Hell Nep Avenue – Francis Cabrel


 

Photo signée Nicolas Lambert
Photo signée Nicolas Lambert

Dans la veine de la chanson de Jacques Brel : «ce soir, j’attendais Madeleine», Francis Cabrel renouvelle totalement la description du «lapin posé».

 

L’enfer que vit l’amoureux éconduit est suggéré avec le jeu de mots sur Hell /enfer  du nom de la rue qui s’entend phonétiquement comme «Elle n’est pas venue».

Le prochain pas que vous allez faire
Peut vous mener droit en enfer
Personne ne vous a prévenu
Vous êtes sur Hell nep Avenue

La solitude du jeune homme délaissé est renforcée par le fait d’être dans une rue, seul au milieu des autres en quelque sorte. Une suite d’images souligne cette impression : le froid intérieur, suggéré par le vent du pôle, les papiers qui s’envolent comme autant de promesses non tenues, les épaules tombantes, les chansons de travers, la pluie (incontournable). Enfin les rimes suivies ajoutent à la monotonie de l’attente vaine.

Boulevard des papiers qui s’envolent
Le vent y descend droit du pôle
Ça fait des chansons de travers, de travers
Chanteurs aux épaules tombantes

Le chaos intérieur: «la tête en vrac» ressemble à ce désordre végétal dans lequel on s’empêtre:

Pris dans les fougères grimpantes
Encore une averse de plus
Sur Hell nep Avenue

La musique est au diapason : le blues. Le silence de l’attente vite déçue, on ne parle même pas d’espoir, est lui aussi compté par le métronome : « quelques mesures » et suspend momentanément la tristesse.

Quelques mesures de silence
À l’heure où l’autobus s’avance
Aucune fille n’en descend, et le blues reprend

Le ciel des amoureux, le septième ciel des amants, le ciel qu’on invoque pour voir exaucer ses vœux les plus chers, le ciel bleu des jours heureux ne sont même pas remplacés par un ciel gris ou noir: à l’absence de l’être aimé répond l’absence de ciel.

Le temps de l’attente compte double et l’on sait que la tristesse ou le désespoir font vieillir comme autant d’expériences accumulées. La naïveté de la jeunesse tombe d’un coup.

On peut voir se creuser les rides
De ceux qui attendent dans le vide
Il n’y a pas de ciel par-dessus
La Hell nep Avenue

Cette peine que chacun a pu connaître ne disparaîtra pas de la mémoire

On y a tous chanté une fois
Une fois et puis t’oublies plus
La hell nep Avenue…

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