Le passage de la vie à la mort et l’enfer dans la mythologie


portes de l'enfer - sculpture de Rodin
portes de l'enfer - sculpture de Rodin

L’humour et la mort ne font pas forcément mauvais ménage comme l’a souvent démontré Georges Brassens dans ses chansons. Une promenade touristique aux enfers? Suivez le guide.

Géographie des enfers

La limite est représentée par le fleuve souterrain Achéron dans la mythologie grecque et latine. Les eaux sont sombres et vaseuses, cela ressemble plutôt à un marécage. On s’attendait bien à ce que ne soit pas un lieu riant mais on est loin de l’embarquement pour Cythère.

Au contraire, le christianisme, au moins dans la version catholique, propose un empire des morts bien structuré en trois ou quatre lieux distincts.

L’un trouve sa place au ciel :  le paradis, il est cependant peu décrit. Etre auprès de Dieu suffit à un immense bonheur.

Un intermédiaire, avec un séjour limité dans sa durée sera le purgatoire. La durée est tout de même de quelques siècles et certains fidèles pensent qu’en priant suffisamment, il y aura des remises de peine.

Pour les enfants morts sans baptême, il y a les limbes, proposant une sorte d’existence végétative.

Enfin, pour les durs à cuire, il y a l’enfer, largement représenté en peinture et sculpture. Jérôme Bosch l’imagine un peu coquin, type sado-maso dans son triptyque du jugement dernier et surtout dans le « jardin des délices » dont le nom est à lui seul tout un programme. Il y a des flammes, des diablotins et des rires. Comment ça des rires? Les rires sardoniques des bourreaux bien sûr. Les religions ont toujours été très méfiantes vis-à-vis du rire.

Le passeur Charon, fils de la Terre, est chargé de transporter les âmes des défunts sur sa barque. C’est un vieillard très laid, à la barbe hirsute et vêtu de haillons sombres. Il porte un chapeau rond (mais n’est pas breton pour autant).

Bien que peu avenant, Charon n’est cependant pas insensible à la bagatelle, surtout avec une nymphe. Qui résisterait? Celle-ci est bien dans ses goûts puisqu’il s’agit de la nymphe de l’obscurité: Orphné. Un fils est né, nommé Ascalaphos, mais il sera transformé en chouette par Demeter.

Charon ne va quand même pas se donner tout ce mal pour rien: il convient donc de placer un pièce de monnaie dans la bouche des défunts (eh oui, un linceul n’a pas de poche) pour payer le passage. Heureusement le tarif n’augmente pas chaque année et les pièces jaunes sont acceptées. Pour ce prix, il ne rame pas, ce sont les âmes qui font le travail. Il n’hésite pas même à les brutaliser un peu.

Le Charon étrusque a un maillet à la main: ce serait donc lui le responsable du coup fatal qui entraîne le vivant dans la mort. Une autre responsable est la troisième Parque: celle qui coupe le fil de la vie.

Les morts sans sépulture errent lamentablement le long de la rive. Charon ne fait pas crédit.

Un autre passeur à chapeau rond, bien breton celui-là, s’appelle l’Ankou. Sur cette terre de légendes, le dernier mort adulte de l’année doit transporter les âmes des trépassés pendant un an. On entend sa charrette fantôme s’arrêter devant une maison puis repartir presque aussitôt. L’histoire ne mentionne pas s’il roule à un train d’enfer…On peut lire plusieurs histoires à faire frémir dans l’oeuvre de Pierre Jakez Hélias.

Dans l’iconographie chrétienne, on voit des anges ou des diablotins venir chercher les âmes.

Le gardien Cerbère est un chien à trois têtes qui ne dorment jamais en même temps. Détail aggravant: sa queue est un serpent. On en retrouve un avatar dans Harry Potter.

Ses frères et sœurs ne sont pas plus avenants: l’Hydre de Lerne, le Lion de Némée et un autre chien monstrueux, Orthros.

Cerbère garde le Tartare, l’empire des morts d’Hadès. Il interdit l’entrée aux vivants (si, si, il y en a qui essayent) et bien sûr empêche les morts de sortir: là, il doit y avoir plus de candidats à l’évasion et il y en a qui ont réussi.

Cerbère a ses points faibles: il aime la musique et sera charmé par Orphée. Il craint la force et sera maté par Hercule.

Saint Pierre est un des disciples de Jésus et est représenté tenant les clés du paradis. Les noms de ceux qui entreront au Paradis sont consignés dans un grand livre. Lors du jugement dernier, après l’Apocalypse, chacun se relèvera de sa tombe et on pèsera les bonnes et les mauvaises actions.

Comme partout, il y a des cadres supérieurs. Anubis est le fils d’Osiris. Représenté avec une tête de chacal, il est le dieu de la mort. En Egypte, le ka est le nom de l’âme des trépassés. Le ka doit réciter un long texte devant quarante-deux juges puis le scribe Thot à forme de babouin préside la seconde partie de l’audience et note la décision sur sa tablette. L’âme est alors soupesée et doit être aussi légère qu’une plume d’autruche représentant Maât, l’esprit de l’ordre universel. Si l’âme a menti dans sa confession, elle est dévorée par Ammut. Sinon, Horus à tête de faucon la conduit à Osiris, juge suprême des enfers, et de là au paradis local où elle est éternellement heureuse.

Le fils du soleil et le fils d’Osiris et d’Isis portaient le même nom, Horus, et furent peu à peu confondus.

La pesée, le livre, les portes, le jugement et les gardiens sont autant d’aspects rémanents dans chaque religion, même s’ils prennent différentes formes.

3 commentaires sur « Le passage de la vie à la mort et l’enfer dans la mythologie »

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