Hiver 2015- 2016


carte postale

Après la folie furieuse et la haine de cette fin d’année 2015, je vous souhaite de connaître une année 2016 apaisée et constructive.

Apaisée par le temps de la réflexion, arrivant après celui des sentiments exacerbés : colère, angoisse, etc. qui sont de mauvais conseillers comme chacun sait.

Constructive car il va bien falloir qu’on se mette enfin à préparer ce changement de civilisation inéluctable, à nous y préparer aussi et à préparer nos enfants. Le film Demain peut aider.

On peut aussi espérer qu’on imaginera enfin d’autres valeurs que l’argent, des valeurs comme la générosité, l’entraide. Un peu partout sur notre planète, nous assistons à la création de groupes qui fonctionnent autrement : le covoiturage, la colocation, les jardins partagés, les maisons auto-suffisantes et tant d’autres choses encore à imaginer, comme cette machine à nettoyer les océans. Nous avons des raisons d’espérer et sans l’espoir il n’y a pas d’action.

Je fais partie depuis deux ans d’un groupe de tai Chi Taoiste : dans notre ville, nous étions trois personnes il y a deux ans, nous sommes plus de 100 maintenant et chaque semaine des nouveaux arrivent. Au milieu de la séance, nous prenons le thé ou toute autre boisson non alcoolisée ensemble. Ce temps fait intégralement partie de l’apprentissage. Nous discutons. Au fil des semaines, nous voyons les gens s’ouvrir aux autres, ils reçoivent et découvrent le plaisir de donner. Il n’y a aucun jugement et peu à peu les personnes se détendent, perdent leur carapace, apportent elles aussi des caramels faits maison ou tout autre chose qu’ils ont envie de partager. Un jeune homme, très renfermé au départ, discute aimablement avec une personne âgée : elle lui transmet la recette de sa grand-mère : un gâteau à la peau de lait… La vie est aussi faite de ces petits riens qui donnent des raisons d’espérer.

Bref, en ce mois de décembre, laissez-moi croire au Père Noël.

Printemps 2013


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Cette admirable sculpture du Louvre nous rappelle si besoin que le printemps est la saison des amours et que sans amour et altruisme, il ne peut y avoir de paix.

  • Pour commencer cette saison et toujours dans l’esprit d’altruisme, je conseillerai non pas un livre mais un auteur : Alexander McCall Smith. Essayez et dites-moi ce que vous en pensez. J’ai lu avec bonheur la série de Ma Ramotswe détective qui se passe au Bostwana. Je parcours en ce moment Les Charmants Travers de nos Semblables, et je me retrouve à Edimbourg.
  • Enfin je lis pour la première fois le texte de Peter Pan dans les Jardins de Kensigton dont je savoure l’humour et la fraîcheur.

« Descendre la Bosse en courant est un jeu extrêmement drôle, sauf les jours de grand vent parce que, cela va de soi, vous n’y êtes pas ces jours-là : les feuilles mortes jouent à votre place. Il n’y a guère qu’une feuille morte qui sache autant s’amuser. »

  • Un recueil de nouvelles qui ne se prennent pas au sérieux mais qui sont – c’est assez rare aujourd’hui  pour le relever – très bien écrites :  Sept Histoires qui reviennent de loin / Jean-Christophe Rufin
  • Une pensée amicale pour ces personnes qui, quelque part dans le monde, s’intéressent à la langue française et à mon modeste blog.  Je ne peux citer tous les pays concernés où, un jour ou l’autre, et parfois chaque jour, quelqu’un lit un de mes articles, mais chaque jour je parcours la liste géographique et je me réjouis que, sans même nous connaître, nous ayons ce lien culturel et humain.
  • Et voici les articles :

Tricot et associations d’idées

C’est une chose étrange à la fin que le monde – Louis Aragon

flûtes d’apéritif

Premier trimestre 2013


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Une image d’entrée festive pour bien commencer l’année 2013 :  du saumon fumé découpé avec un emporte-pièce, posé sur une chips de crevettes et saupoudré de chips de crevettes. Vraiment facile, bon et léger, et très décoratif placé avec d’autres amuse-bouches.

Que vous souhaiter : de conserver ce que vous avez déjà, d’obtenir ce que vous n’avez pas encore ou bien d’acquérir la sagesse de vous en passer…

Je vous souhaite de savoir ne rien attendre des autres mais d’être émerveillé par ce qu’ils vous offriront, à un moment, dans un lieu ou d’une manière qui vous surprendront. Et trinquons aux belles surprises de 2013 !

Au mois de Mars, n’oubliez pas de fêter comme il se doit les femmes et les grands-mères et d’assister /participer au carnaval de Chalon/Saône.

  • Un premier livre que je conseille mais qui n’est peut-être pas traduit en français encore. C’est un traité d’anthropologie écrit avec vivacité et humour, Kate Fox observe avec finesse ses concitoyens. Chaque groupe humain a ses règles non-dites et bien sûr leur observation ou les réactions à leurs non-observations sont très instructives.

– Kate Fox : Watching the English – The hidden rules of English behaviour

Voici un petit extrait sur « the understatement rule »

The understatement rule means that […] a truly horrific experience [must be described as ] « well, not exactly what I would have chosen ».

  • et un deuxième, ou plutôt une série, celle des Marc Aper, brillant avocat gaulois en 77 après Jésus-Christ. L’auteure, Anne de Leseleuc, est devenue une spécialiste de cette époque dans une deuxième vie ( elle était directrice de théâtre dans sa première vie, jusqu’à l’âge de 37 ans, où elle reprit ses études) et les romans policiers qu’elle écrit sont extraordinairement documentés, tout en ménageant un excellent suspense et des personnages attachants.
  • et une page facebook pour qui aime la Northumbria au Nord de l’Angleterre.
  • les articles :

saints de mauvaise vie

cultiver son bonheur

– Il est libre Max

anecdotes

automne 2012


Regent's park - Londres
Regent’s park – Londres

Une petite citation pour commencer la saison, traduite d’une phrase de Bob Marley:

Il est inutile que ta présence se remarque, fais plutôt en sorte que ton absence se ressente.

Quatre articles , dont un dû pour la première fois à une contributrice, Annie Hupé, que je remercie chaleureusement.

suggestion de lecture : le dernier roman de J K Rowling, intitulé Une Place à Prendre dans la traduction française. Il n’y a pratiquement aucun suspense mais j’ai beaucoup aimé la justesse de l’analyse psychologique et le fait que chaque individu ait ses zones d’ombre mais aussi ses qualités cachées. C’est très bien fait et loin d’être simpliste. Cependant, je pense qu’un certain vécu et une maturité sont nécessaires pour l’apprécier, moins de 30 ans s’abstenir.

Merci à ceux qui sont venus applaudir avec leurs enfants les contes musicaux du Le Chat Troubadour lors de son week-end à Saint-Loup de Varennes si vous êtes en Bourgogne le dernier week-end de septembre !

Sorties : Si vous êtes à Londres, allez voir la superbe exposition sur les pré-raphaélites à laTate Gallery.

Toujours en Angleterre, dans ce jardin de l’Angleterre qu’est le Kent, allez passer une journée dans le  Château de Hever, XIIIème siècle, qui fut autrefois la demeure d’enfance de Anne Boleyn. De magnifiques jardins, un restaurant très bon rapport qualité/prix et on peut aussi admirer des portraits historiques de la famille Tudor datant du XVIème siècle ainsi que deux livres d’heures signés et dédicacés par Anne Boleyn .

Enfin,plus près de Londres, les jardins de Kew sont magnifiques avec leurs couleurs d’automne !

actualité :

  • Pour ce 11 novembre 2012, on pourrait penser que tout a été dit sur cette célébration de l’armistice 1918, cependant Kader ARIF, Ministre délégué auprès du ministre de la défense, en charge des anciens combattants, nous livre un message intelligent et fin, court mais dense. A travers l’allusion aux morts récents d’Afghanistan, il souligne l’actualité de cette commémoration, lui, le descendant d’immigré qui parle au nom de sa patrie, de notre pays. Il laisse entrevoir toutes ces guerres auxquelles nous ne pensons guère parce qu’elles sont sur le territoire d’autres gens et elles ont été nombreuses : dans le désordre, l’Indochine, le Tchad, l’Algérie…et tant d’autres. Il parle de la douleur des peuples et d’espoir de paix.

Mai 2012


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A quoi ressemble le monde vu par un enfant ?

  • D’abord un hommage à Jannick, une grande dame trop tôt disparue, qui a souhaité partager avec les enfants la beauté et l’émotion de la littérature et de la musique. Une personne parmi tous ceux qui œuvrent dans les associations, donnant de leur temps et surtout de leur cœur, loin du bling-bling et des spots.
  • Un autre hommage à Pierre Magnan, cet écrivain formé par Jean Giono, et qui nous a quitté lui aussi.
  • Ensuite, un espoir, ténu certes, pour que la France retrouve ses valeurs de liberté, de fraternité et d’égalité à travers le rassemblement, la solidarité et la justice. Pour moi, tous ceux qui font leur la devise de notre pays méritent le titre de Français, et ceux qui préfèreraient une autre devise, comme « travail, famille, patrie », par exemple, ne méritent pas de faire partie de notre communauté, quelques soient leurs ancêtres ou leur lieu de naissance et de vie, leur religion ou leur athéisme… C’était la parenthèse politico-morale, nous pouvons passer à autre chose, juste après ce magnifique poème de Pierre Léger :
Votons !
Votons pour les plus doux, les humbles, les modestes !
Votons pour la rosée qui perle sur les grains,
contre l’or et les gains
des soudards en ligue,
les durs, les glorieux
et leurs armées d’airain.

Votez pour le berger et son troupeau d’étoiles,
pour la joie qui demeure par delà les saisons !

Votez contre les clous ! Votez contre les pierres !

Votez pour les paroles traversant l’horizon,
contre l’ombre agrippée à nos sueurs, nos moissons,
pour les mots murmurés contre tous les chagrins,
votez pour l’espérance,
votez pour le matin !

avril 2012


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Photo prise à Londres – Fin mars 2012.

  • A voir absolument si vous êtes de passage à Londres : l’expo photo sur les animaux située à l’extérieur du Science Museum.
  • une lecture conseillée : Antechrista d’Amélie Nothomb. Un petit livre qui se lit très vite mais qui est formidablement efficace pour montrer la perversité à l’œuvre. Pour avoir côtoyé une perverse narcissique dans ma vie professionnelle, je peux certifier que c’est très bien observé.
  • une anecdote :
Un jour pendant l’Occupation, alors que Picasso vivait à Paris, la Gestapo a pénétré dans son atelier.
Ils ont vu son tableau « Guernica ».
L’un des hommes lui a demandé:
« C’est vous qui avez fait ça? »
Picasso leur a répondu:
« Non.
C’est VOUS. »

Et un premier article, pas très printanier, je l’avoue, suivi d’un deuxième, de type « feuilleton ».

mars 2012


Oeuvre de Dali au Château de Pommard
Œuvre de Dali au Château de Pommard

Une petite citation amusante de Victor Hugo pour commencer ce mois printanier :

Il y a des gens qui vous laissent tomber un pot de fleurs sur la tête d’un cinquième étage et qui vous disent : je vous offre des roses .

Et cette autre, très belle,  de Christian Robin (en remerciant au passage Batihouman dont je conseille le blog.)

  « le bonheur, ce n’est pas une note séparée, c’est la joie que deux notes ont à rebondir l’une contre l’autre »

Et puis cette œuvre de Dali à la gloire de l’acte sexuel, puisque c’est le printemps et que les hormones se réveillent …La muraille est vaincue, la virginité est morte, très explicite mais tellement réussi.

Un premier article :

Et puis une ravissante petite fable de Henri Gougaud :

La jarre fendue
Un pauvre homme, tous les matins, allait remplir à la rivière deux grosses jarres qu’il portait aux deux bouts d’un bâton de fer posé au travers de sa nuque. Celle de droite était parfaite, joufflue, luisante, fière d’elle. Celle de gauche était fêlée. Elle perdait son eau en chemin, et donc elle s’estimait mauvaise. Elle en souffrait. Elle avait honte, tellement honte qu’un beau jour elle osa dire, toute en pleurs :
– Pardonne-moi, pauvre porteur.
– Te pardonner ? répondit l’homme. Pourquoi donc ? Qu’as-tu fait de mal ?
– Allons, tu sais bien, chaque jour tu nous emplis d’eau à ras bord, tu t’échines, tu t’exténues à nous porter à la maison, et quand enfin nous arrivons, ma compagne a fait son devoir, elle a la conscience tranquille. Moi, non. Je sens qu’elle me méprise. J’aimerais être comme elle est, mais vois, je suis vide à moitié, et tu dois m’en vouloir beaucoup.
– On non, au contraire, dit l’homme. Regarde le bord du chemin, de ton côté. Qu’est-ce que tu vois ?
– Des fleurs partout. Elles sont superbes.
– L’eau que tu perds, jarre fendue, les arrose tous les matins. Tous les matins elles te bénissent, et moi je te bénis aussi, car chaque jour je peux offrir un beau bouquet à mon épouse. Tu fais la joie de ma maison. Regarde de l’autre côté. Ta compagne, certes, est parfaite, mais que vois-tu ?
– Cailloux, poussière.
– Chacun fait selon sa nature. Ne change rien, ma bonne amie. Et ne regrette pas tes failles. Vois comme elles nourrissent la vie.
Henri Gougaud, Le livre des chemins