Alice au pays des Merveilles


 

Alice
Alice

Le mathématicien facétieux Lewis Carroll va au bout de la logique et cultive l’absurde dans le célèbre conte Alice in Wonderland and through the looking glass.

« Wonder » n’est que partiellement traduit par « merveilles » d’ailleurs, il s’agit plutôt de choses étonnantes, pas forcément aussi positives que le laisse entendre l’acception actuelle du terme « merveilles »

Lewis Carroll aimait bien les petites filles et Alice a bel et bien existé. Il entretint une correspondance avec elle.

Walt Disney étant passé par là à plusieurs reprises et pour notre plus grand plaisir d’ailleurs, il vaut mieux tout de même reprendre le texte initial dont voici quelques passages.

  • Le jeu de mots sur la queue de la souris et sur son histoire: tail / tale

You promised to tell me your history, you know, said Alice […].

Mine is a long and sad tale, said the Mouse, turning to Alice and sighing.

It is a long tail, certainly, said Alice, looking down with Wonder at the Mouse’s tail, but why do you call it sad?*

L’histoire elle-même est écrite en forme de queue de souris. (Bon, un peu limite cette histoire de queue, vieux Lewis!)

  • Plus loin, quelques strophes d’une chansonnette qui tend à « renverser » l’autorité du père.

You are old, Father William, the Young man said

 And your hair has become very white;

And then you incessantly stand on your head-

Do you think, at your age, is it right?

 

In my youth, Father William replied to his son,

 I fear it might injure the brain

But now that I am perfectly sure I have none

Why, I do it again and again**

  •  Plus loin, un raisonnement tautologique.  Le pigeon pense qu’Alice est un serpent à cause de son long cou puisque tous les serpents ont cette forme et aiment les oeufs. Alice affirmant être une petite fille et aimer les œufs, le pigeon déduit que les petites filles sont une sorte de serpent.

 

  •  Les mots et en particulier « glory » sont employés à tort et à travers par le personnage mais cela est justifié, comme le reste:

When I use a word, Humpty Dumpty said in rather a scornful tone, it means just what I chose it to mean, neither more nor less.

The question is, said Alice, whether you can make words mean so different things.

The question is, said Humpty Dumpty, which is to be master, that’s all.***

Il est vrai que le sens des mots est d’une certaine manière une convention tacite, voire dans certains cas le sens peut être « imposé » par le créateur d’un néologisme par exemple ou par le chef d’un groupe ou encore on peut ressentir que le dictionnaire vous impose ce sens.  Le maître n’est-il pas aussi celui qui détient le pouvoir des mots?

La symétrie est au rendez-vous du mathématicien et de ses lecteurs avec l’autre côté du miroir, cet autre côté qui peut signifier tant de choses…

Et on n’a même pas parlé de la Reine de cœur. Quoi de plus logiquement absurde qu’un jeu de cartes?

Voici une traduction rapide pour ceux qui le souhaitent:

* la queue (tail) et l’histoire (tale) ont des sonorités voisines en anglais, d’où le quiproquo. Vous m’avez promis de me raconter votre histoire, dit Alice Mon histoire est longue et triste, dit la Souris, se tournant vers Alice en soupirant Longue, certainement, dit Alice en regardant avec effarement la queue de la Souris, mais pourquoi dites-vous « triste »?

**Vous êtes vieux, Père William, dit le jeune homme

Et vos cheveux sont devenus très blancs

Et puis vous n’arrêtez pas de vous tenir sur la tête

Pensez-vous qu’à votre âge ce soit bien ?

Quand j’étais jeune, Père William répondit à son fils

Je craignais que ce soit dommageable pour le cerveau

Mais maintenant que je suis bien sûr de ne pas en avoir

 Et bien je le fais et le refais

***Quand j’utilise un mot, dit Humpty Dumpty d’un ton un peu supérieur, son sens est juste ce que je décide, rien de plus ou de moins.

La question est de savoir si on peut faire dire aux mots tant de choses différentes, dit Alice

La question est de savoir qui est le maître, c’est tout, répliqua Humpty Dumpty

  • Le film de Tim Burton – 2010

Quel dommage! Toute la poésie, l’humour, le légèreté de ton et la profondeur de la réflexion envolés. Que des objets genre tarte à la crème qui volent. Les débuts de la 3D, il faut en avoir pour son argent, on va vous en donner des effets spéciaux. Oui mais pour dire quoi?

3 commentaires sur « Alice au pays des Merveilles »

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