Julian Barnes


couverture du roman
couverture du roman

Après Le Perroquet de Flaubert – prix Médicis étranger 1986, Love, etc…, prix Fémina étranger en 1992, Julian Barnes s’attache à une rencontre inattendue dans Arthur et Georges, publié en 2005.

Arthur Conan Doyle et Georges Edalji sont deux hommes tellement différents tant sur le plan social ou familial que dans leur tempérament qu’ils n’auraient jamais dû se rencontrer.

Ainsi Arthur:

 Ce furent les règles chevaleresques, et non les manuels de physiologie, qui gouvernèrent ses débuts avec le beau sexe. Il était suffisamment beau garçon pour plaire aux femmes et flirtait énergiquement.

Tandis que dans la famille de Georges (où l’on a reçu des lettres anonymes)

Shapurji prie Dieu de l’éclairer […]. Il prie aussi pour sa famille et -avec un sentiment de devoir légèrement réticent- pour l’auteur des lettres

Ou encore

Pour Georges, la joie a toujours été très limitée. Quant au plaisir, il a connu celui de faire son devoir

 Julian Barnes aime ses personnages et nous les rend incroyablement vivants et comme présents à nos côtés. Le titre est très bien choisi à cet égard.

Ainsi Georges enfant à l’école:

Mr Bostock frappe le tableau noir (toc) avec un morceau de craie. «Ceci, Georges, plus ceci (toc), égale quoi (toc, toc)?

Tout est flou dans sa tête et il répond au hasard: «douze» ou «sept et demie». Les garçons assis devant rient. […]

Mr Bostock soupire et hoche la tête.

Georges a l’impression d’être exclu lentement de la voie, la vérité et la vie.

Ou plus tard Arthur, marié à une épouse malade.

Il y a les nobles déclarations, et il y a la réalité quotidienne.

 Les paragraphes croisés de leurs vies parallèles nous émeuvent et finalement ces destins parallèles vont se croiser. La vraie vie ou la littérature se moquent parfois de la géométrie.

 L’ouvrage très bien documenté éclaire la biographie du célèbre écrivain et souligne sa totale aversion pour l’injustice et son engagement exalté pour les valeurs qu’il défend.

 Voilà où l’excès d’enthousiasme de Sir Arthur l’avait mené. Et tout cela, décida Georges, était la faute de Sherlock Holmes. Sir Arthur avait été trop influencé par sa propre création.

 L’humour typique de Julian Barnes est bien sûr présent et l’épais roman se dévore d’une traite.

Il s’achète une motocyclette Roc qui se révèle fort indocile

 On se retrouve dans une époque où les progrès technologiques ouvrent des horizons nouveaux, parfois à tel point que les gens sont prêts à croire tout et n’importe quoi: plus rien ne semble impossible.

Mû par l’électricité et stabilisé à l’aide d’un gyroscope, le monorail est le moyen de transport de l’avenir. Son ami Wells en est persuadé et il est d’accord avec lui.

On s’interroge sur tout et bien sûr aussi sur la survie de l’âme. Conan Doyle, comme Victor Hugo avant lui, succombe à la mode du spiritisme.

 Mais l’humour est une pudeur, un voile sur l’émotion toujours en filigrane.

Prudemment, conscient du péché d’orgueil, il imagina un ouvrage juridique écrit cent ans plus tard.[…]

Il y a de pires destins, décida Georges, que d’être une simple note dans l’histoire judiciaire.

 Lorsqu’on repose le livre, on est tout étonné de se retrouver au XXIème siècle, mais peut-être que finalement, les choses n’ont pas radicalement changé et que d’autres George Edalji attendent en prison qu’une âme aussi élevée s’intéresse à leur cas.

 
 
 
 
 

 

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