur

La Mort n’est rien

 

Anciens articles de saison:

L’orange de Noël

Joyeux Noël – Barbara

le sapin – conte d’Andersen

Un conte de Noël : le bœuf et l’âne de la crèche

 

Lecture conseillée:

Inferno de Dan Brown: Une érudition étonnante appliquée à l’actualité la plus brûlante.

Utilisant des images de l’Enfer de Dante peint par Botticelli, l’auteur de Da Vinci Code nous montre l’humanité s’étouffant dans ses propres excréments – ou ses déchets – exprimant par là combien l’enfer peut être sur terre. La mère Nature, toujours belle malgré son âge, est malmenée, droguée, emprisonnée sans aucun respect ni les soins sanitaires minimum. Elle est mourante.

Vous ne lirez peut-être pas la même chose que moi mais une toute autre histoire, ne vous inquiétez pas: le suspense est le même.

 

 

 

 

 

 

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ETE 2018


Suisse Mai 2018 (13)

La Suisse est à l’honneur avec cette photo, il m’arrive de quitter ma chère Bourgogne…

J’invite mes lecteurs géographiquement proches à réserver, s’ils le peuvent et le souhaitent, le temps de 14h à 15h chaque mardi d’octobre à mai. Ils pourront alors se rendre à l’Université Populaire de Chalon sur Saône et suivre des séances de discussions littéraires que j’ai l’honneur d’animer.

A chaque séance, un court texte est proposé à la sagacité du groupe pour une enquête « policière » : il s’agit de comprendre comment des traces d’encre sur une page parviennent à procurer une émotion. Il faudra alors chercher des preuves par une observation du texte digne de Sherlock Holmes avec sa loupe et « interroger » les témoins que sont les autres lecteurs présents.

La richesse est dans le groupe, avec des profils que j’espère aussi divers que possible. Les débutants sont les bienvenus. (Nombre limité à 15 personnes).

Lectures recommandées :

  • Mille petits Riens

de Jodi Picoult aux éditions Actes Sud. On est totalement pris par l’histoire de cette sage-femme accusée de meurtre sur un nouveau-né. Une réflexion toute en nuances sur le racisme aux Etats-Unis aujourd’hui.

  • Quand Sort La Recluse – le dernier Fred Vargas. Magistral.

 

  • Préhistoires

de Jean Rouaud chez Folio. Savoureux…

 

  • Petite Histoire de l’Univers

par Stephen Hawking (Flammarion). Cet incroyable génie réussit l’exploit de nous faire un peu mieux comprendre ce que pourrait être l’univers dans l’espace et le temps, avec des images simples.

Quel bonheur de trouver de si belles lectures !

Nouveaux articles : 

Elegy for a walnut tree – W.S.Merwin

Prière – Rosemonde Gérard

Article recommandé parmi les archives :

La cousine Lucienne

Bon, j’ai hésité avec : Judas ou le mal nécessaire

 

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Printemps 2018


2017 (1)

Mon amie Agnès reconnaîtra ces fleurs.

Je salue amicalement mes lecteurs et en particulier ceux du bout du monde : Nouvelle Calédonie, Saint-Pierre et Miquelon, Syrie, Cameroun, île Maurice et bien d’autres … qui prouvent que la distance n’est rien lorsqu’on partage la beauté d’une langue ou plus simplement un peu d’humour ou une recette de cuisine.

Pour changer un peu, je vais commencer par les articles.

 

  • Allez voir la page précédente (plus bas) pour retrouver les plus récents.

 

 

Et vous, quel est votre article préféré sur ce site ?

 

La bonne nouvelle de ce début de printemps est le film La Forme de l’Eau  de Guillermo del Toro. Courez d’abord le voir et vous lirez ensuite ce que j’ai envie d’en dire mais attention : la traduction en sous-titres fait perdre beaucoup de sa profondeur à ce film hors normes, je ne sais ce qu’il en est de la version française. La bande son originale a des dialogues bien articulés, avec des mots simples, on comprend facilement, tant en russe (pour les russophones éternels débutants comme moi) qu’en anglais.

J’ai aimé l’humour, les couleurs de ce film, les objets du décor, la musique, ce moment comme un trou dans l’espace-temps où pendant 5 minutes notre monde bête et technologique s’efface pour laisser une possibilité de rejoindre un autre monde, et aussi la fin…

Guillermo del Toro a réussi là un chef d’oeuvre de délicatesse, de poésie et de réflexion sur le sens que peuvent prendre nos vies, sur nos valeurs, sur nos priorités. Les thèmes abordés, sans lourdeur aucune sont particulièrement d’actualité : l’instinct de propriété, le pouvoir (et son abus), la réussite sociale, le sexisme, le racisme, la religion, l’amitié, le respect de la loi, du protocole, l’entraide ou la compétition et pourquoi pas la souffrance animale mais surtout l’amour, celui qui vous fait voir comme un dieu vivant l’être que d’autres trouvent monstrueux, celui qui ne se pose pas de question face au handicap, celui qui pourrait soulever des montagnes, celui qui révèle des gens ordinaires comme des héros.

Ce n’est pas pour autant un « feel good movie », on en ressort certes avec une énergie renouvelée mais aussi avec tellement de pistes de réflexion.

Les questions sont multiples : qu’est-ce que la différence ?  Dieu a-t-il créé les hommes à son image ou à sa ressemblance ? Quelle est notre part de divin ? Notre part d’animalité? Qu’est-ce qu’être humain ?

On s’interroge sur des allusions à la Bible ou à la mythologie ou encore à des contes. Dans le désordre: Samson et Dalilah,  peut-être aussi ce colosse aux pieds d’argile qu’est devenue la société occidentale, les dieux antiques ou exotiques, le prince charmant, la Belle et la Bête, la petite sirène qui a perdu sa voix pour vivre dans le monde des humains, où elle est inadaptée, où on ne voit pas sa beauté….

On réfléchit aux symboles de certains objets ou éléments : l’oeuf, l’eau (élément primordial), le sang, des parties du corps comme les cheveux ou les doigts, dont on tire force et puissance ou/et qui peuvent aussi révéler la pourriture intérieure, l’électricité (énergie de la civilisation actuelle) qui produit des étincelles entre un être positif et une âme négative, la force du rêve, l’éternelle opposition entre le sec et l’humide, entre le yin et le yang, entre le bien et le mal…

Et puis cette poésie, qui ne passe pas uniquement par les mots, mais aussi par la langue des signes, par des objets ou des situations, cette poésie qui dit tellement de choses à la fois…

J’attends avec impatience vos commentaires…

 

 

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Janvier 2018


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Bonne nouvelle année à mes 399 abonnés et à tous mes visiteurs occasionnels, (environ 300 par jour). Comme ce petit enfant sur un pont de Londres, nous nous demandons bien ce que l’avenir nous réserve.

Commençons par une gourmandise :

Cookies

Plus sensuel encore ce petit bijou :

Sonnet – Maurice Ralliant

Et enfin un retour de la mythologie biblique avec :

Jonas

Continuons avec cette idée que j’ai piochée je ne sais où : prendre un bocal ou une boîte et chaque fois qu’il vous arrive quelque chose de bien cette année, placer une petite note ou un post-it dans ce récipient. Chaque fin de mois ou d’année ou lorsque vous avez un « petit coup de mou », relisez la trace de vos petits bonheurs d’un jour.

et bien sûr l’article de saison :

janus

à suivre…

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Hiver 2017/2018


aut 17 (1)

Que diriez-vous d’un joli poème nostalgique pour commencer cette page ?

J’aimerais aussi vous parler de cette journée festive de Noël, partagée cette année avec les « Restos du Coeur ». Nous pensions leur apporter notre contribution : le spectacle La Fille du Père Noël, que nous avons joué gratuitement. Nous sommes repartis plus riches intérieurement que nous n’étions arrivés grâce à deux rencontres:

D’abord celle de Cosette, chanteuse de rue, accompagnée de son orgue de Barbarie. Cosette, c’est son nom d’artiste : « devinez pourquoi » lance-t-elle dans un éclat de rire.

Elle a 450 € pour vivre, ce qui lui assure un toit, l’eau et l’électricité. Après, il faut manger. Alors, elle se rend sur des brocantes, des marchés et chante pour quelques euros. Souvent, un commerçant lui donne un sandwich ou des légumes. Elle trouve que les gens sont si gentils et elle aime les ambiances gaies.

Elle mord dans la vie à pleine dents, ayant une éternelle soif d’apprendre. « J’aimerais faire du droit ». En même temps, elle est entourée de ses amis, ceux que l’on n’aime pas voir : un petit voisin trisomique, un compagnon qui a besoin de soins psychiatriques… « J’aime redresser ce qui est tordu », dit-elle en riant.

Puis elle ajoute « Pour moi, la vie, c’est que du bonus, sans la CMU, je serai déjà morte. »

Si vous voulez la voir et surtout l’entendre, contactez-la : cosette2005@wanadoo.fr

La deuxième rencontre de cette journée est celle de cette jeune femme à la longue tresse, qui est arrivée portant un gâteau magnifique : une véritable oeuvre d’art sur le thème de Noël ! Elle était pâtissière en Arménie, avant que la politique des grands de ce monde ne la jette sur les routes de l’exil avec son mari, sa mère, et ses trois petits garçons. Elle va s’en sortir, c’est sûr, mais que ce serait bien si quelqu’un pouvait accélérer les choses. Une embauche, une carte de séjour, et tout cela ne serait pour eux cinq qu’un mauvais souvenir. Contactez les restos du coeur de Paray le Monial si vous souhaitez l’aider.

Et bien voilà un deuxième poème nostalgique ou plutôt romantique :

The Listeners

Et puis une réflexion politique : Utopies et Dystopies

Enfin je rappelle mes articles sur le thème de Noël :

L’orange de Noël

Saint Nicolas

Le Père Noël et la petite fille – Brassens

Joyeux Noël – Barbara

Un conte de Noël : le bœuf et l’âne de la crèche

le sapin – conte d’Andersen

Pour l’année 2017, mon texte le moins lu est Saint Sébastien , rien à voir avec Noël mais je lui donne un petit coup de pouce.

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Automne 2017


Voilier de Gilles (58)

Conseiller un bon livre ou un bon film, c’est comme offrir un cadeau. Pour ma part, je l’apprécie tout autant. Alors, pour fêter mes nouveaux abonnés et remercier les anciens de leur fidélité voici ma moisson d’automne :

Livres : 

  • The Giver – Lois Lowry ( Le Passeur en français)

C’est un roman initiatique pour adolescents mais sa lecture nous interpelle, quelque soit notre âge, et nous fait longuement réfléchir. Paru en 1993, il est étonnamment actuel et résonne profondément. C’est le premier d’une trilogie, donc de bons moments de lecture en perspective. Ce tome-ci vous fera intensément ressentir l’importance et le poids de la mémoire, de la liberté et des choix de vie. C’est le genre de roman qu’on a du mal à poser avant la fin. Le texte original ne présente pas de difficulté, profitez-en pour le découvrir.

  • Tales of the Otori – Lian Hearn / Accross The Nightingale Floor

Encore une trilogie ! Ce conte féodal asiatique est très bien écrit : c’est un véritable  plaisir ! Les personnages sont complexes, l’action prenante. On retrouve les éléments du conte et notre âme d’enfant mais l’auteur s’adresse bien aux adultes. La perte irrémédiable et brutale de l’enfance, les deuils, l’esprit de vengeance qui s’oppose à la fidélité à des valeurs, l’importance de l’apprentissage et les talents que nous pouvons cultiver, l’idée que rien n’arrive tout à fait par hasard sont autant de thèmes qui m’ont plu et, là encore, donnent à réfléchir.

Film :

  •  Tous les soleils – de Philippe Claudel

Daté de 2011, c’est un film dont on ressort plein d’énergie et d’envie de mordre dans la vie à pleines dents. Magnifiquement interprété, avec de beaux personnages et ce fabuleux thème de l’amour dont on ne se lasse pas : amour pour une femme mais aussi amour filial, fraternel, parental; l’amour qui entraîne parfois sur une fausse piste au lieu de la vraie vie… Enfin, là encore de quoi alimenter un « après- film » si vous le regardez avec des amis.

La musique est d’ailleurs un personnage à part entière, celle de la Tarentelle qui vous guérit de la piqûre de la tarentule, le mal d’amour.

J’ai de loin préféré ce film à « Il y a longtemps que je t’aime » du même auteur. Je suis, c’est vrai, très difficile, et je n’aime ni les comédies sans profondeur ni les films tristes. Il est pourtant difficile de parler de choses graves sur un ton léger, c’est un pari réussi ici.

Articles du blog :

Pensées diverses:

  • Je conseille aux curieux les cours d’Hébreu ancien à l’Université Populaire de Chalon sur Saône. Le professeur est passionné et passionnant. Jamais je n’aurais eu l’idée d’étudier cette langue, n’étant aucunement attirée par cette civilisation mais j’aime les alphabets différents, j’aime comprendre comment une langue, une écriture, se forme, se développe. Et pensant qu’on allait me parler de choses très anciennes, ce qui est d’ailleurs le cas, je me suis aperçue qu’on me parlait d’humanité et aussi de moi-même, en fait. A tester, auprès de quelqu’un d’aussi érudit que lui, si possible.

Au détour d’une conversation, j’ai ainsi appris que le cimetière se dit en hébreu « maison des vivants », de quoi alimenter pensées et divagations…

 

Eté 2021


Eté 2021

Une vue du Jura

Quelques livres recommandés avant le bel été qui s’annonce:

  • Pourquoi pas le Vélo ? de Stein Van Oosteren se lit comme un roman et vous apprend tout ce que vous ignorez sur les bienfaits sociétaux de la petite reine.
  • Les Agronautes de Cédric Rabany, écrit dans une langue jeune et énergique, se dévore également. Accrochez-vous, le niveau est très haut mais l’auteur est un excellent pédagogue.
  • Un vrai roman maintenant: Trois de Valérie Perrin, auteure dont j’ai beaucoup aimé les deux livres précédents.
  • Si vous ne l’avez pas encore lu, bien sûr, je recommande Les Fantômes du Futur, d’Annick Bourbon Rochette et la suite Alice des Deux Côtés du Miroir, déjà disponible en version numérique et très bientôt en version papier.

Les retours des lecteurs des Fantômes du Futur amènent quelques remarques : Quelques-uns, très rares, sont passés à côté. S’ils n’ont pas vu la profondeur des sentiments et la valeur symbolique de l’oeuvre, ce n’est pas parce que c’était trop ardu, des personnes de culture, éducation, niveau social, niveau d’études complètement divers se retrouvent dans toutes les catégories, simplement nos chemins ne se sont pas croisés à ce moment-là.

D’autres ont reculé devant l’épreuve. Le déni est confortable et, étant moi-même peu courageuse en montagne devant un précipice, je ne peux les blâmer.

Ceux qui se sont laissés porter par l’histoire ont ressenti et ont accueilli l’atypique, le différent, et même le déséquilibre passager qui leur permettra d’avancer. Ce qu’ils ont vécu en lisant ce roman pourrait les aider à surmonter certaines difficultés à venir, je leur souhaite en tous cas et tous, je les remercie.

Village des Alternatives

Le Village des Alternatives Alternatiba qui aura lieu à Champforgeuil 71 vous accueillera le 18 et 19 septembre prochain: films, conférences, tables rondes, jeux, bal, démonstrations, musique, nombreux stands, associations, marché de producteurs, etc. vous promettent un super week-end.

Nous recevrons en particulier Alexandre Boisson, auteur de « Si j’étais maire » et initiateur de SOS Maires.

Vous pouvez aussi nous aider !

Les bénévoles ne sont occupés que deux heures minimum, afin de pouvoir pleinement profiter du Village. Ils peuvent choisir des tâches aussi variées qu’une aide technique pour l’installation ou le démontage, l’accueil, la buvette ou la restauration ou encore l’appui aux nouvelles technologies.

Vous pouvez également participer dès maintenant à l’élaboration en intégrant notre équipe.

Si vous êtes intéressés, cliquez sur le lien ci-dessous :

Appel à bénévoles pour le Village des Alternatives Alternatiba de Champforgeuil, rejoignez-nous ! | ACTE (chalontransition.org)

J’ajouterai prochainement le programme détaillé et un appel aux dons via Hello Asso qui donnera droit à une tombola ( 1 billet par tranche de 5€) avec de nombreux lots issus des producteurs locaux ou du commerce équitable.

Les Moulins de mon coeur


Une étude sans prétention de la très belle chanson de Eddy Marnay sur une musique de Michel Legrand.

D’abord la rondeur, omniprésente, mais apportée dès le début par une action extérieure :

Comme une pierre que l’on jette dans l’eau vive d’un ruisseau

Cette action, un peu comme le big bang, est le départ d’une histoire, d’une chronologie. Les ronds dans l’eau s’éloignent en cercles concentriques, il ne s’agit en aucun cas d’une forme immobile. D’ailleurs l’eau est symbole de vie, souligné encore par « vive ».

Et qui laisse derrière elle des milliers de ronds dans l’eau

D’ailleurs, puisqu’on parle de big bang, il y a bien une allusion au système planétaire:

Comme un manège de lune avec ses chevaux d’étoiles

Comme un anneau de Saturne, un ballon de carnaval

Et c’est à l’image d’une fête enfantine, avec des étoiles et des lumières dans les yeux, avec des plaisirs fabriqués qui font tourner aussi la tête, qui enivrent. Le genre de truc qui ne dure pas mais qui est pourtant lié à l’éternel mouvement céleste. La ronde enfantine laisse place au « chemin de ronde » des adultes, un peu enfermés dans leur course temporelle, leurs voyages, leurs engrenages.

Comme le chemin de ronde que font sans cesse les heures

Le voyage autour du monde d’un tournesol dans sa fleur

Tu fais tourner de ton nom tous les moulins de mon coeur

Ce refrain va revenir, formant lui-même une boucle et terminant le poème comme il l’a commencé, à ceci près que les mots n’auront plus la même coloration, mais n’anticipons pas.

Les plus de cinquante ans se souviennent peut-être des écheveaux de laine que leur aïeule plaçait autour de leurs bras en un long fil qui tournait sur lui-même. Là aussi, c’était un cycle, puisqu’il s’agissait d’un pull trop petit ou usé qu’on détricotait pour en refaire un neuf.

Comme un écheveau de laine entre les mains d’un enfant

Et la vieille chanson qui vous revient en tête, rappelant des souvenirs…et la fuite du temps.

Ou les mots d’une rengaine pris dans les harpes du vent

Toutes choses qui tournent et ne durent pas, et qui nous parlent des saisons de la vie ou de l’année:

Comme un tourbillon de neige, comme un vol de goélands

Sur des forêts de Norvège, sur des moutons d’océan

On remarquera aussi les rimes à l’hémistiche, rappel intérieur, dans un vers plus grand, à l’image des cercles concentriques du début.

Et puis, comme une pierre jetée, un choc qui change tout, voilà des mots qui annoncent une fin.

Ce jour-là près de la source, Dieu sait ce que tu m’as dit

Mais l’été finit sa course, l’oiseau tomba de son nid

Et voilà que sur le sable nos pas s’effacent déjà

C’est l’automne, comme une fin de vacances et le mouvement se fait vertical: les feuilles tombent, les doigts pianotent, la pluie descend. Le blanc de l’écume, de l’innocence enfantine, laisse place aux couleurs de l’automne. Etrangement, ce n’est pas cette teinte auburn des cheveux et des feuilles qui rappelle l’aimée, comme on pourrait s’y attendre. Le fait même d’être absente est comme un acte qui a entraîné l’automne: « ton absence » est en effet le sujet du verbe « donnent ».

Et je suis seul à la table qui résonne sous mes doigts

Comme un tambourin qui pleure sous les gouttes de la pluie

Comme les chansons qui meurent aussitôt qu’on les oublie

Et les feuilles de l’automne rencontrent des ciels moins bleus

Et ton absence leur donne la couleur de tes cheveux

Il est question de mort, d’oubli, d’effacement. Alors bien sûr ce n’est pas le premier poète qui relie la pluie et les larmes mais l’image est magnifiquement renouvelée par la sonorité du tambourin, qui n’est que la musique des doigts. Le musicien est quelqu’un qui exprime avec son corps, par un rythme frappé sur une table, une peine sublimée par l’art.

Et c’est l’absence qui devient peut-être cette pierre:

Une pierre que l’on jette dans l’eau vive d’un ruisseau

Le dernier refrain reprend la double idée des quatre saisons qui tournent et tissent des années et du vent qui emporte tout.

Au vent des quatre saisons, tu fais tourner de ton nom

Tous les moulins de mon coeur