2020


Entre promotion du roman Les Fantômes du Futur et écriture de la suite, je néglige trop souvent ce blog. Je souhaite cependant très sincèrement la bienvenue aux nouveaux abonnés.

Je vous encourage, pour ceux qui ont déjà lu Les Fantômes du Futur, à suivre la page https://annbourgogne.wordpress.com/2019/06/11/les-fantomes-du-futur/. Vous y trouverez quelques réponses aux questions que vous vous posez peut-être et des indications sur les rencontres avec les lecteurs.

J’ai proposé une nouvelle intitulée Champ Seigneur au concours « Du sang dans les Livres » de la Bibliothèque municipale de Chalon sur Saône. Le moment venu, en mars, vous pourrez voter par internet pour votre nouvelle préférée. Lorsque le concours sera terminé, je la publierai sur ce blog. Je me suis beaucoup amusée à l’écrire.

Lectures conseillées:

  • Le poète, philosophe et académicien François Cheng. Je suis plongée dans la lecture de ses quatrains qui touchent au plus profond de l’âme.
  • La Forêt Jardin, de Fabrice Desjours. Cette bible de la culture « autrement », très joliment illustrée, est aussi un hymne à la beauté du vivant, à sa manière.
  • Les romans de Valérie Perrin.

Autre information:

Rappel : retrouvez le mouvement des Coquelicots ( pour l’arrêt des pesticides) chaque premier vendredi du mois, souvent autour de 18h, devant votre mairie. Une demi-heure pour échanger des informations, s’organiser et montrer aux municipalités que nous restons vigilants et soucieux de la santé publique.

Un rêve étrange


Le rêve commençait bien. Blottie sous la couette, je profitais de deux jours de vacances offerts par mon cerveau dans un petit hôtel au charme suranné mais tout pimpant et bien confortable. Visites dans la ville, promenades sur les chemins de moyenne montagne, rythme tranquille : le temps passait si agréablement que je rentrais en cette fin d’après-midi avec la ferme intention de prolonger mon séjour.

Un peu fatiguée tout de même, je monte à ma chambre. Surprise ! La porte s’ouvre sur un décor différent, le lit défait, d’autres motifs sur les draps. Je comprends vite que je me suis trompée d’étage et je m’en excuse auprès de quelques femmes qui bavardent dans le couloir. Cela les fait rire, de manière un peu discourtoise. « Il n’y a qu’un étage ! « lance l’une d’elle. Je suis perplexe : je suis certaine que ce n’était pas une autre porte, pas celle au bout du couloir, ni celle en face du lavabo crasseux. L’endroit, si coquet hier encore, apparaît à présent sale et défraîchi. C’est comme si le lieu avait vieilli, pris cinquante ans tout d’un coup. Je vois bien que les autres locataires pensent que j’ai des problèmes de mémoire, la maladie d’Alzheimer vraisemblablement.

Il y a bien un escalier, menant à l’étage supérieur mais il semble depuis longtemps condamné par des poutres effondrées. Je sens monter la panique et je décide de me rendre à l’accueil pour tout éclaircir. Traînant ma grosse valise, je redescends mais il y a foule dans la petite entrée donc de l’attente. Les gens sont énervés, la personne à l’accueil répète que tout est complet. Mince, comment vais-je pouvoir garder ma chambre plus longtemps ? Je m’en veux de ne pas avoir prévu de le signaler plus tôt, hier ou ce matin en partant, mais peut-être était-ce déjà trop tard…

Je me place dans un renfoncement, à côté du comptoir, afin d’attendre sans gêner le passage et là, je m’aperçois que j’ai oublié mon sac à main dans le studio de vacances de ma mère. L’appartement est inoccupé pour le moment, cela va être difficile de récupérer rapidement mes affaires mais je vais téléphoner à maman et elle m’aidera à trouver une solution. Ah! sauf que je n’ai pas mon téléphone portable, resté dans le sac, sorte de petit sac à dos en imitation cuir, joliment fleuri. Pas de chéquier, de carte bancaire, de pièce d’identité non plus. En fait, je me rends compte que « ma vie » est dans ce sac : mon identité, mon « pouvoir » d’achat, ma liberté de faire ce que je veux. Je ne peux même plus me déplacer : comment prendre un train pour rentrer chez moi, sans argent pour payer le billet ? Je n’ai plus non plus ma place ici, le délai qui m’était accordé est dépassé. C’est comme si le Monde des vivants était complet, sans moi. Je me souviens d’ailleurs que ma mère est décédée, il y a plusieurs années. Je me sens comme une migrante, qui n’est plus d’aucun lieu.

Voyant mon désarroi, deux personnes souriantes s’approchent. « Ca va? » s’enquiert l’une d’elle. Je tiens absolument à me montrer positive et je pressens aussi que la solution qu’elles vont me proposer ne va pas me plaire du tout. Alors je réponds : « Oh, ça allait très bien jusqu’à ce matin, j’ai passé deux jours vraiment formidables ici. Là, tout de suite, ça va un peu moins bien parce que je n’ai plus mon sac. » Elles me font penser à deux anges, mais des anges d’âge mûr, sans ailes, avec l’air de bonnes vivantes aux joues roses et rebondies. Je n’ai vraiment pas envie de les suivre mais je pressens que c’est ce que je vais être obligée de faire. Doucement mais fermement, elles se placent chacune d’un côté de moi et m’emmènent…oh, sûrement pas très loin, juste à côté. Mais dans l’inconnu.

Automne 2018


tôt le matin en décembre (1)

Bienvenue à mes nouveaux abonnés !

Je ne suis guère assidue à ce blog en ce moment pour cause d’écriture. Mon premier roman est terminé et paraîtra sous le titre Les Fantômes du Futur. Je tente de choisir un éditeur tout en écrivant le deuxième, qui est une suite du premier.

articles d’automne:

La forêt jardin

Crest-Voland

Gâteau de foie aux quenelles

Conférence sur le bonheur

La Mort n’est rien

 

Anciens articles de saison:

L’orange de Noël

Joyeux Noël – Barbara

le sapin – conte d’Andersen

Un conte de Noël : le bœuf et l’âne de la crèche

 

Lecture conseillée:

Inferno de Dan Brown: Une érudition étonnante appliquée à l’actualité la plus brûlante.

Utilisant des images de l’Enfer de Dante peint par Botticelli, l’auteur de Da Vinci Code nous montre l’humanité s’étouffant dans ses propres excréments – ou ses déchets – exprimant par là combien l’enfer peut être sur terre. La mère Nature, toujours belle malgré son âge, est malmenée, droguée, emprisonnée sans aucun respect ni les soins sanitaires minimum. Elle est mourante.

Vous ne lirez peut-être pas la même chose que moi mais une toute autre histoire, ne vous inquiétez pas: le suspense est le même.

 

 

 

 

 

 

Printemps 2018


2017 (1)

Mon amie Agnès reconnaîtra ces fleurs.

Je salue amicalement mes lecteurs et en particulier ceux du bout du monde : Nouvelle Calédonie, Saint-Pierre et Miquelon, Syrie, Cameroun, île Maurice et bien d’autres … qui prouvent que la distance n’est rien lorsqu’on partage la beauté d’une langue ou plus simplement un peu d’humour ou une recette de cuisine.

Pour changer un peu, je vais commencer par les articles.

 

  • Allez voir la page précédente (plus bas) pour retrouver les plus récents.

 

 

Et vous, quel est votre article préféré sur ce site ?

 

La bonne nouvelle de ce début de printemps est le film La Forme de l’Eau  de Guillermo del Toro. Courez d’abord le voir et vous lirez ensuite ce que j’ai envie d’en dire mais attention : la traduction en sous-titres fait perdre beaucoup de sa profondeur à ce film hors normes, je ne sais ce qu’il en est de la version française. La bande son originale a des dialogues bien articulés, avec des mots simples, on comprend facilement, tant en russe (pour les russophones éternels débutants comme moi) qu’en anglais.

J’ai aimé l’humour, les couleurs de ce film, les objets du décor, la musique, ce moment comme un trou dans l’espace-temps où pendant 5 minutes notre monde bête et technologique s’efface pour laisser une possibilité de rejoindre un autre monde, et aussi la fin…

Guillermo del Toro a réussi là un chef d’oeuvre de délicatesse, de poésie et de réflexion sur le sens que peuvent prendre nos vies, sur nos valeurs, sur nos priorités. Les thèmes abordés, sans lourdeur aucune sont particulièrement d’actualité : l’instinct de propriété, le pouvoir (et son abus), la réussite sociale, le sexisme, le racisme, la religion, l’amitié, le respect de la loi, du protocole, l’entraide ou la compétition et pourquoi pas la souffrance animale mais surtout l’amour, celui qui vous fait voir comme un dieu vivant l’être que d’autres trouvent monstrueux, celui qui ne se pose pas de question face au handicap, celui qui pourrait soulever des montagnes, celui qui révèle des gens ordinaires comme des héros.

Ce n’est pas pour autant un « feel good movie », on en ressort certes avec une énergie renouvelée mais aussi avec tellement de pistes de réflexion.

Les questions sont multiples : qu’est-ce que la différence ?  Dieu a-t-il créé les hommes à son image ou à sa ressemblance ? Quelle est notre part de divin ? Notre part d’animalité? Qu’est-ce qu’être humain ?

On s’interroge sur des allusions à la Bible ou à la mythologie ou encore à des contes. Dans le désordre: Samson et Dalilah,  peut-être aussi ce colosse aux pieds d’argile qu’est devenue la société occidentale, les dieux antiques ou exotiques, le prince charmant, la Belle et la Bête, la petite sirène qui a perdu sa voix pour vivre dans le monde des humains, où elle est inadaptée, où on ne voit pas sa beauté….

On réfléchit aux symboles de certains objets ou éléments : l’oeuf, l’eau (élément primordial), le sang, des parties du corps comme les cheveux ou les doigts, dont on tire force et puissance ou/et qui peuvent aussi révéler la pourriture intérieure, l’électricité (énergie de la civilisation actuelle) qui produit des étincelles entre un être positif et une âme négative, la force du rêve, l’éternelle opposition entre le sec et l’humide, entre le yin et le yang, entre le bien et le mal…

Et puis cette poésie, qui ne passe pas uniquement par les mots, mais aussi par la langue des signes, par des objets ou des situations, cette poésie qui dit tellement de choses à la fois…

J’attends avec impatience vos commentaires…

 

 

février – mars 2018


aut 17 (5)

Bienvenue à mes nouveaux abonnés et bonne fête à tous les amoureux. Etre amoureux rend parfois un peu stupide, c’est vrai, mais c’est si bon de perdre la tête pendant …un certain temps… Et puis l’amour est un tel créateur d’énergie et de motivation.

Peut-on être amoureux de plusieurs personnes à la fois ? Pour ma part, je le suis, entre autres de Beethoven et de Philibert le Beau dont vous pouvez admirer à Brou deux gisants qui le présentent dans tout l’apparat de sa gloire et dans le plus simple appareil.

La danse est un formidable révélateur du couple, je vous incite à aller découvrir les « bals trad ». Pour 5 €, vous avez droit à une ambiance festive et décontractée, avec des musiciens heureux de partager leur passion avec vous. Le spectacle est aussi dans la salle, avec quelques excellents danseurs et l’énergie et le sourire des nombreux jeunes (et moins jeunes) gens qui viennent simplement s’amuser ce soir-là.

La danse la plus romantique est sans conteste la mazurka, pour ce silence au milieu de la mesure où l’on est comme suspendu à deux hors du temps.

On peut faire des rencontres intéressantes: la dernière fois, l’orchestre venait d’un hameau auto-suffisant : la Chavannée. La fois précédente, un groupe de danseurs venus de tous les milieux sociaux m’a raconté comment ils se retrouvent deux fois par an pour les « huttes d’équinoxe » : un temps de méditation et de purification où on se jette dans l’eau d’un lac parfois à moins de 5°C après un sauna (c’est un peu plus compliqué que ça mais je résume). Très peu pour moi qui préfère rêvasser bêtement dans la solitude et le confort de ma salle de bain mais combien intéressant à connaître. Parfois, on partage un repas avec les musiciens, chacun apportant un plat. Bref, un temps d’humanité, si rare.

Les articles de saison seront évidemment :

Pourquoi Saint Valentin est-il le patron des amoureux ?

Recette de petits sablés aphrodisiaques

Plus sérieusement, je vous invite à lire le résultat de mes plus récentes élucubrations:

Léviathan – W S Merwin

Myriam  la soeur de Moïse – Mon article préféré parmi tous ceux que j’ai écrits à ce jour.

Le Lièvre et la Tortue – Jean de La Fontaine

La mort et le bûcheron – La Fontaine

Francis Cabrel – La Robe et l’Echelle

Scarborough Fair

Et une recette : Boulettes aux pois chiches

Enfin l’article que j’aimerais aider ce mois-ci est le tout premier que j’ai écrit ici, il y a quelques années:

Arachné

Hiver 2015- 2016


carte postale

Après la folie furieuse et la haine de cette fin d’année 2015, je vous souhaite de connaître une année 2016 apaisée et constructive.

Apaisée par le temps de la réflexion, arrivant après celui des sentiments exacerbés : colère, angoisse, etc. qui sont de mauvais conseillers comme chacun sait.

Constructive car il va bien falloir qu’on se mette enfin à préparer ce changement de civilisation inéluctable, à nous y préparer aussi et à préparer nos enfants. Le film Demain peut aider.

On peut aussi espérer qu’on imaginera enfin d’autres valeurs que l’argent, des valeurs comme la générosité, l’entraide. Un peu partout sur notre planète, nous assistons à la création de groupes qui fonctionnent autrement : le covoiturage, la colocation, les jardins partagés, les maisons auto-suffisantes et tant d’autres choses encore à imaginer, comme cette machine à nettoyer les océans. Nous avons des raisons d’espérer et sans l’espoir il n’y a pas d’action.

Je fais partie depuis deux ans d’un groupe de tai Chi Taoiste : dans notre ville, nous étions trois personnes il y a deux ans, nous sommes plus de 100 maintenant et chaque semaine des nouveaux arrivent. Au milieu de la séance, nous prenons le thé ou toute autre boisson non alcoolisée ensemble. Ce temps fait intégralement partie de l’apprentissage. Nous discutons. Au fil des semaines, nous voyons les gens s’ouvrir aux autres, ils reçoivent et découvrent le plaisir de donner. Il n’y a aucun jugement et peu à peu les personnes se détendent, perdent leur carapace, apportent elles aussi des caramels faits maison ou tout autre chose qu’ils ont envie de partager. Un jeune homme, très renfermé au départ, discute aimablement avec une personne âgée : elle lui transmet la recette de sa grand-mère : un gâteau à la peau de lait… La vie est aussi faite de ces petits riens qui donnent des raisons d’espérer.

Bref, en ce mois de décembre, laissez-moi croire au Père Noël.