Hiver 2015- 2016


carte postale

Après la folie furieuse et la haine de cette fin d’année 2015, je vous souhaite de connaître une année 2016 apaisée et constructive.

Apaisée par le temps de la réflexion, arrivant après celui des sentiments exacerbés : colère, angoisse, etc. qui sont de mauvais conseillers comme chacun sait.

Constructive car il va bien falloir qu’on se mette enfin à préparer ce changement de civilisation inéluctable, à nous y préparer aussi et à préparer nos enfants. Le film Demain peut aider.

On peut aussi espérer qu’on imaginera enfin d’autres valeurs que l’argent, des valeurs comme la générosité, l’entraide. Un peu partout sur notre planète, nous assistons à la création de groupes qui fonctionnent autrement : le covoiturage, la colocation, les jardins partagés, les maisons auto-suffisantes et tant d’autres choses encore à imaginer, comme cette machine à nettoyer les océans. Nous avons des raisons d’espérer et sans l’espoir il n’y a pas d’action.

Je fais partie depuis deux ans d’un groupe de tai Chi Taoiste : dans notre ville, nous étions trois personnes il y a deux ans, nous sommes plus de 100 maintenant et chaque semaine des nouveaux arrivent. Au milieu de la séance, nous prenons le thé ou toute autre boisson non alcoolisée ensemble. Ce temps fait intégralement partie de l’apprentissage. Nous discutons. Au fil des semaines, nous voyons les gens s’ouvrir aux autres, ils reçoivent et découvrent le plaisir de donner. Il n’y a aucun jugement et peu à peu les personnes se détendent, perdent leur carapace, apportent elles aussi des caramels faits maison ou tout autre chose qu’ils ont envie de partager. Un jeune homme, très renfermé au départ, discute aimablement avec une personne âgée : elle lui transmet la recette de sa grand-mère : un gâteau à la peau de lait… La vie est aussi faite de ces petits riens qui donnent des raisons d’espérer.

Bref, en ce mois de décembre, laissez-moi croire au Père Noël.

2014


promenade vers Thau (5)

Tous mes vœux pour une savoureuse année : je vous souhaite de profiter de tout ce qui vous est offert, soyez gourmand de chaque instant et faites en sorte que « L’essentiel ne soit pas menacé sans cesse par l’insignifiant » comme le dit si justement René Char.

Je veux dire que je pense à mes lecteurs du monde entier : chaque jour, je regarde dans quel pays un ou une inconnu(e) a partagé un instant avec moi, le temps d’une courte lecture, et j’ai une pensée pour l’île Maurice ou l’Islande,  pour Saint Pierre et Miquelon ou la Russie, pour cette classe en France qui s’est donné le mot pour lire ce que j’avais écrit sur un sujet qu’ils ont à traiter, pour ce groupe de francophiles allemands qui suit ce blog et en discute lors de leurs réunions, pour ce professeur d’Université qui m’a demandé l’autorisation de se servir d’un de mes articles, quelque part sur la Terre…et tant d’autres. A tous, merci !

Une citation de Wells :

Pour qu’un monde meilleur puisse exister un jour, il faut déjà que quelqu’un, quelque part, commence par l’imaginer et le décrire.

C’est tellement vrai que nos pires angoisses ou nos pires cauchemars ont commencé à prendre forme sur le papier : Le Meilleur des Mondes (A. Huxley) mais aussi Mein Kampf ou le petit livre rouge de Mao. Les horreurs du XXème siècle nous ont appris à nous méfier des utopies. Un monde se construit peu à peu. Imaginer un monde meilleur, c’est un peu comme imaginer un adulte sans passer par son enfance, un robot en somme.

Pensée personnelle :

En ces temps de commémoration du débarquement, qui sont aussi des temps où la haine de l’autre retrouve des arguments pour se justifier, j’aimerais simplement faire part d’une réflexion. Depuis que je suis enfant (je suis née une dizaine d’année après la guerre), le peuple allemand porte la honte d’une erreur de vote de leurs parents. Il est évident que la plupart de ceux qui ont voté Hitler étaient loin de souhaiter tout ce qui suivrait. Avec beaucoup de courage, ce peuple meurtri a assumé ses responsabilités politiques, financières, morales. On a souvent oublié que les premiers résistants étaient allemands, et que nous ne les avons pas aidés, on a souvent dit « les allemands » au lieu de spécifier « les nazis ». On passe sous silence que les exactions commises l’ont été aussi par les autres belligérants, on n’évoque pas le fait qu’Hitler a envoyé au massacre les jeunes allemands : les plus jeunes soldats à la fin de la guerre avaient moins de quatorze ans !

Cette année, alors que nous n’avons plus l’excuse de ne pas savoir ce qu’est vraiment le fascisme, notre pays s’est déterminé pour l’extrême-droite lors des dernières élections, avec l’aide efficace de ceux qui ne se prononcent pas, mais on sait bien que la force des méchants vient toujours de l’apathie des faibles.

Cette année, l’Allemagne peut vraiment et définitivement relever la tête. Nous avons prouvé que nous sommes tous humains, qu’il n’y a pas un peuple plus valeureux que l’autre et que nous pouvons tous nous tromper de bulletin de vote.  Les conséquences ne sont pas les mêmes, heureusement, mais le geste est semblable : placer un bulletin dans l’urne.

 

Conseils de lecture :

  • Le Messager du Crocodile  de Jean-Claude Lavaud aux éditions L’Harmattan. L’auteur est docteur en anthropologie, il connait bien et aime le Burkina Faso, où se situe cette belle histoire, pleine d’enseignements et de sentiments. Le rythme est rapide, on se laisse prendre dès le début. Le style est simple, sans fioriture, il ne s’agit pas de littérature, mais on passe un bon moment à le lire même si la présentation des personnages est un peu confuse au départ et la fin n’apaise pas notre curiosité : une suite serait bienvenue.
  • Avant d’aller dormir de SJ Watson. Ce n’est pas une nouveauté, l’édition est de 2011 mais ce premier roman est d’une maturité exceptionnelle. On reste scotché, sans pouvoir poser le livre, avec un suspense qui se renforce au fil des pages jusqu’à la fin. Un livre sur la mémoire aussi puisque l’héroïne est amnésique, avec une analyse fine du « souvenir », qui nous renvoie à nos propres souvenirs et aux réactions parfois incompréhensibles de celui qui souffre et qui se sent à la merci des autres. Un livre sur le temps qui passe aussi, sur la vieillesse, les erreurs, les occasions ratées…Bref, un bon livre.

 articles :

croquettes thon/olives : une recette économique et délicieuse

perdre quelques kilos superflus

Trucs et astuces

Marguerite d’Autriche et le Monastère de Brou

Cette page continuera de se remplir au fil des prochains mois.

automne 2013


crépuscule
crépuscule

Pour saluer l’automne et ses belles couleurs, voici une première pensée ou, comme on me reprochait sans cesse lorsque j’étais enfant, une promenade sur la lune.

  • Depuis la lune, donc, je vois Jules César en train de se faire assassiner. Il retrouve au moment de mourir sa langue d’enfance, celle de sa nourrice, le grec, et non le latin, pour s’étonner de la présence de son fils adoptif parmi les assassins. Ce « Toi aussi mon fils » après lequel il abandonnera toute résistance et se couvrira seulement le visage de sa toge avant de s’écrouler, nous a émus, bien naturellement.  J’aimerais cependant imaginer ce qui se passait à ce moment dans la tête de Brutus, qui a un nom si peu sympathique. Que voulaient les conjurés ? Peut-être avaient-ils peur de voir Jules, déjà César, prendre peu à peu tous les pouvoirs et se diriger vers une dictature ? Peut-être étaient-ils bien intentionnés, ces assassins ? De ces bonnes intentions dont l’enfer est pavé… Et Brutus, justement, avait peut-être été poussé à prendre part à cet assassinat, par solidarité, et il s’était effacé, avec ses sentiments personnels, devant le devoir. Ce dernier cri lui a-t-il déchiré le cœur ? L’a-t-il hanté ensuite ? Ou bien avions-nous affaire à un cynique, uniquement préoccupé de son avenir personnel en politique ? On nous a trop peu parlé de Brutus, il n’a pas fait l’Histoire, finalement, et le jeune Césarion non plus, assassiné lui aussi. Et l’Histoire s’est faite quand même, autrement…
  • Pour changer de sujet, voici un film qui m’a donné à penser, aussi. Un film sur le peu de cas qu’on fait de la vie d’un homme, parfois. Un film sur deux destins de soldats, perdus dans le Caucase, et qui ne savent pas vraiment pourquoi ils se battent, pas plus que leurs ennemis. Un film où de manière inattendue, comme un petit bout d’arc-en-ciel, un petit peu d’humanité surgit, quand on ne l’attend plus. Le prisonnier du Caucase – de Serguei Bodrov.
  • et puis une citation optimiste de Thalès (oui, celui du théorème) « Rien n’est plus rare qu’un tyran qui vieillit ». Malheureusement, je trouve qu’aujourd’hui, ils vieillissent pas mal.
  • et quand même un article (ouh la paresseuse !) : Armstrong – Claude Nougaro

Eté 2013


Voici déjà un article :

Deux livres recommandés :

  • Le goût de la marche – anthologie de textes de marcheurs choisis par Jacques Barozzi, de Giono à Pérec en passant par Jean-Jacques Rousseau ou Jacques Lacarrière, Margueritte Duras, Stevenson, Philippe Delerm….
  • Les voyageurs des miroirs – Kriss Gardaz – Beaucoup d’imagination pour ce roman fantastique à destination des enfants et une belle écriture, sans céder à la  facilité. Le livre en main, on ne le pose plus jusqu’à la dernière page.

Des dizaines de maisons, construites à l’intérieur d’arbres gigantesques, ouvraient d’innombrables fenêtres rondes sur un enchevêtrement de ponts suspendus

Printemps 2013


556031_10151348113089926_433820663_n

Cette admirable sculpture du Louvre nous rappelle si besoin que le printemps est la saison des amours et que sans amour et altruisme, il ne peut y avoir de paix.

  • Pour commencer cette saison et toujours dans l’esprit d’altruisme, je conseillerai non pas un livre mais un auteur : Alexander McCall Smith. Essayez et dites-moi ce que vous en pensez. J’ai lu avec bonheur la série de Ma Ramotswe détective qui se passe au Bostwana. Je parcours en ce moment Les Charmants Travers de nos Semblables, et je me retrouve à Edimbourg.
  • Enfin je lis pour la première fois le texte de Peter Pan dans les Jardins de Kensigton dont je savoure l’humour et la fraîcheur.

« Descendre la Bosse en courant est un jeu extrêmement drôle, sauf les jours de grand vent parce que, cela va de soi, vous n’y êtes pas ces jours-là : les feuilles mortes jouent à votre place. Il n’y a guère qu’une feuille morte qui sache autant s’amuser. »

  • Un recueil de nouvelles qui ne se prennent pas au sérieux mais qui sont – c’est assez rare aujourd’hui  pour le relever – très bien écrites :  Sept Histoires qui reviennent de loin / Jean-Christophe Rufin
  • Une pensée amicale pour ces personnes qui, quelque part dans le monde, s’intéressent à la langue française et à mon modeste blog.  Je ne peux citer tous les pays concernés où, un jour ou l’autre, et parfois chaque jour, quelqu’un lit un de mes articles, mais chaque jour je parcours la liste géographique et je me réjouis que, sans même nous connaître, nous ayons ce lien culturel et humain.
  • Et voici les articles :

Tricot et associations d’idées

C’est une chose étrange à la fin que le monde – Louis Aragon

flûtes d’apéritif