2014


promenade vers Thau (5)

Tous mes vœux pour une savoureuse année : je vous souhaite de profiter de tout ce qui vous est offert, soyez gourmand de chaque instant et faites en sorte que « L’essentiel ne soit pas menacé sans cesse par l’insignifiant » comme le dit si justement René Char.

Je veux dire que je pense à mes lecteurs du monde entier : chaque jour, je regarde dans quel pays un ou une inconnu(e) a partagé un instant avec moi, le temps d’une courte lecture, et j’ai une pensée pour l’île Maurice ou l’Islande,  pour Saint Pierre et Miquelon ou la Russie, pour cette classe en France qui s’est donné le mot pour lire ce que j’avais écrit sur un sujet qu’ils ont à traiter, pour ce groupe de francophiles allemands qui suit ce blog et en discute lors de leurs réunions, pour ce professeur d’Université qui m’a demandé l’autorisation de se servir d’un de mes articles, quelque part sur la Terre…et tant d’autres. A tous, merci !

Une citation de Wells :

Pour qu’un monde meilleur puisse exister un jour, il faut déjà que quelqu’un, quelque part, commence par l’imaginer et le décrire.

C’est tellement vrai que nos pires angoisses ou nos pires cauchemars ont commencé à prendre forme sur le papier : Le Meilleur des Mondes (A. Huxley) mais aussi Mein Kampf ou le petit livre rouge de Mao. Les horreurs du XXème siècle nous ont appris à nous méfier des utopies. Un monde se construit peu à peu. Imaginer un monde meilleur, c’est un peu comme imaginer un adulte sans passer par son enfance, un robot en somme.

Pensée personnelle :

En ces temps de commémoration du débarquement, qui sont aussi des temps où la haine de l’autre retrouve des arguments pour se justifier, j’aimerais simplement faire part d’une réflexion. Depuis que je suis enfant (je suis née une dizaine d’année après la guerre), le peuple allemand porte la honte d’une erreur de vote de leurs parents. Il est évident que la plupart de ceux qui ont voté Hitler étaient loin de souhaiter tout ce qui suivrait. Avec beaucoup de courage, ce peuple meurtri a assumé ses responsabilités politiques, financières, morales. On a souvent oublié que les premiers résistants étaient allemands, et que nous ne les avons pas aidés, on a souvent dit « les allemands » au lieu de spécifier « les nazis ». On passe sous silence que les exactions commises l’ont été aussi par les autres belligérants, on n’évoque pas le fait qu’Hitler a envoyé au massacre les jeunes allemands : les plus jeunes soldats à la fin de la guerre avaient moins de quatorze ans !

Cette année, alors que nous n’avons plus l’excuse de ne pas savoir ce qu’est vraiment le fascisme, notre pays s’est déterminé pour l’extrême-droite lors des dernières élections, avec l’aide efficace de ceux qui ne se prononcent pas, mais on sait bien que la force des méchants vient toujours de l’apathie des faibles.

Cette année, l’Allemagne peut vraiment et définitivement relever la tête. Nous avons prouvé que nous sommes tous humains, qu’il n’y a pas un peuple plus valeureux que l’autre et que nous pouvons tous nous tromper de bulletin de vote.  Les conséquences ne sont pas les mêmes, heureusement, mais le geste est semblable : placer un bulletin dans l’urne.

 

Conseils de lecture :

  • Le Messager du Crocodile  de Jean-Claude Lavaud aux éditions L’Harmattan. L’auteur est docteur en anthropologie, il connait bien et aime le Burkina Faso, où se situe cette belle histoire, pleine d’enseignements et de sentiments. Le rythme est rapide, on se laisse prendre dès le début. Le style est simple, sans fioriture, il ne s’agit pas de littérature, mais on passe un bon moment à le lire même si la présentation des personnages est un peu confuse au départ et la fin n’apaise pas notre curiosité : une suite serait bienvenue.
  • Avant d’aller dormir de SJ Watson. Ce n’est pas une nouveauté, l’édition est de 2011 mais ce premier roman est d’une maturité exceptionnelle. On reste scotché, sans pouvoir poser le livre, avec un suspense qui se renforce au fil des pages jusqu’à la fin. Un livre sur la mémoire aussi puisque l’héroïne est amnésique, avec une analyse fine du « souvenir », qui nous renvoie à nos propres souvenirs et aux réactions parfois incompréhensibles de celui qui souffre et qui se sent à la merci des autres. Un livre sur le temps qui passe aussi, sur la vieillesse, les erreurs, les occasions ratées…Bref, un bon livre.

 articles :

croquettes thon/olives : une recette économique et délicieuse

perdre quelques kilos superflus

Trucs et astuces

Marguerite d’Autriche et le Monastère de Brou

Cette page continuera de se remplir au fil des prochains mois.

automne 2013


crépuscule
crépuscule

Pour saluer l’automne et ses belles couleurs, voici une première pensée ou, comme on me reprochait sans cesse lorsque j’étais enfant, une promenade sur la lune.

  • Depuis la lune, donc, je vois Jules César en train de se faire assassiner. Il retrouve au moment de mourir sa langue d’enfance, celle de sa nourrice, le grec, et non le latin, pour s’étonner de la présence de son fils adoptif parmi les assassins. Ce « Toi aussi mon fils » après lequel il abandonnera toute résistance et se couvrira seulement le visage de sa toge avant de s’écrouler, nous a émus, bien naturellement.  J’aimerais cependant imaginer ce qui se passait à ce moment dans la tête de Brutus, qui a un nom si peu sympathique. Que voulaient les conjurés ? Peut-être avaient-ils peur de voir Jules, déjà César, prendre peu à peu tous les pouvoirs et se diriger vers une dictature ? Peut-être étaient-ils bien intentionnés, ces assassins ? De ces bonnes intentions dont l’enfer est pavé… Et Brutus, justement, avait peut-être été poussé à prendre part à cet assassinat, par solidarité, et il s’était effacé, avec ses sentiments personnels, devant le devoir. Ce dernier cri lui a-t-il déchiré le cœur ? L’a-t-il hanté ensuite ? Ou bien avions-nous affaire à un cynique, uniquement préoccupé de son avenir personnel en politique ? On nous a trop peu parlé de Brutus, il n’a pas fait l’Histoire, finalement, et le jeune Césarion non plus, assassiné lui aussi. Et l’Histoire s’est faite quand même, autrement…
  • Pour changer de sujet, voici un film qui m’a donné à penser, aussi. Un film sur le peu de cas qu’on fait de la vie d’un homme, parfois. Un film sur deux destins de soldats, perdus dans le Caucase, et qui ne savent pas vraiment pourquoi ils se battent, pas plus que leurs ennemis. Un film où de manière inattendue, comme un petit bout d’arc-en-ciel, un petit peu d’humanité surgit, quand on ne l’attend plus. Le prisonnier du Caucase – de Serguei Bodrov.
  • et puis une citation optimiste de Thalès (oui, celui du théorème) « Rien n’est plus rare qu’un tyran qui vieillit ». Malheureusement, je trouve qu’aujourd’hui, ils vieillissent pas mal.
  • et quand même un article (ouh la paresseuse !) : Armstrong – Claude Nougaro

Premier trimestre 2013


Image

Une image d’entrée festive pour bien commencer l’année 2013 :  du saumon fumé découpé avec un emporte-pièce, posé sur une chips de crevettes et saupoudré de chips de crevettes. Vraiment facile, bon et léger, et très décoratif placé avec d’autres amuse-bouches.

Que vous souhaiter : de conserver ce que vous avez déjà, d’obtenir ce que vous n’avez pas encore ou bien d’acquérir la sagesse de vous en passer…

Je vous souhaite de savoir ne rien attendre des autres mais d’être émerveillé par ce qu’ils vous offriront, à un moment, dans un lieu ou d’une manière qui vous surprendront. Et trinquons aux belles surprises de 2013 !

Au mois de Mars, n’oubliez pas de fêter comme il se doit les femmes et les grands-mères et d’assister /participer au carnaval de Chalon/Saône.

  • Un premier livre que je conseille mais qui n’est peut-être pas traduit en français encore. C’est un traité d’anthropologie écrit avec vivacité et humour, Kate Fox observe avec finesse ses concitoyens. Chaque groupe humain a ses règles non-dites et bien sûr leur observation ou les réactions à leurs non-observations sont très instructives.

– Kate Fox : Watching the English – The hidden rules of English behaviour

Voici un petit extrait sur « the understatement rule »

The understatement rule means that […] a truly horrific experience [must be described as ] « well, not exactly what I would have chosen ».

  • et un deuxième, ou plutôt une série, celle des Marc Aper, brillant avocat gaulois en 77 après Jésus-Christ. L’auteure, Anne de Leseleuc, est devenue une spécialiste de cette époque dans une deuxième vie ( elle était directrice de théâtre dans sa première vie, jusqu’à l’âge de 37 ans, où elle reprit ses études) et les romans policiers qu’elle écrit sont extraordinairement documentés, tout en ménageant un excellent suspense et des personnages attachants.
  • et une page facebook pour qui aime la Northumbria au Nord de l’Angleterre.
  • les articles :

saints de mauvaise vie

cultiver son bonheur

– Il est libre Max

anecdotes

automne 2012


Regent's park - Londres
Regent’s park – Londres

Une petite citation pour commencer la saison, traduite d’une phrase de Bob Marley:

Il est inutile que ta présence se remarque, fais plutôt en sorte que ton absence se ressente.

Quatre articles , dont un dû pour la première fois à une contributrice, Annie Hupé, que je remercie chaleureusement.

suggestion de lecture : le dernier roman de J K Rowling, intitulé Une Place à Prendre dans la traduction française. Il n’y a pratiquement aucun suspense mais j’ai beaucoup aimé la justesse de l’analyse psychologique et le fait que chaque individu ait ses zones d’ombre mais aussi ses qualités cachées. C’est très bien fait et loin d’être simpliste. Cependant, je pense qu’un certain vécu et une maturité sont nécessaires pour l’apprécier, moins de 30 ans s’abstenir.

Merci à ceux qui sont venus applaudir avec leurs enfants les contes musicaux du Le Chat Troubadour lors de son week-end à Saint-Loup de Varennes si vous êtes en Bourgogne le dernier week-end de septembre !

Sorties : Si vous êtes à Londres, allez voir la superbe exposition sur les pré-raphaélites à laTate Gallery.

Toujours en Angleterre, dans ce jardin de l’Angleterre qu’est le Kent, allez passer une journée dans le  Château de Hever, XIIIème siècle, qui fut autrefois la demeure d’enfance de Anne Boleyn. De magnifiques jardins, un restaurant très bon rapport qualité/prix et on peut aussi admirer des portraits historiques de la famille Tudor datant du XVIème siècle ainsi que deux livres d’heures signés et dédicacés par Anne Boleyn .

Enfin,plus près de Londres, les jardins de Kew sont magnifiques avec leurs couleurs d’automne !

actualité :

  • Pour ce 11 novembre 2012, on pourrait penser que tout a été dit sur cette célébration de l’armistice 1918, cependant Kader ARIF, Ministre délégué auprès du ministre de la défense, en charge des anciens combattants, nous livre un message intelligent et fin, court mais dense. A travers l’allusion aux morts récents d’Afghanistan, il souligne l’actualité de cette commémoration, lui, le descendant d’immigré qui parle au nom de sa patrie, de notre pays. Il laisse entrevoir toutes ces guerres auxquelles nous ne pensons guère parce qu’elles sont sur le territoire d’autres gens et elles ont été nombreuses : dans le désordre, l’Indochine, le Tchad, l’Algérie…et tant d’autres. Il parle de la douleur des peuples et d’espoir de paix.

avril 2012

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Photo prise à Londres – Fin mars 2012.

  • A voir absolument si vous êtes de passage à Londres : l’expo photo sur les animaux située à l’extérieur du Science Museum.
  • une lecture conseillée : Antechrista d’Amélie Nothomb. Un petit livre qui se lit très vite mais qui est formidablement efficace pour montrer la perversité à l’œuvre. Pour avoir côtoyé une perverse narcissique dans ma vie professionnelle, je peux certifier que c’est très bien observé.
  • une anecdote :
Un jour pendant l’Occupation, alors que Picasso vivait à Paris, la Gestapo a pénétré dans son atelier.
Ils ont vu son tableau « Guernica ».
L’un des hommes lui a demandé:
« C’est vous qui avez fait ça? »
Picasso leur a répondu:
« Non.
C’est VOUS. »

Et un premier article, pas très printanier, je l’avoue, suivi d’un deuxième, de type « feuilleton ».

mars 2012


Oeuvre de Dali au Château de Pommard
Œuvre de Dali au Château de Pommard

Une petite citation amusante de Victor Hugo pour commencer ce mois printanier :

Il y a des gens qui vous laissent tomber un pot de fleurs sur la tête d’un cinquième étage et qui vous disent : je vous offre des roses .

Et cette autre, très belle,  de Christian Robin (en remerciant au passage Batihouman dont je conseille le blog.)

  « le bonheur, ce n’est pas une note séparée, c’est la joie que deux notes ont à rebondir l’une contre l’autre »

Et puis cette œuvre de Dali à la gloire de l’acte sexuel, puisque c’est le printemps et que les hormones se réveillent …La muraille est vaincue, la virginité est morte, très explicite mais tellement réussi.

Un premier article :

Et puis une ravissante petite fable de Henri Gougaud :

La jarre fendue
Un pauvre homme, tous les matins, allait remplir à la rivière deux grosses jarres qu’il portait aux deux bouts d’un bâton de fer posé au travers de sa nuque. Celle de droite était parfaite, joufflue, luisante, fière d’elle. Celle de gauche était fêlée. Elle perdait son eau en chemin, et donc elle s’estimait mauvaise. Elle en souffrait. Elle avait honte, tellement honte qu’un beau jour elle osa dire, toute en pleurs :
– Pardonne-moi, pauvre porteur.
– Te pardonner ? répondit l’homme. Pourquoi donc ? Qu’as-tu fait de mal ?
– Allons, tu sais bien, chaque jour tu nous emplis d’eau à ras bord, tu t’échines, tu t’exténues à nous porter à la maison, et quand enfin nous arrivons, ma compagne a fait son devoir, elle a la conscience tranquille. Moi, non. Je sens qu’elle me méprise. J’aimerais être comme elle est, mais vois, je suis vide à moitié, et tu dois m’en vouloir beaucoup.
– On non, au contraire, dit l’homme. Regarde le bord du chemin, de ton côté. Qu’est-ce que tu vois ?
– Des fleurs partout. Elles sont superbes.
– L’eau que tu perds, jarre fendue, les arrose tous les matins. Tous les matins elles te bénissent, et moi je te bénis aussi, car chaque jour je peux offrir un beau bouquet à mon épouse. Tu fais la joie de ma maison. Regarde de l’autre côté. Ta compagne, certes, est parfaite, mais que vois-tu ?
– Cailloux, poussière.
– Chacun fait selon sa nature. Ne change rien, ma bonne amie. Et ne regrette pas tes failles. Vois comme elles nourrissent la vie.
Henri Gougaud, Le livre des chemins

juillet 2011


Place St Marc - Venise
Place St Marc - Venise

Une citation :  » Ils peuvent parce qu’ils croient qu’ils peuvent » – Virgile

 Sortie : Le musée de la première photographie à Saint-Loup de Varennes est passionnant, géré par des passionnés dynamiques. Ils viennent d’ouvrir une route de la photographie. Pour en savoir plus : musée de la première photographie

Vous pourrez passer la nuit dans une charmante chambre d’hôtes : La Maison du Chat Troubadour

à lire : l’évasion des plombs de Venise par Casanova. On trouve ce livre à la boutique du palais des doges. Casanova raconte son évasion des célèbres prisons vénitiennes, brûlantes l’été et glaciales l’hiver sous les toitures en plomb (d’où le nom qu’on leur donnait). Elles étaient réputées pour justement l’impossibilité de s’en évader. Il est possible cependant que Casanova ait inventé cette belle histoire pour cacher le fait qu’il avait simplement soudoyé les gardiens.

à savoir : toujours sur Venise.

  • Sur certains tableaux, le célèbre lion est représenté avec un livre fermé et non pas ouvert : cela signifie qu’à l’époque, Venise était en guerre. Le livre n’est ouvert qu’en temps de paix.
  • les doges ont tous leur portrait dans l’immense salle du palais,  sauf un. A sa place, un panneau noir marque l’infamie d’avoir fomenté un  complot.

articles :

Mars 2010


carnaval 2010 Chalon /s/Saône
carnaval 2010 Chalon /s/Saône
  • Voici venu le temps de carnaval, suivi par l’arrivée du printemps et les premières primevères. On dit au revoir à ce long hiver et puisque l’humeur est guillerette, je me permets une petite histoire drôle, n’en déplaise à Michel Polnareff dont j’apprécie fort le talent.

Un homme âgé, disons 80 ans, discute avec son médecin : « C’est incroyable, ma jeune épouse va avoir un enfant. Je ne pensais pas être père à mon âge ! »

–  C’est incroyable en effet, répond le médecin et je vais vous demander votre avis sur une étrange histoire. Imaginez un homme qui se promène en forêt avec son bâton de marche. Il avise un chevreuil et par jeu le met en joue avec son bâton et fait mine de tirer. Le chevreuil tombe mort, atteint d’une balle en pleine tête. Quelle explication donnez-vous ?

– Oh, c’est simple, répond le vieil homme, tout simplement et par une coïncidence amusante, un chasseur se trouvait là qui a tiré et tué le chevreuil.

– Bien, réplique alors le médecin, c’est bien là où je voulais en venir…

  • Le premier article du mois, pourtant , n’est pas gai, mais c’est celui qui est venu sous ma plume : Inconnu à cette adresse de Kressmann Taylor.
  • Un aperçu d’une passionnante conférence vous donnera peut-être envie d’en savoir plus sur l’Art Nouveau et le style nouille et l’art Déco de vous promener à Nancy.
  • Retour à la mythologie avec la belle Sémiramis
  • et enfin une recette de mousse au chocolat
  • Je tiens aussi à rendre hommage à mes collègues Personnels de Direction de l’Éducation Nationale qui rendent leurs palmes académiques en signe de désaccord profond avec ce que devient peu à peu cette grande maison. Je sais l’effort qu’il en coûte et même le déchirement : cette distinction est la seule marque de reconnaissance de tellement d’heures de travail dans l’ombre, parfois de prise de risque, de qualités et de compétences inlassablement mises en œuvre.  Pas un mot de leur ministre en réponse à ce geste fort : quel mépris d’un médiocre envers de si belles âmes !

février 2010


Apremont - un des plus beaux villages de France
Apremont - un des plus beaux villages de France

En ce mois où l’on fête les amoureux, une citation tout à fait romantique de Bob Dylan :

There’s beauty in the silver, singing river

There’s beauty in the sunrise in the sky

But none of these, and nothing else

Can touch the beauty that I remember

In my true love’s eyes

Détail : l’emploi de « remember » , se souvenir et non voir. Les souvenirs seraient-ils plus beaux que le présent ?

Un autre extrait, qui n’a rien à voir. Il s’agit cette fois du poète Rutebeuf et de notre belle langue ancienne. Le roi qui accueille le poète lui fait bonne chère,  littéralement « bon visage » c’est-à-dire « bon accueil ». Peu à peu, l’idée de bon accueil signifiait aussi bon repas et avec peut-être une confusion « chère/chair », l’expression signifie maintenant bien manger.

Et il m’enquist : « comment vous noume

La gent de vostre conissance ?

– Sire, sachiez bien sans doutance

Que hom m’apele Rutebeuf

Qui est dit de rude et de buef

Rutebeuf, biaux très doulz amis,

Puisque Dieux saians vos a mis

Moult suis liez de vostre venue

Je traduis pour plus de commodité :

Comment vous nomment les gens qui vous connaissent ?

Sire, sachez sans en douter que les hommes m’appellent Rutebeuf qui vient de rude et de boeuf.

Eh bien mon ami, puisque Dieu vous a amené jusqu’ici, je suis très heureux de votre venue.

Passons du visage avenant au sourire avec cette citation d’ Octavio Paz :

Dès que l’on comprend qu’on ne détient pas la vérité absolue et que toutes les vérités, en particulier politiques, sont relatives, on s’ouvre à l’ironie et à la pitié envers les autres et envers soi-même.

C’est ce qui manque à notre siècle, une résurrection de la pitié. Ce qu’il y a de si beau dans le boudhisme, c’est qu’il montre des sages qui sourient toujours. Et leur sourire exprime l’ironie et la pitié (…). Il faut introduire en politique le sourire des sages boudhistes.

Quoi de plus mystérieux qu’un sourire et son interprétation ? Ray Bradbury écrit :

He wore his happiness like a mask

De toutes façons, il ne faut bien sûr pas confondre sourire et bonheur. J’en profite pour rendre hommage à un chef d’établissement, martyrisé par une maladie incurable qui l’obligeait parfois à s’arrêter au coin d’un couloir pour reprendre souffle. Puis il repartait, ouvrait la porte d’un bureau et saluait chacun en souriant. « Vous comprenez, me disait-il, je leur dois mon sourire, je ne dois pas leur faire supporter ma souffrance ».

Reste le sourire du Cheshire cat de Lewis Carol, qui est la dernière chose qui subsiste, flottant dans l’air, quand tout a disparu ?

Pour la Chandeleur, dégustez une crêpe « Suzette » : une crêpe arrosée d’un jus de citron et saupoudrée de sucre.

Et enfin un article sur la conjugaison

janvier 2011


embarquement pour la nouvelle année

Petit rappel : cette page mensuelle se remplit au fur et à mesure, de tout et de n’importe quoi d’ailleurs. Pour une page complète, il faut donc se reporter au(x) mois précédent(s).

Pour cette année 2011, je vous souhaite de savoir choisir quels sont vos « gros cailloux ». (cf août 2010)

Une astuce :

Si vous ne parvenez pas à choisir entre deux alternatives (oui, c’est une redondance, je sais, les alternatives vont toujours par paires) : choix d’un film, d’un vêtement, ou même choix plus important, vous pouvez utiliser ce petit truc qui permet de savoir ce que votre coeur veut vraiment, caché sous les multiples arguments contradictoires de la raison.

Vous tirez tout simplement à pile ou face et dès que la pièce est tombée, vous ressentirez immédiatement un soulagement ou une déception, alors vous saurez…et vous ne prendrez pas forcément l’option annoncée par la pièce.

Et cette citation de Mallarmé :

Un coup de dé jamais n’abolira le hasard.

Enfin, sachez que les choix que l’on fait ne sont pas toujours aussi importants qu’ils en ont l’air. Au bout du compte, rien n’est soit magnifique soit horrible, le choix se fait entre deux options qui ont toutes deux avantages et inconvénients et il est beaucoup plus important de donner volonté et énergie pour tirer le meilleur de ce qui se présente à vous. Il n’y a peut-être pas de mauvais choix.

Une nouvelle petite anecdote dans « mots d’enfants« 

Une autre suggestion de lecture dans ma bibliothèque idéale : les deux romans autobiographiques de Roald Dahl

Décidément, ranger ma bibliothèque va être un peu long si tous les deux livres, j’écris un nouvel article… Voici Jean Giono

Un peu de mythologie avec Hadès, le dieu des Enfers

Un hommage à Marguerite Boucicaut

et après quelques saintes et leurs attributs

voilà une des plus belles chansons de Léo Ferré : C’est Extra

On termine par un dessert délicieux : recette rapide de pommes au beurre au cognac.



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