Marguerite d’Autriche


Monastère royal de Brou
Monastère royal de Brou

Je vous propose de faire une pause spirituelle, historique et artistique au Monastère royal de Brou, à Bourg dans l’Ain. Le musée situé dans le bâtiment est également intéressant. On ne peut ressortir les mains vides de la boutique du musée : émaux bressans, parfums élaborés par les moines, entre autres objets tentants, vous feront craquer.

Cet édifice commandé par Marguerite d’Autriche pour accomplir la dernière volonté de son époux est une merveille de la Renaissance. Quel dommage qu’elle ne l’ait jamais vu terminé ! C’était l’habitude à l’époque de construire pour les générations futures, puisque la vie était courte et que les chantiers duraient de nombreuses années. (Aujourd’hui, la mentalité est bien différente et nous avons tendance à tout vouloir tout de suite quitte à léser nos enfants : je ferme cette parenthèse écologique et économique).

Personnellement, je vais toujours admirer une toute petite statuette située sur le tombeau de Philibert le Beau. Cette « pleureuse » est différente des autres, plus originale, et d’une telle grâce dans le mouvement que l’on en repart comme plus heureux. A vous de la reconnaître parmi les autres, vous le ferez sans difficulté j’en suis certaine.

J’aime beaucoup également l’impression qui se dégage des deux « doubles » gisants. Chaque tombeau présente en effet deux statues superposées de la même personne : le gisant supérieur présente la gloire de ces personnages historiques hors du commun, dans leurs vêtements d’apparat et celui de dessous l’humilité de la personne qui repart nue comme  elle est arrivée sur terre quelques années plus tôt, ramenée par la mort à la simple condition humaine. Cela donne à penser. Je trouve aussi que la blessure sous le pied de Marguerite d’Autriche, qui sera cause de son décès, est émouvante.

Philibert le Beau porte bien son nom et on comprend que la belle Marguerite en fut follement éprise, après avoir tant pleuré son deuxième époux l’infant d’Espagne. Leur histoire d’amour fera rêver les âmes romantiques.

On nous a enseigné l’Histoire des hommes mais on nous a peu parlé des femmes, malheureusement. Ce n’est pas par féminisme que je dis cela mais je constate simplement qu’en occultant les » Dames du temps jadis », on nous a fait perdre bien des pages importantes de notre Histoire européenne. Je vous recommande le livre d’André Besson, qui nous décrit la belle et talentueuse princesse dans une biographie, en vente à la boutique du Musée. Elle fut en effet une fine politique en même temps qu’une érudite, poétesse à ses heures, qui savait s’entourer des meilleurs artistes de son temps.  Je regrette d’ailleurs que l’auteur, pour ne pas alourdir un livre passionnant et très bien documenté, qui se lit comme un roman, n’ait pas assez parlé de son influence politique.

Je terminerai avec l’épitaphe que la facétieuse princesse composa après une tempête en mer pour redonner le sourire à son entourage :

« Ci-git Margot, la gente demoiselle

Qu’ eût deux maris mais qui mourut pucelle »

 

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