Le Pic vert


Pic Vert
Pic Vert

Savez-vous pourquoi le picvert, cet oiseau coloré de nos forêts, frappe le tronc des arbres à coups redoublés ? Voici l’explication mythologique qu’en donne Ovide.

Tout commence par une belle histoire d’amour entre deux êtres exceptionnels.

Picus est un jeune homme d’une grande beauté et d’une intelligence remarquable. Fils de Saturne, il est en outre roi d’un petit pays : Aussonie. On lui connait deux passions : les chevaux et la chasse aux sangliers.

Les nymphes, naïades et autres dryades, comme d’ailleurs les femmes qui l’avaient croisé, cherchaient toutes le séduire mais en vain. Son coeur était pris par une jeune nymphe du nom de Canens, fille de Janus.

Canens avait un don extraordinaire : sa voix avait une telle pureté qu’elle pouvait faire bouger les rochers et les forêts, apprivoiser les bêtes sauvages, arrêter le cours des fleuves ou suspendre le vol des oiseaux, toutes choses fort utiles au quotidien comme vous en conviendrez.

Et Canens et Picpus coulaient des jours heureux….

Un jour, Picpus partit à la chasse, équipé de deux javelots enveloppés d’une toile pourpre attachée par une fibule d’or. Il chevauchait gaiement, entouré de ses fidèles compagnons.

Malheureusement la magicienne Circé, fille du Soleil, avait choisi cette même forêt pour y cueillir quelques herbes pour ses décoctions. Lorsqu’elle aperçut le jeune homme, elle en laissa tomber toute sa récolte de plantes. Elle eut l’impression qu’une flamme parcourait l’intérieur de son corps. L’ensorceleuse était à son tour prise au piège de l’amour fou.

Elle chercha aussitôt un moyen d’aborder le jeune roi mais c’était difficile car il n’était pas seul. Elle façonna alors un simulacre de sanglier qu’elle envoya bondir devant Picpus. Le jeune homme poursuivit aussitôt le faux animal et s’enfonça dans les buissons, laissant là son cheval et ses compagnons.Circé poursuit ses maléfices, fait se lever un épais brouillard qui empêche la troupe de retrouver le jeune roi.

Circé peut enfin s’adresser à l’homme qu’elle aime mais il la repousse en lui expliquant qu’il n’aimera jamais qu’une seule femme : Canens.

Circé, blessée dans son amour propre, ivre de colère, lui réplique alors qu’il va comprendre son erreur et, étendant les bras vers lui, se répand en incantations et malédictions. Picpus effrayé s’enfuit mais il a l’impression que sa course est bien rapide et bien légère. Il se rend compte que son corps est léger et couvert de plumes : il vole ! Son plumage vert est agrémenté de pourpre et d’or.

Ulcéré d’avoir été changé en oiseau, il se pose sur un arbre et le frappe de son bec à coups redoublés pour calmer sa colère.

Pendant ce temps, ses compagnons le cherchent et voyant Circé, l’accablent de reproches. La magicienne ne fait ni une ni deux et change en bêtes sauvages ces ennuyeux moralisateurs.

Canens attendra en vain son mari, elle aura beau le chercher avec ses serviteurs, elle finira par comprendre qu’il ne lui reviendra plus. Elle se couche alors au bord du Tibre et à force de larmes, finit par se confondre avec la rive à un endroit qui portera désormais son nom.

Publicités

3 commentaires sur « Le Pic vert »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s