Quatre Conseils pour se préparer (un peu) à quelques difficultés futures


Je veux d’abord souhaiter la bienvenue à mes nouveaux abonnés. Cela me fait un grand plaisir d’avoir pu vous intéresser par l’un ou l’autre de mes petits écrits.

J’anime souvent des Fresques du Climat – https://fresqueduclimat.org/ et à la fin , on me pose des questions du type: que devons-nous faire ? Par où commencer ?

Je ne suis spécialiste en rien, je n’ai qu’un peu de bon sens à vous proposer pour vous préparer tant bien que mal à un avenir probablement compliqué. Je n’ai aucune information sur ces futures difficultés et selon la localisation géographique de chacun, elles peuvent être bien diverses.

1- Cependant, mon premier conseil est de créer du lien social, à proximité et aussi assez loin de chez vous. Personne ne s’en sortira tout seul, je le crains, et la solidarité sera notre chance. Vous pouvez aussi être amené à quitter votre habitation, votre région, momentanément ou pour plus longtemps. Par exemple, dernièrement, les habitants ayant dû évacuer pendant les incendies pouvaient être recueillis chez des connaissances ou bien être entassés dans un gymnase ou une école. Favorisez donc autant que possible la qualité de vos relations familiales et/ou amicales.

2-Dans cette éventualité, prévoyez un sac facile à emporter ( vous n’aurez peut-être que le temps de l’empoigner) avec quelques vêtements, des photos, un livre, un jeu de cartes, une lampe de poche, une gourde, une serviette de toilette, une copie de vos papiers, adresses utiles, etc.

3- Prévoyez d’avoir chez vous environ trois semaines de vivres d’avance. C’est en plus un bon placement en ces temps inflationnistes. Cela évite aussi de se joindre aux ruées dans les magasins.

4- Apprenez : à reconnaître les plantes sauvages, une langue étrangère, les gestes de premier secours, la communication non-violente, les rudiments de cuisine et de couture… Le champ est vaste de cet inventaire à la Prévert mais le savoir et les savoir-faire ne sont jamais encombrants.

Pas d’affolement on n’est pas dans Koh Lanta non plus. Et on n’angoisse pas, d’abord parce que se préparer et agir vous sort des ruminations, ensuite parce que nous avons confiance dans nos capacités de résilience et d’adaptation, tant collectives qu’individuelles. Et surtout parce que ces épreuves peuvent nous permettre de retrouver nos vraies valeurs. On échange l’envie de baskets neuves et scintillantes contre le temps d’un moment entre amis, presque sans CO2.

Bon, on espère tout de même que ce ne sera pas trop dur et pour ceux qui ont déjà l’habitude de la sobriété, la marche sera moins haute. A chacun de voir !

A savoir : le gouvernement vient de mettre en place un service téléphonique dénommé FR-alert. Pas besoin de s’inscrire, si un grave danger ( catastrophe naturelle, accident nucléaire, etc.) menace la zone dans laquelle vous vous situez, vous serez averti par une sonnerie, même si votre téléphone est éteint ou en mode silence. Un texto vous donnera les consignes à suivre.

Film recommandé: Une fois que tu sais – il vient de sortir en DVD. Le rythme est un peu lent, mais cela fait du bien de ralentir aussi. Surtout, il pose les bonnes questions. Il vaut mieux auparavant réviser son Dennis Meadows.

Livres: – Le guide des plantes sauvages et comestibles / Rudi Beiser/ Larousse et Cueillir et cuisiner les plantes sauvages/ Mireille Sicard/ Edisud

La lecture du roman Les Fantômes du Futur / Annick Bourbon Rochette peut représenter un bon entraînement.

Des Présidentielles aux Législatives


La sagesse a été plus forte que la colère. J’ai été soulagée ce matin de ne pas me réveiller avec le profil de l’extrême-droite au pouvoir. Soulagée mais pas très heureuse tout de même, nous repartons pour un quinquennat de M. Macron. Je remercie ceux qui ont eu le courage de voter contre leurs convictions mais aussi pour ce qu’il nous reste encore de démocratie. La sagesse a été plus forte que les colères légitimes, qui demeurent et sont même renforcées par ce qu’il nous a fallu de volonté pour insérer le nom d’Emmanuel Macron dans la petite enveloppe bleue.

Dès aujourd’hui, un combat nous attend, qui dépasse l’ancien clivage gauche/droite: protéger à tout prix notre environnement. C’est notre lutte de Terriens contre les Destructeurs, prenant toutes sortes de chemins. Il reste trois ans avant que le dérèglement climatique et les autres limites planétaires ne s’emballent inexorablement. Nous savons bien que nos efforts individuels et les marches pour le Climat ne suffiront pas, des décisions collectives doivent être prises, rapidement. Elles le seront si, enfin, nous abordons les vrais sujets qui préoccupent les Français.

Notre société doit reconnaître l’importance des métiers du lien, de la santé, de l’éducation et de la culture ainsi que celle des milieux associatifs. Face aux dangers qui nous menacent, il faudra organiser l’aide aux plus fragiles, améliorer notre résilience tant  agricole qu’industrielle et énergétique et repenser la sécurité à tous niveaux, de proximité, intérieure et internationale, sans piétiner nos valeurs morales, nos droits fondamentaux ni nos libertés individuelles.

 C’est tout l’enjeu des prochaines élections législatives, dont le premier tour est fixé au dimanche 12 juin. Je serai au rendez-vous, et vous ?

Historique et représentations mentales de la croissance

Pourquoi aimons-nous une croissance qui nous fait du mal ?


On parle beaucoup de croissance en ce moment, il est important de préciser qu’il s’agit de croissance de la production. Cette croissance a eu des avantages, elle a maintenant surtout d’énormes inconvénients. Elle est aujourd’hui devenue une obsession, au point de la vouloir ou la croire infinie. Elle ne s’accompagne plus d’une amélioration globale du bien-être de la population mais au contraire d’un accroissement des inégalités sociales. Elle est clairement corrélée au dérèglement climatique, elle détruit l’environnement et abime la santé humaine (horaires décalés, stress, burn out…). Bref elle nous rend malheureux par toutes sortes de biais. Mais nous l’aimons. Pourquoi ?

Revenons aux peuples premiers ou aux philosophes grecs pour qui l’homme fait partie intégrante de la Nature, au même titre qu’une sauterelle ou une fougère.

L’arrivée du Christianisme change fondamentalement cette représentation. L’homme est considéré par essence supérieur aux autres espèces et doit les dominer. La nature est désacralisée.  Toutefois, Saint François d’Assises reviendra plus tard à plus de sagesse et aujourd’hui le pape François incite les croyants à suivre son exemple.

On espérait que le siècle des Lumières ferait évoluer cette vision totalement anthropocentrée avec l’avènement des scientifiques et l’arrivée de nouvelles connaissances comme celle de la rotation de la Terre autour du soleil. En fait, on a surtout inventé de nouvelles techniques pour maîtriser la Nature.

Au XIXème siècle, les Sciences économiques et sociales montrent que la croissance est un moyen de maintenir le lien social, comme une sorte de mission collective à laquelle chacun contribuerait. Une nouvelle organisation du travail donne toute sa valeur à la main d’œuvre par le biais de la valeur ajoutée. Les ressources sont considérées comme gratuites et ce qui est gratuit ne vaut rien. La Nature est occultée.

Les trente glorieuses au XXème siècle, avec leur 5% de croissance de PIB annuels, restent un modèle de prospérité dans l’imaginaire collectif.

Les années 1970, avec la naissance d’un féminisme marxiste, soulignent le lien entre l’oppression des femmes et les intérêts d’une classe dominante dans une société patriarcale mais ne font pas encore le rapport avec le pillage des richesses naturelles. Aujourd’hui, la notion d’écoféminisme établit clairement la corrélation entre l’oppression des femmes et la destruction de la Nature. Les états, les sociétés ou les individus qui ne respectent pas les femmes sont aussi ceux qui saccagent la Nature.

Mais comment déconstruire des siècles de représentations mentales ? Comment lutter contre des techniques publicitaires qui utilisent les récentes découvertes sur le fonctionnement du cerveau humain ?  Créer de la frustration et promettre des récompenses, ça marche vraiment bien. Outre l’obsolescence programmée des appareils, il y a aussi l’obsolescence imaginaire qui fait qu’un produit démodé est vite mis au rebut. Résultat: la masse des objets manufacturés est supérieure à la masse du Vivant sur Terre. ( Le Vivant : humains, animaux, végétaux)

 Face à cela, l’écologie apparaît comme punitive. Ne pas acheter les dernières chaussures à la mode occasionne une réelle frustration, une souffrance. Face à cela, la philosophie du « Less is more » est quasiment inopérante. Elle fonctionne aussi dans l’autre sens d’ailleurs « more is less ». Et pour qui a essayé de vivre plus sobrement, elle est pourtant tellement vraie. Certains s’en sont rendus compte pendant cette crise du Covid 19, allant même jusqu’à changer radicalement de mode de vie. Mais ils sont très peu nombreux.

Il faudra bien cependant accepter de se répartir un gâteau moins gros, avec plus de justice sociale et en trouvant d’autres richesses et d’autres bonheurs dans le lien familial, amical, amoureux, social ou dans la spiritualité. Si nous ne nous organisons pas pour le faire politiquement, nous y serons très prochainement forcés dans l’anarchie et le désordre, tout simplement parce que les lois de la physique sont supérieures à celles de l’économie. Notre planète est limitée, ses ressources aussi. Les temps de régénération et de renouvellement sont lents et se comptent en millions d’années.

Le corps humain a ses limites aussi : avec +4°C de réchauffement global, il ne restera sur Terre qu’un quart de la population humaine actuelle. Températures léthales, événements climatiques extrêmes, famines et pandémies, pollution de la terre, de l’eau et de l’air, sans parler des conflits induits, maintiendront de gré ou de force notre espèce dans des limites raisonnables. On espère que cela n’ira pas plus loin et qu’une vie rapidement plus sobre sera de mise avant que des boucles de rétroaction positives ne fassent de notre Eden un désert inhabitable.

Combien de temps reste-t-il pour faire ce choix ? Nous n’avons que des probabilités, issues de calculs savants : 3 ans, peut-être 5 ou même 10, guère plus vraisemblablement.

Merci à Jade Boivin et Philippe Ramos pour leurs explications dont je me suis largement inspirée.

Quelques bases pour discuter d’Environnement


Quel effet ça fait d’être la génération qui doit sauver l’humanité ?

Un peu de vocabulaire:

  • anthropocène : ( de « anthropos: homme) « époque géologique marqué par l’influence massive des activités humaines. »
  • EROI: Retour sur investissement de l’énergie. Si on mesure l’énergie avec l’unité « Baril de pétrole », il faut aujourd’hui 1 baril pour en extraire 20. Autrefois, le rapport était de 1 pour cent barils extraits.
  • La notion de limites planétaires a été introduite en 2009 par le Stockholm Resilience Center et le terme est désormais reconnu par l’ONU et utilisé par tous les spécialistes. Ces limites, au nombre de 9, conditionnent la vie sur Terre. Ces limites sont restées stables pendant 10 000 ans, d’après les relevés scientifiques. En 2015, 4 étaient franchies: le changement climatique, la chute de la biodiversité, le changement d’usage des sols, la perturbation du cycle de l’azote et du phosphore. En 2022, nous venons de dépasser la cinquième: la pollution chimique ( et en particulier la quantité de plastique dans l’environnement). Il nous reste l’acidification des océans et l’utilisation d’eau douce (franchissement prévu avant 2050) et enfin la diminution de la couche d’ozone et la concentration en aérosols dans la biosphère.

Petite mise à jour : le cycle de l’eau douce, c’est fait. Nous venons de franchir la limite en avril 2022. Ca va décidemment plus vite qu’on ne pensait.

  • Un milliard équivaut à 1000 millions. Si nous prenons l’image qu’un million équivaut à 10 jours, il faudra plus de 27 ans pour avoir l’image d’un milliard.
  • L’effondrement d’un système signifie que ce système n’est plus en état de se reproduire et de répondre aux exigences qui le font perdurer. Cela peut être celui de la biodiversité. Lorsqu’il s’agit d’une société, il signifie que le vivre-ensemble, la solidarité entre ses membres ou les services qu’ils se rendent, n’est plus tenable. Cela passe par plusieurs phases parfois peu visibles: une plus grande inégalité ou une rupture du contrat social, des services moins bien rendus. Il s’ensuit souvent plus de violence populaire (révoltes, manifestations, révolutions) et policière ( défense d’un gouvernement qui se sent fragilisé). A la fin, certains services comme l’Education ou la Santé sont des coquilles vides, ils semblent encore fonctionner en théorie mais ne rendent plus les services qu’on attend d’eux.
  • Solastalgie: angoisse liée au dérèglement climatique et à ses conséquences. Se soigne par l’action. Adhérez à une association, il y en a de toutes sortes, vous trouverez celle qui vous convient.
  • Actifs échoués: Il s’agit de biens ou d’objets qui perdent toute valeur. Imaginons un énorme 4X4 très gourmand en essence, il peut devenir invendable en cas de pénurie de pétrole ou s’il n’est plus autorisé à rouler dans les villes.
  • Etats faillis: C’est un état qui ne rend plus les services que la population est en droit d’attendre. En 2022, la Somalie, l’Afghanistan, Haïti, La Guinée Bissau, la République Démocratique du Congo sont considérés comme des états faillis, le Yémen et le Mali, la Libye sont les prochains sur la liste.

Un peu de bons sens:

  • Notre planète est limitée, ne prélevons que ce qui peut se régénérer, en respectant le rythme naturel. Un enfant de six ans peut comprendre que rester dans des limites est en opposition avec toute idée de croissance. L’expression « croissance verte » est un oxymore, d’après l’un des auteurs du rapport Meadows.
  • S’il y a des pénuries, ça va être la foire d’empoigne. « 40% des guerres sont d’ores et déjà directement associées aux ressources naturelles ». C’est bien sûr aussi le cas de la guerre en Ukraine aux nombreuses richesses, convoitées par la Russie, même si on habille cette guerre de nationalisme ou de fausses allégations historiques.
  • Si des parties du monde deviennent invivables, le nombre de réfugiés va augmenter, quels que soient les murs qu’on élève. « Une personne sur 110 est déplacée dans le monde » ou encore « On estime à 213,9 millions le nombre de réfugiés climatiques entre 2008 et 2016 ». ( cf le Manifeste de Delphine Batho, paru en 2019 aux éditions du Rocher)
  • Même si l’idée déplait, parler de croissance, c’est aussi parler de croissance démographique. 3,5 milliards d’êtres humains en 1970 et 8 milliards en 2020 ! On double tous les cinquante ans.
  • Il est plus facile de prévenir que de guérir, c’est-à-dire d’éviter une pollution que de la traiter.
  • Le climat a une inertie qui se compte en siècles ou en millénaires, démarrer un processus est comme rouler à 180 km/h puis vouloir s’arrêter immédiatement et là, en plus, on en est encore à se demander s’il ne faudrait pas encore discuter un peu pour savoir si on va appuyer lentement sur le frein ou peut-être plus fort mais seulement dans un quart d’heure, et peut-être que le frein n’est pas la meilleure pédale, il faudrait convoquer des experts… Et puis comment être certains qu’on ne fâchera personne en appuyant sur le frein ?
  • La pandémie de la Covid est pénible, inquiétant, désespérant mais ce n’est qu’un tout petit aperçu des ruptures de nos habitudes qui vont arriver.
  • L’écologie n’est pas un luxe pour les riches, comme on voudrait nous le faire croire. Vivre sobrement, ne plus prendre l’avion, ne pas suivre des modes vestimentaires éphémères, manger moins de viande sont autant de moyens de faire des économies.
  • Une vie plus respectueuse de l’Environnement n’est pas un retour à l’âge de pierre ou aux « amish », sauf pour ceux qui ne s’y seraient pas préparés. En effet, des avancées notables proviennent justement des recherches dans le domaine de l’écologie et des expériences tentées dans les écolieux et cela dans le domaine scientifique, biologique, technologique ou sociologique, entre autres. On peut citer la permaculture ou les multiples utilisation du chanvre par exemple. Vivre dans une kerterre ou une yourte en zone rurale est-il vraiment moins enviable que de vivre dans un logement social d’une grande barre d’immeubles en banlieue surpeuplée ? Passer du temps avec ses amis et sa famille est-il horrible au point qu’on préfère la routine du boulot-métro-dodo ? Le futur peut être désirable, si nous faisons ce choix.
  • Pour encore très peu d’années, nous avons deux atouts dans notre manche: la carte bancaire et la carte d’électeur. Ah, là encore, c’est raté pour les élections en France, en 2022.
  • Il nous reste 3 ans pour agir avant que la machine ne s’emballe !!!
  • Il est trop tard pour éviter les catastrophes mais on peut encore amoindrir les chocs. Se préparer demande des efforts mais « la fatalité est faite de nos renoncements » ( JP Dupuy- philosophe).
  • Changer de paradigme, de système de pensée, de régime politique fait peur. On s’accroche à ce qu’on a plutôt que de foncer tête baissée dans l’inconnu et je le comprends mieux que personne. Le problème est qu’on n’aura pas le choix, en tous cas pas ce choix-là. L’alternative est une société plus sobre et plus juste ou la barbarie. Si vous ne vous décidez pas à agir pour vous-même, faites-le pour mes adorables petits-enfants.
  • Quel calendrier ? Personne n’a de boule de cristal mais le rapport Meadows avait prévu le début des problèmes pour 2020, Le GIEC parle souvent de 2050, beaucoup de scientifiques et d’effondristes comme Yves Cochet évoquent plutôt 2030. L’auteure des « Fantômes du Futur » imaginait en 2018 une phase difficile de 2023 à 2030. Et tous ces gens-là reconnaissent aujourd’hui que ça va plus vite que ce qu’ils avaient calculé ou imaginé. On parle d’emballement. En fait, cela a déjà commencé, de façon plus forte dans certains endroits du monde. Au Liban, 60% de la population est en-dessous du seuil de pauvreté. ( source: Amin Salam, ministre libanais de l’économie). L’Asie du sud-est serait la première région du monde à devenir inhabitable.

Dernier conseil: assistez à une Fresque du Climat, vous comprendrez beaucoup de choses en un temps record et en ressortirez dynamisé, plein d’envie d’agir.

Pour aller plus loin:

ENVIRONNEMENT- EFFONDREMENTS et RESILIENCE

Historique et représentations mentales de la croissance

Le rapport Meadows

Quelques explications sur le célèbre rapport Meadows


Ce texte a pour source une interview récente de Dennis Meadows et tente de donner quelques informations sur ce fameux rapport Meadows dont on parle beaucoup à l’heure actuelle.

En 1970, on demande à un groupe de chercheurs du MIT (Massachusset Institute of Technology) une étude sur l’avenir de l’humanité. Il s’agit de simulations par ordinateur. Selon les choix politiques qui seront actés, on aboutit à 13 scénarios possibles, le plus catastrophique étant dénommé « Business as usual », c’est-à-dire « on continue comme avant ».

Ce rapport a eu un immense retentissement, a été traduit en 35 langues et des scientifiques l’ont comparé année après année à la réalité et en 2020 il colle parfaitement à la réalité. Et nous avons suivi le pire scénario.

Remarque: le dérèglement climatique n’apparait pas dans ces calculs, il est en « bonus », mais la fin de nombreuses ressources, si.

Ce rapport a évidemment été très critiqué dès sa sortie, surtout par des économistes ne l’ayant pas lu. Entre évoluer et critiquer, il est évident qu’il est bien plus facile de critiquer.

En 1972, la population mondiale a atteint 3,6 milliards d’habitants et double tous les 32 ans. A titre de comparaison, au XVIIème siècle, elle n’est que de 500 000 habitants et ne croît que de 0,3% par an. Le rapport prévoit pourtant que nous n’atteindrons pas le poids insupportable de 12 milliards d’habitants parce que la Nature réagit toujours en cas de surpopulation d’une espèce: si on ne restreint pas la fécondité politiquement, des épidémies ou des famines feront le travail, sans parler des guerres.

Quelle démographie ? Cela dépend du train de vie, évidemment, mais il faudrait plutôt être un milliard d’individus que neuf milliards sur notre planète. On peut continuer d’avoir des enfants mais en moins grand nombre et le problème est surtout la répartition des richesses. Ce sont les insatiables très riches qui sont au coeur du problème.

On s’aperçoit aussi que la croissance économique mondiale est encore plus rapide qu’en 1970, alors même que le bien-être moyen de la population mondiale ne s’améliore plus et qu’il a même tendance à diminuer. On sait aussi que la croissance, verte ou autre, ne peut être infinie dans un monde limité. L’expression « développement durable » est un oxymore, comme le souligne Dennis Meadows.

Le début des gros problèmes était prévu en 2020. Depuis 1970 ! Pourquoi sommes-nous incapables de réagir à temps ? Depuis la nuit des temps, l’esprit humain n’a pas eu besoin d’anticiper à long terme, il n’est pas formaté en conséquence. Il agit quand il voit le problème. Malheureusement, le climat a une inertie qui se compte en siècles, un peu comme si on se rendait maintenant compte qu’on est monté dans un train fou.

Ajoutons à cela qu’une société diversifiée, comprenant plusieurs groupes différents dans leurs coutumes, leurs opinions, leur niveau de vie, etc. évolue plus difficilement car il est presque impossible d’obtenir un consensus, il y a toujours un groupe qui est contre. De plus, la plupart des gens ne partent pas d’informations pour trouver des solutions, comme le ferait un esprit scientifique mais plutôt d’une solution qui leur convient et trouvent ou inventent ensuite des informations qui corroborent ce choix.

D’après Dennis Meadows, interrogé récemment, le bien-être et le confort vont poursuivre inéluctablement leur décroissance. Il insiste sur la notion de dépassement en prenant l’exemple d’une personne qui aurait économisé pendant trois ans puis qui dépenserait plus qu’elle ne gagne. On comprend vite que tout va bien pendant un certain temps, tant qu’elle vit sur ses économies, puis qu’elle ne peut plus ensuite continuer avec le même train de vie et qu’elle doit impérativement réduire ses dépenses, d’autant plus si elle n’a pas réagi immédiatement et qu’elle s’est endettée. Aujourd’hui, sans croissance continue, si quelqu’un a plus, un autre aura moins.

Le professeur Meadows prend l’image de parents qui ont un bébé. Ils souhaitent qu’il mange bien et qu’il se développe, qu’il grandisse et prenne du poids. Cependant, à l’adolescence, ils ne souhaitent plus qu’il continue à grandir et à prendre du poids mais plutôt qu’il s’améliore intellectuellement. Pourquoi ne fait-on pas de même avec le monde physique ? Pourquoi nos mentalités n’évoluent-elles pas et ne s’adaptent-elles pas ? « Plus » ne signifie pas « mieux ».

L’idée de succès s’est rétrécie au fait d’avoir plus d’argent. Une vie réussie n’est plus comme auparavant associée à des qualités, comme être un musicien extraordinaire, par exemple, mais au fait de détenir une montre extrêmement chère. La publicité incite également à cette distorsion des valeurs. Il y a donc hélas peu d’espoir d’évolution radicale dans une démocratie. Les riches et tous ceux qui gagnent au système actuel font obstacle à tout changement.

Comment la fin de la croissance va-t-elle se manifester ? « C’est là un problème de court terme », répond Dennis Meadows, « la Nature frappe en dernier ». Pour le moment, en Europe, on fait tourner la planche à billets, en privilégiant le court terme, cette monnaie va donc s’effondrer tôt ou tard car le système n’est pas viable ou alors il va devenir très différent de ce qu’on connait..

On lui pose souvent la question: » Allons-nous parvenir à résoudre le problème? » Mais le problème sera résolu de toutes façons, répond-il, et certainement pas comme on aimerait qu’il le soit. En fait la question que les gens se posent est plutôt: « Est-ce que les riches blancs du Nord vont garder leurs privilèges et leur façon de vivre ? » La réponse est non car cette société ne peut pas durer beaucoup plus longtemps. En aucun cas une société énergivore ne pourra subsister. Cependant cette ère de transition pourrait peut-être s’étaler sur plusieurs centaines d’années. (Personnellement, je suis persuadée que ce sera bien plus rapide).

Le problème n’est pas la démocratie ou quelque système politique que ce soit, mais plutôt les objectifs que ce système se donne. La démocratie elle-même prend d’ailleurs des formes très différentes selon les pays. Si l’objectif est la croissance, comme c’est le cas dans les pays occidentaux en ce moment, c’est fichu. Il faut savoir qu’en cas de crise, les populations choisiront toujours l’ordre plutôt que la liberté. Les promesses d’un dictateur sont mensongères mais simples à comprendre et on a envie d’y croire. Le capitalisme ne serait pas un problème s’il ne négligeait pas les contraintes écologiques, mais il se heurte à de grandes difficultés: comment par exemple taxer le carbone dans les zones de libre-échange, quand chacun fait ce qu’il veut ?

Il est trop tard pour éviter les catastrophes mais on peut encore en limiter la portée en s’adaptant aussi vite que possible. Quels sont les choix qui nous restent? Un problème est défini par la différence entre ce que vous voulez et ce que vous avez, il faut donc soit acquérir plus soit désirer moins pour être heureux.

Il y a deux catégories de problèmes : Les mondiaux, qui demandent une action concertée et que personne ne peut résoudre à lui seul et les universels. Pour ces derniers, chacun peut agir là où il se trouve, en tant qu’individu ou plus sûrement au sein d’un pouvoir local, au niveau d’une commune ou d’une communauté de communes. Cela peut porter sur la pureté de l’eau ou une criminalité locale, la déforestation autour de chez soi, etc.

La résilience est de pouvoir supporter les chocs à venir. Aujourd’hui, on cherche à augmenter l’efficacité au dépens de la résilience. Par exemple, une seule usine d’essuie-glaces dans le monde est plus efficace, c’est-à-dire moins chère à la production. En cas de problème cependant, il n’y a pas de solution de rechange. Pour être résilient il faut placer des tampons anti-chocs, des réserves, plusieurs sources d’approvisionnement… Posons-nous les questions : de quoi ai-je besoin ? Comment puis-je l’obtenir ? En cas de panne ou de rupture, quelles plan B ai-je prévu ? Avoir plusieurs compétences, diversifier ses réseaux améliore la résilience.

Il faut comprendre que tous ces problèmes comme le covid ou l’érosion des sols, le changement climatique ou autre sont en fait des symptômes. Soigner les symptômes n’a pas de sens sur le long terme. Dans 300 ans, le niveau de l’eau pourrait monter de 15 à 20 mètres, placer une digue sur trois mètres est un cautère sur une jambe de bois. Il faut aller à la cause de tous ces problèmes, qui est clairement identifiée: c’est la croissance, y compris démographique.

Ce dont le rapport ne peut rendre compte, ce sont les événements disruptifs comme la récente pandémie de covid et surtout sa gestion. En prenant en compte ces alea encore inconnus mais qui arrivent forcément une année ou l’autre, j’ai pour ma part plutôt l’image d’un escalier que d’une courbe pour notre avenir.

Gardons à l’esprit cependant qu’un mal apporte souvent un bien, ainsi le premier confinement a-t-il un peu et temporairement amélioré le niveau des émissions de CO2. Il a également contribué à un changement de priorités chez nombre de nos concitoyens, valorisant la vie familiale et non plus l’argent gagné au travail, habituant certaines entreprises au télétravail, rendant la Nature et les zones rurales plus attractives. Ces choix politiques ne se traduisent malheureusement pas encore dans les urnes ou en tous cas dans les sondages.

Faut-il en pleurer ? « A quoi sert d’être malheureux devant l’inéluctable ? » réplique le vieux chercheur.

Pour continuer dans ce thème:

Le piège à singe

Les Fantômes du Futur

ENVIRONNEMENT- EFFONDREMENTS et RESILIENCE

Conférence sur l’effondrement de notre société.

texte de Catherine Bernard

La Vie est ainsi faite


La vie est ainsi faite

La première cordée n’a pas beaucoup avancé, c’était difficile, et tout à inventer.

 Ils ont planté le drapeau de l’humanité.

La deuxième vague s’est mise en marche, fièrement, sur les traces. Poussé le drapeau un peu plus loin, oh ! pas beaucoup, mais un peu tout de même, à force d’observation et de persévérance, dans les conditions inimaginables de la vie du début.

La vie est ainsi faite, l’humain est extraordinaire.

Il y eut beaucoup, beaucoup d’autres parents qui ont tout fait pour bien préparer les enfants, pour qu’eux aussi progressent un peu.

La vie est ainsi faite, l’humain est programmé pour toujours plus.

 Les conseils des anciens se sont perdus, ceux qui parlaient de respect et d’équilibre, de tenir sa juste place, tout ça.

La vie est ainsi faite, l’humain manque de sagesse.

Et puis, ils ont voulu aller plus vite. Pas bien loin, pas tous, parce qu’ils n’étaient déjà plus ensemble.

La vie est ainsi faite, l’humain est égoïste.

 Ils croyaient avancer qu’ils reculaient déjà, dans leurs têtes et surtout dans leurs âmes. Ils avaient tout, pas faim ni rien, mais l’héritage, ils le voulaient pour eux, sans souci des suivants. Ils ont bien profité, ils n’ont pas préparé la piste, ils ont savonné la planche.

La vie est ainsi faite, l’humain n’a rien compris.

Les enfants sont arrivés au départ, même pas en colère. Ils ignoraient qu’ils étaient les derniers, c’est tout.

La vie est ainsi faite, l’humain n’entend que ce qui l’arrange.

Pandémie


J’ai la conviction qu’un obstacle sur un chemin plat peut être l’occasion de « lever le pied », de ralentir et changer de rythme, et aussi de s’élever, en reconnaissant ses vraies priorités, en apprivoisant de nouvelles valeurs comme l’amour, le partage, la solidarité ou même la fraternité, ce mot désuet. Cet arrêt momentané et collectif nous rapproche de notre voisin alors même, paradoxalement, que nous devons conserver une distance de sécurité, pour notre santé commune.

Je suis attristée que mon roman Les fantômes du Futur ( éditions Baudelaire – Annick Bourbon Rochette – 21,50) soit à ce point et aussi précisément prémonitoire mais heureusement, il porte un message très positif.

Quelques lectures d’actualité à conseiller :

Et comme on dit maintenant: « bon confinement ! » et surtout prenez soin de vous.

Les Fantômes du Futur

Les Fantômes du Futur Roman d’anticipation


A savoir : une suite a été publiée intitulée « Alice des Deux Côtés du Miroir ».

Un lecteur m’a confié qu’il n’aime pas les romans d’anticipation, est agacé par les discours écologistes, ne goûte pas la Mythologie et a pourtant été « happé » (c’est le terme qu’il emploie), dès les premières pages. Il semble que chacun trouve ce qui lui plait, qui varie d’un lecteur à l’autre. Je conseille de le lire une deuxième fois car il a été écrit pour cela. Certains indices semés çà et là font que la seconde lecture est différente de la première.

Cependant, quelques personnes avouent avoir eu du mal sur les premières pages où sont mentionnés plusieurs personnages (trop à la fois ?). Il faut savoir que dans ce roman atypiques les personnages n’ont pas grand intérêt. Seul compte ce qu’ils apportent à la communauté. Il y a certes un tableau récapitulatif à la fin mais il est inutile d’essayer de retenir les noms ou de se poser trop de questions. Vous retiendrez naturellement ceux qui sont importants pour vous. Comme l’écrit Aragon: « Rien ne passe après tout si ce n’est le passant. »

Ce roman d’anticipation atypique vous séduira par son énergie, son optimisme résolu et la palette des émotions humaines qui colorent l’histoire. La suite, réclamée à corps et à cris, est parue sous le titre Alice des Deux Côtés du Miroir. La tonalité et le thème sont très différents.

Enfin, les retours de lecteurs sont très positifs mais « on ne sort pas indemne de cette lecture », disent certains.

J’ai depuis publié une suite: Alice des Deux Côtés Du Miroir.

Et sur ce blog, vous pouvez lire quelques explications supplémentaires.

Les Fantômes du Futur – Roman d’anticipation

Réponses aux questions les plus fréquentes:

  • Pourquoi la présence de lettres hébraïques anciennes ?

On peut les ignorer et ne voir qu’une étrange décoration. Cependant, elles ont guidé mon imagination et forment pour moi l’architecture du texte. Une tentative d’explication se trouve en fin du livre.

Pour donner un exemple, la lettre Beth a gardé la forme du dessin originel, un abri ou une matrice. Elle est symbolique et correspond à l’achat de la maison pour commencer l’Arche.

  • A quoi servent les gaulois ?

Ils sont là pour s’étonner et nous renvoyer une image distanciée de nos actions. Nous marchons sur la tête mais peut-être faut-il être à l’extérieur pour s’en rendre compte.

  • Pourquoi cette scène doucement érotique mais incongrue ?

La rencontre de deux âmes passe parfois par la rencontre de deux corps. C’est la vie, cela fait même partie de la beauté de la vie, il n’y a alors aucune raison de la passer sous silence.

On pourra voir aussi des symboles cachés dans la position ou la couleur des corps: le yin et le yang, le Bien surmontant le Mal…

  • Pourquoi ne pas s’être arrêté à 2030 et la deuxième partie aurait fait l’objet d’un autre roman ?

Il est vrai que l’effondrement et la reconstruction sont très différents, au point qu’ils ne semblent pas être écrits par la même personne. La première partie est proche de la réalité et peut sembler parfois prémonitoire (l’écriture a été terminée fin novembre 2018). Les idées sont arrivées de nuit, dans un demi-sommeil, donnant parfois l’impression d’être dictées. Dans la deuxième partie, en revanche, j’ai eu l’impression d’être beaucoup plus libre et j’ai laissé vagabonder mon imagination. Ceci explique que certains lecteurs préfèrent de loin l’une ou l’autre partie.

  • Pourquoi angoisser les lecteurs ?

Mon roman n’est anxiogène que pour certains lecteurs, mais en fait, c’est notre situation , notre actualité qui est angoissante. Certains voient au contraire dans cette lecture un optimisme béat et d’autres un équilibre sur le fil entre la violence et l’amour.

Quelques réactions qui m’ont fait chaud au coeur:

  • Il y a un avant et un après la lecture de ce livre. On n’est plus le même, on apprécie beaucoup plus chaque instant de notre vie.
  • J’ai planté des arbres fruitiers autour de ma propriété de manière à ce que plus tard, les passants puissent cueillir quelques fruits.
  • J’avais toujours envie de connaître la suite, je ne pouvais pas m’empêcher de tourner les pages les unes après les autres, j’avais du mal à le lâcher, à faire une pause.
  • C’est un livre qui ne nous quitte pas, qui nous accompagne en pensée chaque jour.
  • Je vais le relire, je pense que je n’aurais plus le même regard, il m’a fait évoluer.
  • La Loire était presque à sec et j’ai encore pensé à ton livre…
  • Si un effondrement survient, je saurais mieux quoi faire, je me serai préparée, au moins psychologiquement et un peu matériellement, en changeant mes habitudes.
  • Votre roman m’a redonné l’envie de lire.
  • En fait, la lecture a été difficile psychologiquement car c’est plus qu’un roman, cela ressemble tellement à notre histoire.

Autres remarques suite aux rencontres des lecteurs:

  • Nous sommes parfois agacés de voir que d’autres ne font pas les mêmes efforts que nous pour préserver notre futur sur la planète terre. En fait, je crois que chacun est quelque part sur son chemin, occupons-nous déjà de nous-mêmes, nous avons beaucoup à faire et encore trop d’incohérences sur lesquelles travailler. Gardons-nous de juger.
  • Sans être en accord avec nous-mêmes, pas de bonheur possible.
  • Solidarité et appui sur la diversité seront deux conditions pour mieux vivre.
  • La prise de conscience et le changement se fait, hélas, dans des conditions dramatiques. L’humain n’est pas raisonnable.
  • Si l’on se reporte seulement un an ou deux en arrière, on s’aperçoit que les consciences et les habitudes ont déjà beaucoup évolué. Le réchauffement climatique, par exemple, fait la une des media.
  • Le travail de deuil, nécessaire lorsqu’on comprend que des changements sont inéluctables, passe par plusieurs phases. Or, dans l’angoisse, on n’est pas performant pour évoluer et reconstruire. Lorsque, après la tristesse, après la recherche parfois compulsive d’informations, on passe à l’action, quelle qu’elle soit, on commence à prendre de la distance et à surmonter le défaitisme. On se sent mieux.
  • Beaucoup de gens se tournent vers d’autres valeurs, vivent en éco-lieux, en communauté. Des forces vives et jeunes nous donnent de l’espoir.
  • Rappel : adhérez au mouvement des Coquelicots ( pour l’arrêt des pesticides).
  • Vous pouvez aussi assister à une Fresque du Climat et pourquoi pas devenir animateur.

Questions posées lors des rencontres et auxquelles vous pouvez répondre en commentaire:

  • Quel est votre passage préféré ?
  • La lecture du roman a-t-elle modifié quelque chose pour vous ?
  • Quelles sont selon vous les raisons d’espérer ?

Dans le même esprit, lisez ce magnifique texte de Catherine Bernard: https://annbourgogne.wordpress.com/divers/texte-de-catherine-bernard/

Les Gens pleurent la nuit

Le piège à singe

La forêt jardin

Un rêve étrange

Je recommande aussi Et Toujours les Forêts de Sandrine Collette. Ceux qui aiment mon roman apprécieront le sien et inversement.

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