le fou d’Elsa- Aragon chanté par Jean Ferrat


 

rose dans la nuit
rose dans la nuit

C’est si peu dire que je t’aime

 Ce poème d’Aragon chanté par Jean Ferrat est tiré du recueil Le Fou d’Elsa. C’est un poème d’amour un peu différent parce qu’il est écrit au soir de la vie lorsque «la lumière baisse».
Elsa Triolet et Aragon, les deux amoureux qui étaient unis comme les fils d’une étoffe, aux multiples liens tissés par la vie sont maintenant un peu désunis. Le tissu a vieilli et s’est déchiré et comme la matière était d’amour et de vie, c’est une plaie béante qui fait terriblement souffrir le poète.
Comme Aragon l’écrit dans un autre de ses textes
 Et sa plaie engendre un soleil
 

Plus beau que les anciens mensonges

 Plus dure encore que la véritable absence, cette présence détachée:

Comme une étoffe déchirée

On vit ensemble séparés

Dans mes bras je te tiens absente

Et la blessure de durer

Faut-il si profond qu’on la sente

Quand le temps nous est mesuré

 La vie qui est la leur à ce stade de leur existence n’a plus rien à voir avec l’intensité des espoirs et des projets de la jeunesse. Un sinistre compte à rebours a commencé et occupe leurs pensées, les empêchant de profiter du temps qui reste. Il est question d’ »existence » et non plus de «vie» et cette existence même se réduit à presque rien, à un adieu.

Cette existence est un adieu

Et tous les deux nous n’avons d’yeux

Que pour la lumière qui baisse

 L’image qui suit souligne la naïveté d’une telle attitude en renouant avec une image des contes de l’enfance.

Chausser des bottes de sept lieues

En se disant que rien ne presse

Voilà ce que c’est que d’être vieux

 Et le vieil amoureux ressent l’urgence de dire encore à sa compagne combien il l’aime, urgence soulignée par les termes «craignait» et «surprenne» ainsi que l’image de danger des mains sur la gorge, la nuit étant ici synonyme de mort.

C’est comme si […]

Si je craignais que me surprenne

La nuit sur ma gorge qui met

Ses doigts gantés de souveraine

 Le printemps de la vie ne reviendra plus, l’espoir ne permet plus d’avancer.

Quand plus jamais ce n’est le mai

 Les choses elles-mêmes perdent de leur réalité et s’estompent doucement, par étapes suggérées par les groupes nominaux: le plaisir se réduit à un frisson puis ce frisson même ne devient qu’un souvenir; la musique est maintenant morte puis elle n’est plus qu’un écho.

Lorsque les choses plus ne sont

Qu’un souvenir de leur frisson

Un écho de musiques mortes

 Et paradoxalement, plus tout cela se fond dans le passé, plus le regret et la douleur deviennent presque insoutenables

Demeure la douleur du son

Qui plus s’éteint plus devient forte

 Les mots du poète ne suffisent pas à l’amant

C’est si peu dire que je t’aime

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 

 

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5 commentaires sur « le fou d’Elsa- Aragon chanté par Jean Ferrat »

  1. Le Poète se doit de chanter la Beauté et aussi la tragédie de la vie, Aragon et Ferrat allait bien ensemble ((-:

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