Printemps 2018


2017 (1)

Mon amie Agnès reconnaîtra ces fleurs.

Je salue amicalement mes lecteurs et en particulier ceux du bout du monde : Nouvelle Calédonie, Saint-Pierre et Miquelon, Syrie, Cameroun, île Maurice et bien d’autres … qui prouvent que la distance n’est rien lorsqu’on partage la beauté d’une langue ou plus simplement un peu d’humour ou une recette de cuisine.

Pour changer un peu, je vais commencer par les articles.

 

  • Allez voir la page précédente (plus bas) pour retrouver les plus récents.

 

 

Et vous, quel est votre article préféré sur ce site ?

 

La bonne nouvelle de ce début de printemps est le film La Forme de l’Eau  de Guillermo del Toro. Courez d’abord le voir et vous lirez ensuite ce que j’ai envie d’en dire mais attention : la traduction en sous-titres fait perdre beaucoup de sa profondeur à ce film hors normes, je ne sais ce qu’il en est de la version française. La bande son originale a des dialogues bien articulés, avec des mots simples, on comprend facilement, tant en russe (pour les russophones éternels débutants comme moi) qu’en anglais.

J’ai aimé l’humour, les couleurs de ce film, les objets du décor, la musique, ce moment comme un trou dans l’espace-temps où pendant 5 minutes notre monde bête et technologique s’efface pour laisser une possibilité de rejoindre un autre monde, et aussi la fin…

Guillermo del Toro a réussi là un chef d’oeuvre de délicatesse, de poésie et de réflexion sur le sens que peuvent prendre nos vies, sur nos valeurs, sur nos priorités. Les thèmes abordés, sans lourdeur aucune sont particulièrement d’actualité : l’instinct de propriété, le pouvoir (et son abus), la réussite sociale, le sexisme, le racisme, la religion, l’amitié, le respect de la loi, du protocole, l’entraide ou la compétition et pourquoi pas la souffrance animale mais surtout l’amour, celui qui vous fait voir comme un dieu vivant l’être que d’autres trouvent monstrueux, celui qui ne se pose pas de question face au handicap, celui qui pourrait soulever des montagnes, celui qui révèle des gens ordinaires comme des héros.

Ce n’est pas pour autant un « feel good movie », on en ressort certes avec une énergie renouvelée mais aussi avec tellement de pistes de réflexion.

Les questions sont multiples : qu’est-ce que la différence ?  Dieu a-t-il créé les hommes à son image ou à sa ressemblance ? Quelle est notre part de divin ? Notre part d’animalité? Qu’est-ce qu’être humain ?

On s’interroge sur des allusions à la Bible ou à la mythologie ou encore à des contes. Dans le désordre: Samson et Dalilah,  peut-être aussi ce colosse aux pieds d’argile qu’est devenue la société occidentale, les dieux antiques ou exotiques, le prince charmant, la Belle et la Bête, la petite sirène qui a perdu sa voix pour vivre dans le monde des humains, où elle est inadaptée, où on ne voit pas sa beauté….

On réfléchit aux symboles de certains objets ou éléments : l’oeuf, l’eau (élément primordial), le sang, des parties du corps comme les cheveux ou les doigts, dont on tire force et puissance ou/et qui peuvent aussi révéler la pourriture intérieure, l’électricité (énergie de la civilisation actuelle) qui produit des étincelles entre un être positif et une âme négative, la force du rêve, l’éternelle opposition entre le sec et l’humide, entre le yin et le yang, entre le bien et le mal…

Et puis cette poésie, qui ne passe pas uniquement par les mots, mais aussi par la langue des signes, par des objets ou des situations, cette poésie qui dit tellement de choses à la fois…

J’attends avec impatience vos commentaires…

 

 

2014


promenade vers Thau (5)

Tous mes vœux pour une savoureuse année : je vous souhaite de profiter de tout ce qui vous est offert, soyez gourmand de chaque instant et faites en sorte que « L’essentiel ne soit pas menacé sans cesse par l’insignifiant » comme le dit si justement René Char.

Je veux dire que je pense à mes lecteurs du monde entier : chaque jour, je regarde dans quel pays un ou une inconnu(e) a partagé un instant avec moi, le temps d’une courte lecture, et j’ai une pensée pour l’île Maurice ou l’Islande,  pour Saint Pierre et Miquelon ou la Russie, pour cette classe en France qui s’est donné le mot pour lire ce que j’avais écrit sur un sujet qu’ils ont à traiter, pour ce groupe de francophiles allemands qui suit ce blog et en discute lors de leurs réunions, pour ce professeur d’Université qui m’a demandé l’autorisation de se servir d’un de mes articles, quelque part sur la Terre…et tant d’autres. A tous, merci !

Une citation de Wells :

Pour qu’un monde meilleur puisse exister un jour, il faut déjà que quelqu’un, quelque part, commence par l’imaginer et le décrire.

C’est tellement vrai que nos pires angoisses ou nos pires cauchemars ont commencé à prendre forme sur le papier : Le Meilleur des Mondes (A. Huxley) mais aussi Mein Kampf ou le petit livre rouge de Mao. Les horreurs du XXème siècle nous ont appris à nous méfier des utopies. Un monde se construit peu à peu. Imaginer un monde meilleur, c’est un peu comme imaginer un adulte sans passer par son enfance, un robot en somme.

Pensée personnelle :

En ces temps de commémoration du débarquement, qui sont aussi des temps où la haine de l’autre retrouve des arguments pour se justifier, j’aimerais simplement faire part d’une réflexion. Depuis que je suis enfant (je suis née une dizaine d’année après la guerre), le peuple allemand porte la honte d’une erreur de vote de leurs parents. Il est évident que la plupart de ceux qui ont voté Hitler étaient loin de souhaiter tout ce qui suivrait. Avec beaucoup de courage, ce peuple meurtri a assumé ses responsabilités politiques, financières, morales. On a souvent oublié que les premiers résistants étaient allemands, et que nous ne les avons pas aidés, on a souvent dit « les allemands » au lieu de spécifier « les nazis ». On passe sous silence que les exactions commises l’ont été aussi par les autres belligérants, on n’évoque pas le fait qu’Hitler a envoyé au massacre les jeunes allemands : les plus jeunes soldats à la fin de la guerre avaient moins de quatorze ans !

Cette année, alors que nous n’avons plus l’excuse de ne pas savoir ce qu’est vraiment le fascisme, notre pays s’est déterminé pour l’extrême-droite lors des dernières élections, avec l’aide efficace de ceux qui ne se prononcent pas, mais on sait bien que la force des méchants vient toujours de l’apathie des faibles.

Cette année, l’Allemagne peut vraiment et définitivement relever la tête. Nous avons prouvé que nous sommes tous humains, qu’il n’y a pas un peuple plus valeureux que l’autre et que nous pouvons tous nous tromper de bulletin de vote.  Les conséquences ne sont pas les mêmes, heureusement, mais le geste est semblable : placer un bulletin dans l’urne.

 

Conseils de lecture :

  • Le Messager du Crocodile  de Jean-Claude Lavaud aux éditions L’Harmattan. L’auteur est docteur en anthropologie, il connait bien et aime le Burkina Faso, où se situe cette belle histoire, pleine d’enseignements et de sentiments. Le rythme est rapide, on se laisse prendre dès le début. Le style est simple, sans fioriture, il ne s’agit pas de littérature, mais on passe un bon moment à le lire même si la présentation des personnages est un peu confuse au départ et la fin n’apaise pas notre curiosité : une suite serait bienvenue.
  • Avant d’aller dormir de SJ Watson. Ce n’est pas une nouveauté, l’édition est de 2011 mais ce premier roman est d’une maturité exceptionnelle. On reste scotché, sans pouvoir poser le livre, avec un suspense qui se renforce au fil des pages jusqu’à la fin. Un livre sur la mémoire aussi puisque l’héroïne est amnésique, avec une analyse fine du « souvenir », qui nous renvoie à nos propres souvenirs et aux réactions parfois incompréhensibles de celui qui souffre et qui se sent à la merci des autres. Un livre sur le temps qui passe aussi, sur la vieillesse, les erreurs, les occasions ratées…Bref, un bon livre.

 articles :

croquettes thon/olives : une recette économique et délicieuse

perdre quelques kilos superflus

Trucs et astuces

Marguerite d’Autriche et le Monastère de Brou

Cette page continuera de se remplir au fil des prochains mois.

Printemps 2013


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Cette admirable sculpture du Louvre nous rappelle si besoin que le printemps est la saison des amours et que sans amour et altruisme, il ne peut y avoir de paix.

  • Pour commencer cette saison et toujours dans l’esprit d’altruisme, je conseillerai non pas un livre mais un auteur : Alexander McCall Smith. Essayez et dites-moi ce que vous en pensez. J’ai lu avec bonheur la série de Ma Ramotswe détective qui se passe au Bostwana. Je parcours en ce moment Les Charmants Travers de nos Semblables, et je me retrouve à Edimbourg.
  • Enfin je lis pour la première fois le texte de Peter Pan dans les Jardins de Kensigton dont je savoure l’humour et la fraîcheur.

« Descendre la Bosse en courant est un jeu extrêmement drôle, sauf les jours de grand vent parce que, cela va de soi, vous n’y êtes pas ces jours-là : les feuilles mortes jouent à votre place. Il n’y a guère qu’une feuille morte qui sache autant s’amuser. »

  • Un recueil de nouvelles qui ne se prennent pas au sérieux mais qui sont – c’est assez rare aujourd’hui  pour le relever – très bien écrites :  Sept Histoires qui reviennent de loin / Jean-Christophe Rufin
  • Une pensée amicale pour ces personnes qui, quelque part dans le monde, s’intéressent à la langue française et à mon modeste blog.  Je ne peux citer tous les pays concernés où, un jour ou l’autre, et parfois chaque jour, quelqu’un lit un de mes articles, mais chaque jour je parcours la liste géographique et je me réjouis que, sans même nous connaître, nous ayons ce lien culturel et humain.
  • Et voici les articles :

Tricot et associations d’idées

C’est une chose étrange à la fin que le monde – Louis Aragon

flûtes d’apéritif

Premier trimestre 2013


Image

Une image d’entrée festive pour bien commencer l’année 2013 :  du saumon fumé découpé avec un emporte-pièce, posé sur une chips de crevettes et saupoudré de chips de crevettes. Vraiment facile, bon et léger, et très décoratif placé avec d’autres amuse-bouches.

Que vous souhaiter : de conserver ce que vous avez déjà, d’obtenir ce que vous n’avez pas encore ou bien d’acquérir la sagesse de vous en passer…

Je vous souhaite de savoir ne rien attendre des autres mais d’être émerveillé par ce qu’ils vous offriront, à un moment, dans un lieu ou d’une manière qui vous surprendront. Et trinquons aux belles surprises de 2013 !

Au mois de Mars, n’oubliez pas de fêter comme il se doit les femmes et les grands-mères et d’assister /participer au carnaval de Chalon/Saône.

  • Un premier livre que je conseille mais qui n’est peut-être pas traduit en français encore. C’est un traité d’anthropologie écrit avec vivacité et humour, Kate Fox observe avec finesse ses concitoyens. Chaque groupe humain a ses règles non-dites et bien sûr leur observation ou les réactions à leurs non-observations sont très instructives.

– Kate Fox : Watching the English – The hidden rules of English behaviour

Voici un petit extrait sur « the understatement rule »

The understatement rule means that […] a truly horrific experience [must be described as ] « well, not exactly what I would have chosen ».

  • et un deuxième, ou plutôt une série, celle des Marc Aper, brillant avocat gaulois en 77 après Jésus-Christ. L’auteure, Anne de Leseleuc, est devenue une spécialiste de cette époque dans une deuxième vie ( elle était directrice de théâtre dans sa première vie, jusqu’à l’âge de 37 ans, où elle reprit ses études) et les romans policiers qu’elle écrit sont extraordinairement documentés, tout en ménageant un excellent suspense et des personnages attachants.
  • et une page facebook pour qui aime la Northumbria au Nord de l’Angleterre.
  • les articles :

saints de mauvaise vie

cultiver son bonheur

– Il est libre Max

anecdotes

été 2012


Image

  •  N’allez pas là où le chemin peut mener. Allez là où il n’y a pas de chemin et laissez une trace.
    Ralph Waldo Emerson, philosophe et poète américain
    • et une autre, juste pour le plaisir d’être sage :

    Un homme n’est vieux que lorsque les regrets ont pris chez lui la place des rêves” (John Barrymore)

  • une promenade recommandée à Vincelles près de  saint-Bris le Vineux, dans la région d’Auxerre. Vous pourrez voir une très belle exposition de Georges Hosotte très bien mise en valeur dans une ancienne petite église. Le thème du paradis terrestre apporte beaucoup de renouveau et de fraîcheur et même d’humour.
  • une citation de Marco Porcio Catone alias Caton. Ça ne date pas d’hier mais c’est hélas toujours vrai.

Les voleurs de biens privés passent leur vie en prison et dans les chaînes, ceux de biens publics passent leur vie dans la richesse et les honneurs.

Et enfin,  après beaucoup de patience, un nouvel article :

mars 2012


Oeuvre de Dali au Château de Pommard
Œuvre de Dali au Château de Pommard

Une petite citation amusante de Victor Hugo pour commencer ce mois printanier :

Il y a des gens qui vous laissent tomber un pot de fleurs sur la tête d’un cinquième étage et qui vous disent : je vous offre des roses .

Et cette autre, très belle,  de Christian Robin (en remerciant au passage Batihouman dont je conseille le blog.)

  « le bonheur, ce n’est pas une note séparée, c’est la joie que deux notes ont à rebondir l’une contre l’autre »

Et puis cette œuvre de Dali à la gloire de l’acte sexuel, puisque c’est le printemps et que les hormones se réveillent …La muraille est vaincue, la virginité est morte, très explicite mais tellement réussi.

Un premier article :

Et puis une ravissante petite fable de Henri Gougaud :

La jarre fendue
Un pauvre homme, tous les matins, allait remplir à la rivière deux grosses jarres qu’il portait aux deux bouts d’un bâton de fer posé au travers de sa nuque. Celle de droite était parfaite, joufflue, luisante, fière d’elle. Celle de gauche était fêlée. Elle perdait son eau en chemin, et donc elle s’estimait mauvaise. Elle en souffrait. Elle avait honte, tellement honte qu’un beau jour elle osa dire, toute en pleurs :
– Pardonne-moi, pauvre porteur.
– Te pardonner ? répondit l’homme. Pourquoi donc ? Qu’as-tu fait de mal ?
– Allons, tu sais bien, chaque jour tu nous emplis d’eau à ras bord, tu t’échines, tu t’exténues à nous porter à la maison, et quand enfin nous arrivons, ma compagne a fait son devoir, elle a la conscience tranquille. Moi, non. Je sens qu’elle me méprise. J’aimerais être comme elle est, mais vois, je suis vide à moitié, et tu dois m’en vouloir beaucoup.
– On non, au contraire, dit l’homme. Regarde le bord du chemin, de ton côté. Qu’est-ce que tu vois ?
– Des fleurs partout. Elles sont superbes.
– L’eau que tu perds, jarre fendue, les arrose tous les matins. Tous les matins elles te bénissent, et moi je te bénis aussi, car chaque jour je peux offrir un beau bouquet à mon épouse. Tu fais la joie de ma maison. Regarde de l’autre côté. Ta compagne, certes, est parfaite, mais que vois-tu ?
– Cailloux, poussière.
– Chacun fait selon sa nature. Ne change rien, ma bonne amie. Et ne regrette pas tes failles. Vois comme elles nourrissent la vie.
Henri Gougaud, Le livre des chemins

janvier 2012


La Fille du Père Noël - dessin d'Elsa Miravallez
La Fille du Père Noël - dessin d'Elsa Miravallez

Pour nous emmener en 2012, voici un dessin de l’artiste Elsa Miravallez Bourbon illustrant un conte du Chat Troubadour.

Je souhaite du fond du cœur une très belle année 2012 à mes lecteurs et les remercie de m’accompagner ainsi dans mes errements gustatifs ou littéraires.

Je souhaite également de nombreuses représentations au Chat Troubadour qui sait si bien faire rêver, chanter et rire les enfants.

Voici un bilan de l’année 2011 du blog, merci beaucoup vraiment à l’équipe wordpress !

Nouveauté : Vous pouvez indiquer que vous avez aimé un article ou une page. Le sondage est installé au-dessus de chaque article.

  • Une phrase tirée d’un roman poétique et insolite : La Tristesse des Anges de Jon Kalman (traduit de l’Islandais).

Mais celui qui ne franchit pas la distance qui mène vers l’autre voit ses jours s’emplir d’un son creux

  • une citation

Dans la communication, le plus compliqué n’est ni le message, ni la technique, mais le récepteur.
[ Dominique Wolton ]

les articles :

Un petit coup de pouce à deux petits commerces du Centre piétonnier de Chalon sur Saône :

  • La Sylphe perlée : fabrication artisanale de bijoux, très tentants. On peut aussi acheter de quoi se fabriquer soi-même son bijou avec les conseils de la créatrice.
  • artisans du monde : produits du commerce équitable dont une excellente huile d’olive de Palestine

Mars 2010


carnaval 2010 Chalon /s/Saône
carnaval 2010 Chalon /s/Saône
  • Voici venu le temps de carnaval, suivi par l’arrivée du printemps et les premières primevères. On dit au revoir à ce long hiver et puisque l’humeur est guillerette, je me permets une petite histoire drôle, n’en déplaise à Michel Polnareff dont j’apprécie fort le talent.

Un homme âgé, disons 80 ans, discute avec son médecin : « C’est incroyable, ma jeune épouse va avoir un enfant. Je ne pensais pas être père à mon âge ! »

–  C’est incroyable en effet, répond le médecin et je vais vous demander votre avis sur une étrange histoire. Imaginez un homme qui se promène en forêt avec son bâton de marche. Il avise un chevreuil et par jeu le met en joue avec son bâton et fait mine de tirer. Le chevreuil tombe mort, atteint d’une balle en pleine tête. Quelle explication donnez-vous ?

– Oh, c’est simple, répond le vieil homme, tout simplement et par une coïncidence amusante, un chasseur se trouvait là qui a tiré et tué le chevreuil.

– Bien, réplique alors le médecin, c’est bien là où je voulais en venir…

  • Le premier article du mois, pourtant , n’est pas gai, mais c’est celui qui est venu sous ma plume : Inconnu à cette adresse de Kressmann Taylor.
  • Un aperçu d’une passionnante conférence vous donnera peut-être envie d’en savoir plus sur l’Art Nouveau et le style nouille et l’art Déco de vous promener à Nancy.
  • Retour à la mythologie avec la belle Sémiramis
  • et enfin une recette de mousse au chocolat
  • Je tiens aussi à rendre hommage à mes collègues Personnels de Direction de l’Éducation Nationale qui rendent leurs palmes académiques en signe de désaccord profond avec ce que devient peu à peu cette grande maison. Je sais l’effort qu’il en coûte et même le déchirement : cette distinction est la seule marque de reconnaissance de tellement d’heures de travail dans l’ombre, parfois de prise de risque, de qualités et de compétences inlassablement mises en œuvre.  Pas un mot de leur ministre en réponse à ce geste fort : quel mépris d’un médiocre envers de si belles âmes !

Le conte de Sophie Canétan – Béatrix Potter


 

aquarelle animalière par Patryck

Ophelia de Millais
Ophelia de Millais

Le conte de Sophie Canétan (Jemima Puddle duck)

Les charmants animaux anthropomorphes imaginés par Béatrix Potter n’ont pas pris une ride depuis le XIXème siècle. Ils enchantent toujours petits et grands dans le monde entier et sont devenus une valeur commerciale sûre. Peut-être représentent-ils un refuge contre le bruit et la fureur du monde actuel. Sans doute apprécie-t-on aussi les talents de la dessinatrice animalière.

   Helen Beatrix Potter est née le 26 juillet 1866 à Londres où elle a passé son enfance. Elle a vécu ensuite la majeure partie de son existence dans les environs d’Ambleside, dans le Lake District qu’elle affectionne. Elle décède à l’âge de 77 ans le 22 décembre 1943.
 
 On ne peut comprendre Béatrix Potter sans connaître un peu son milieu familial.  Son père est juriste. Le milieu est très rigide, politiquement conservateur et très attaché aux traditions.
L’imagination et les qualités artistiques ne sont pas absentes, loin de là, puisque son père s’intéresse beaucoup à la peinture et à la photographie. Photographe amateur lui-même (pour rappel, Nicéphore Niepce inventa la photographie en 1822), il est un assidu des expositions de peinture de la Royal Academy. La jeune Beatrix se passionne pour les préraphaélites.

Pendant ses vacances à la campagne, elle étudie la nature en véritable scientifique, en particulier les champignons. Elle est aidée en cela par son oncle, le chimiste Henry Roscoe. Mais à l’époque, être une femme lui ferme les portes de la communauté scientifique. Elle ne peut même pas assister à une conférence où l’on présente les résultats de ses recherches personnelles sur les lichens.

Imaginons une famille de bourgeoisie aisée de la deuxième moitié du XIXème siècle: parents peu démonstratifs mais offrant voyages, sorties culturelles et jouets à leurs enfants. Le matériel d’aquarelle entre dans cette dernière catégorie. En effet, les parents de Beatrix lui refusent le statut d’adulte pendant très longtemps et ne prennent aucunement au sérieux son «passe-temps».

Si Beatrix parvient à sublimer sa vie en se passionnant pour la peinture, son frère Bertram a moins de chance. Il se réfugie dans l’alcool et n’ose avouer à ses parents son mariage. Il partira chaque année en vacances plusieurs semaines avec ses parents sans sa femme et ses enfants!

 Une fois mariée, elle abandonne l’écriture et le dessin pour se consacrer à l’élevage. Ecologiste avant l’heure, elle se bat pour ses convictions et pour la préservation de la région des lacs qu’elle affectionne. Elle élève de nombreux animaux et parmi eux des lapins, les véritables descendants de Pierre Lapin (Peter Rabbit).

L’ennui comme source de créativité

Cela n’est pas sans rappeler la famille Brontë dont les enfants grandirent dans un environnement austère, isolés du reste du monde. Ils imaginèrent un univers où ils vivaient des moments autrement plus exaltants que dans leur quotidien. Si leur frère sombra lui aussi dans l’alcool, les deux sœurs Emily et Charlotte en tirèrent des romans à l’atmosphère originale.

Sa peinture
 
 On retrouve facilement dans la genèse de ses sujets la beauté des paysages naturels du Lake district. Ses personnages reflètent évidemment l’immaturité affective dans laquelle elle se complait. Les couleurs rappellent quelques tableaux de préraphaélites comme celui qu’elle préfère entre tous: «Ophélia» de Millais.
L’histoire de Jemima Puddle duck ou Sophie Canetan
 
 Bien qu’écrivant pour les enfants, elle a le souci du vocabulaire juste même si les mots sont parfois difficiles. Son œuvre a une qualité et une exigence qui évitent mièvrerie et facilité. C’est peut-être là une des raisons de son succès et de sa longévité.

Comme dans tous les contes, le héros, ici la cane Sophie, se trouve confronté à un problème: la fermière ne lui fait pas confiance pour couver ses œufs, Sophie ne restant pas en place très longtemps. Après des essais infructueux pour cacher ses œufs, Sophie décide de quitter la ferme pour trouver un coin tranquille.

La voilà donc partie sur la petite route qui monte au sommet de la colline. Il y a bien sûr un bois et un renard. Elle fait de nouvelles expériences comme celle de voler, on pourrait ajouter «de ses propres ailes» pour rendre le double sens de l’expression de l’adolescent qui quitte le domicile (le nid?) familial.

Le renard a l’allure élégante d’un gentleman. Il lit tranquillement son journal assis sur un tronc d’arbre. Il s’adresse très poliment à Sophie qui bien évidemment ne se méfie pas et lui explique son problème. Il se montre très compréhensif, en particulier lorsqu’elle se plaint des poules qui la regardent de haut.

Il lui propose aussitôt de déposer ses œufs dans sa résidence d’été, curieusement emplie de plumes mais très confortable. Il ajoute qu’il aime vraiment beaucoup les canes en général et ne se lasse pas d’admirer ses œufs.

On imagine la suite: la pauvre cane est si naïve qu’elle se met elle-même à la recherche d’herbes aromatiques pour une omelette. Ces mêmes herbes servent généralement à assaisonner la cane rôtie…

Fort heureusement, s’il n’y a pas de fée, il y a un chien de garde qui a deux jeunes amis canins dans le voisinage. Ils sauveront Sophie in extremis et la ramèneront en pleurs au village.

Autres personnages de Beatrix Potter
 
 Beatrix Potter observe les personnes qui l’entourent mais aussi les animaux dans leur milieu naturel. Elle dit qu’elle peut montrer le logis de Madame Piquedru la lingère : il s’agit d’un terrier qu’elle a vu lors d’une promenade.

Peter Rabbit (Pierre Lapin), dont le modèle est le lapin de compagnie de la jeune Béatrix, est certainement le plus connu de ses personnages.

L’histoire fut écrite à l’origine pour le plus jeune fils de son ancienne gouvernante en 1893 sous la forme d’une lettre enrichie de dessins. Miss Potter décida plus tard de le publier mais elle dut le faire à compte d’auteur car aucun éditeur ne voulait prendre ce risque.

Les dessins ne furent colorés qu’en 1902 dans une nouvelle édition, tirées à 250 exemplaires. Le succès fut immédiat: Conan Doyle, entre autres, en acheta pour ses enfants.

Jeremy Fisher (Jéremie Pêche-à-la-ligne) lui a été inspiré par un ami de la famille. On ne sait pas s’il s’est reconnu.

Commerce

Le musée a été prévu par Béatrix Potter. Il est situé dans une de ses maisons: « Hill Top Cottage », à Sawrey (Cumbria), dans la région du lac Windermere.

Comme sa peinture, cette bâtisse apparaît comme une partie importante de sa vie mais qui n’est que la façade qu’elle veut bien montrer: elle y a peu vécu. On y retrouve cependant l’esprit de la campagne qu’elle affectionne mais on ressent aussi un peu de l’atmosphère de la bourgeoisie londonienne avec le goût des beaux objets.

De petites scènes replacent ses personnages dans leur décor. Les produits dérivés sont innombrables: peluches, tasses, posters, mobilier d‘enfants… Une aquarelle originale de Pierre Lapin s’est vendue à plus de 16000€.

Pour aller plus loin 
Beatrix Potter's tales
Beatrix Potter’s tales
  • Un passage très intéressant sur la vie de Beatrix Potter dans «Demeures de l’esprit» par Renaud Camus – Fayard ainsi que plusieurs vues d’une de ses demeures.
  • La visite du musée dans le Lake District en Angleterre
  • Le roman «Miss Charity» de Marie-Aude Murail
  • Le film de Chris Noonan «Miss Potter» – 2006
  • The Tale of Jemima Puddle Duck and other farmyard tales by Beatrix Potter – éditions F. Warne and Co
  •  John Everett Millais: Ophelia 1852 Tate Gallery, London