Février 2023


Lac des Prés Saint-Jean – Chalon sur Saône

J’aimerais partager avec vous un instant, qui a eu lieu quelques minutes après que cette photo a été prise, en décembre.

D’abord le décor: le vent qui souffle des rides sur l’eau, les nuages qui se mirent à la surface, l’herbe verte et drue, les arbres bienveillants, rassurants. Une température douce, sans doute trop pour l’hiver, mais dont la clémence engage à sortir et à marcher devant soi dans une sorte de douce euphorie.

Puis les personnages: deux chiens, un très jeune, plein de ce désir d’enfant de s’amuser encore et encore et l’autre déjà plus tranquille mais qui se prête au jeu. Et puis les cygnes, assez nombreux mais pour le moment dispersés.

L’action: Le jeune chien se précipite dans l’eau et éclabousse joyeusement tout autour de lui. Il a vu un des volatiles, on ne sait pas s’il y prête attention, s’il envisage de s’approcher, mais c’est possible. L’instinct n’est jamais loin. Alors tous les cygnes présents, les cygnes aux mouvements invisibles, glissent sur l’eau jusqu’à se mettre juste assez loin du rivage pour que le chien n’ait plus pied (ou pattes, comme vous voulez) et en un arc de cercle parfait autour de lui. L’avertissement est clair, du type:  » Un pour tous, tous pour un ». « Bon, dis le jeune chien, finalement, je vais plutôt aller jouer un peu plus loin, sur la terre ferme. »

Mes lectures du mois:

  • Le dernier Gounelle, intitulé Le Réveil, ne laissera personne indifférent.
  • La Diagonale des Reines, de Werber. Un jeu philosophique intéressant.
  • Blackwater, de Michaël McDowell. Tellement bien écrit, fantastique juste ce qu’il faut et délicieusement féministe. J’ai beaucoup aimé le premier volume, ensuite, disons que c’est une lecture facile et on continue mais on se lasse vraiment de cette famille de gentils riches qui savent comment gagner de l’argent et qui traitent si bien leurs employés et leurs domestiques bien que ceux-ci soient corvéables à merci, de générations en générations. Et puis les études, la culture, ce n’est pas si important. Je suis peut-être passée à côté d’un deuxième ou troisième degré…

Mes films du mois:

  • Avatar en 3D (sinon rien). Une bonne soirée.
  • The Banshees of Inisherin. Il ne plaira pas à tout le monde mais je suis complètement rentrée dans l’atmosphère, dans cette terrible histoire d’amitié blessée, atteinte jusque dans sa chair. Il faut dire qu’il est superbement joué, en particulier le rôle du jeune idiot du village, tellement émouvant, tellement digne finalement. Un dialogue de sourds, chacun restant sur sa logique et la pâte des hommes se muant en cruauté pure. Incompréhensible, comme les guerres, comme une guerre civile plus particulièrement. Avec l’alliée de tous les conflits: la bêtise, surtout quand elle détient un petit pouvoir de maintien de l’ordre.
  • Godland. Un chemin de croix, dégoulinant de pluie d’un bout à l’autre. Malgré des paysages islandais sublimes et une très belle musique de générique, on reste sur sa faim.
  • Divertimento: deux heures de pur bonheur ! On en redemande. A voir et écouter absolument. Je veux la BO.

Quelques secrets d’écriture des Fantômes du Futur


En complément des explications déjà données .

Ce roman écrit en 2018 s’est révélé tristement prémonitoire. Cependant, je pense qu’on n’a pas toujours vu la lumière qui accompagnait les ombres.

J’ai écrit ce roman en 4 mois, de fin juillet à fin novembre 2018. J’avais besoin de mettre des mots sur mon anxiété face aux grands bouleversements qui nous attendent à très court terme. Mais comment faire ? Quelle trame suivre ? Quels personnages imaginer ?

Je suis allée au plus simple, cela se passe chez moi, lieux que j’ai transformés selon les besoins de l’histoire. L’imagination offre une formidable liberté, j’ai bien aimé par exemple allonger ma salle à manger de plusieurs mètres. Les personnages étaient au départ mes proches, qui ont ensuite évolué selon les besoin du récit, changeant de nationalité ou même de sexe. J’ai évidemment modifié les prénoms mais je ne peux expliquer pourquoi rien n’arrivait à un des personnages jusqu’à ce que je modifie une deuxième fois le prénom, ce qui a permis de démarrer son trajet de manière fulgurante.

J’ai écrit le texte dans le désordre, commençant par l’épisode de la fête des grâces où l’on remercie tout au long de la journée ceux que l’on rencontre et même les objets, comme les livres ou les étoiles. J’avais besoin de déclarer un immense merci au hasard ou à la nécessité, qui sait, qui m’a fait naître sur cette belle planète accueillante, fourmillante de vie, et qui a placé sur mon chemin les rencontres qui ont contribué à ma formation.

Les idées me sont venues de nuit, dans un demi sommeil. Je suppose qu’il fallait une baisse de vigilance pour laisser la place à l’imagination. La difficulté était d’une part de tout noter dans le noir et d’autre part de transposer ce qui m’arrivait sous forme de dialogues . Je n’avais pas envie d’écrire une pièce de théâtre. Pourtant, mes personnages jacassaient dans mon cerveau fatigué chaque nuit jusqu’à ce qu’un soir, excédée, je signale intérieurement que ce n’est vraiment pas poli de discuter ainsi dans la tête des gens qui veulent dormir.

J’ai ainsi rédigé la journée selon mes notes nocturnes, tissant des liens logiques entre tous ces éléments disparates. Ensuite, bien sûr, j’ai passé tout un mois à relire et améliorer, à déplacer une virgule pour la remettre en place, à chercher des synonymes et surtout à lire à voix haute pour être satisfaite de la musique de chaque phrase, de son rythme.

Parfois m’arrivaient des phrases toutes faites, étranges, obsédantes. Ainsi celle-ci: « Il y aura un monument historique emblématique de la France qui sera endommagé et cela créera une grande émotion parmi le peuple. Ce sera le début du Déluge de feu. » Que faire de cela ? Je décidai de choisir Versailles et, en brisant des glaces de la célèbre galerie, commencer un cycle de sept ans de malheur. Jugez de mon émotion lorsque Notre Dame a brûlé, deux mois plus tard. La Maison de Dieu, notre maison, brûlait, comme l’avait déclaré à sa manière le Président Chirac.

Le Déluge de feu s’entendait sous toutes ses formes: la Fièvre, la violence, les bombardements, les incendies, les canicules, etc. Une autre injonction surprenante fut celle de réviser la langue russe dans laquelle je suis une éternelle débutante. Je compris qu’un danger pouvait menacer à l’Est, avec des bombardements. Pourtant, si elle n’était pas arrivée de nuit, j’aurais repoussé cette idée comme étant extrêmement improbable, voire loufoque.

Pour l’idée de l’épidémie qui s’avéra être celle du Covid, cela fut pensé de jour, très logiquement. Nous mettons en effet tout en place pour que les pandémies se succèdent, soit avec la déforestation qui rapprochent les animaux sauvages, réservoirs de virus, des humains, soit avec nos jeux d’apprentis sorciers, soit encore avec le dégel du permafrost. Le système de santé fortement dégradé résulte d’une observation de la réalité, un peu exagérée puisque les années qui se succèdent ne feront qu’aggraver les choses.

C’est ainsi que je me retrouvai au début du premier confinement en train de vivre en personne un passage de mon livre alors en cours de publication chez l’éditeur. J’allais me promener sur le pont surplombant une autoroute sans voiture à un kilomètre de chez moi, exactement comme mon personnage. Cela n’est pas commun, tout de même.

A partir de 2030 commence la deuxième partie du roman: la reconstruction. Là je me suis sentie libre de dépeindre avec jubilation la mise en place d’une nouvelle société, bénéficiant des traces de l’Histoire qui pour une fois servirait de leçon. Les graines en avaient été semées dans la première partie du roman, alors que les difficultés croissantes redonnaient aux individus des valeurs oubliées telles que la solidarité et le partage.

Beaucoup de détails sont symboliques mais cela n’a pas d’importance si on ne les décrypte pas. Ainsi la petite fille en équilibre sur une poutre à la fin annonce la suite: Alice des Deux Côtés du Miroir. Ce deuxième roman s’inspire de l’arbre des Sephirot et le thème principal en est la notion d’Equilibre.

Accueillons l’année 2023


Chers et chères passagers de mes mots,

Jamais je n’ai été aussi bouleversée qu’à l’occasion de ce passage symbolique vers une nouvelle année. Janus, le dieu des portes, celui qui regarde à la fois vers le passé et l’avenir, semble avoir laissé ouverte la porte du Temple, celle qu’on laisse fermée en temps de paix. Rarement le bruit des bottes n’a été aussi inquiétant sur notre planète.

Je sais par expérience que chaque année nous apporte et nous enlève quelque chose. Notre caractère humain nous pousse à soupirer bruyamment sur ce qui nous a été arraché et à ne pas toujours être conscient de ce qui nous est offert en échange et cela sera encore plus difficile cette année. En effet, nous entrons dans une période ou le retrait est matériel et l’apport plus spirituel. On peut appeler cela « cure d’amaigrissement » ou « sobriété », « recentrage sur l’essentiel » ou « pénurie », selon que l’on est de nature confiante et joyeuse ou que l’on reste attaché au confort matériel. Je ne cache pas que j’oscille entre les deux, mon coeur accueillant volontiers cette nouvelle ère plus alignée avec mes valeurs tandis que mes mains s’accrochent désespérément aux biens accumulés, qui sont autant de souvenirs.

Dans la symbolique de l’ancien alphabet hébraïque, nous arrivons je crois à la dix-neuvième lettre: Qof. Elle a la forme d’une hache. Voici un extrait des Fantômes du Futur :

La hache est un outil dangereux mais combien nécessaire pour élaguer les branches inutiles. Avec ce nouvel instrument de destruction éclairée, la hache du discernement, nous acquérons le pouvoir de nous séparer du superflu et de nous affranchir de nos illusions. Ce n’est que lorsque nous aurons abandonné toutes les fausses richesses du monde de la matière par une coupure nette et au besoin violente que nous pourrons passer par le chas de l’aiguille.

Laissons le mot de la fin à un personnage d’Oscar Wilde: « We are all in the gutter but some of us are looking at the stars »/ Nous sommes tous dans le caniveau mais certains d’entre nous regardent vers les étoiles ».

C’est un bonheur d’appartenir au groupe de ceux qui, d’où qu’ils soient sur cette Terre, se retrouvent sur ce blog et, à n’en pas douter, regardent vers les étoiles.

La civilisation métallique


Nous vivons au milieu des métaux que nous avons aspiré hors des roches de notre planète. Nous respirons ou avalons des métaux lourds dès notre plus jeune âge, nous voyageons dans des oiseaux ou des coursiers d’aciers, nous habitons dans des constructions aux angles vifs. Les fenêtres en aluminium ou les escalators, les lampes, les ponts… où que nous portions le regard, les créations humaines sont anguleuses et brillantes. Où que nous posions la main, les matières usinées sont froides et dures au toucher. Nous vivons dans la démesure de toutes les dimensions: les hauteurs, les distances, les rythmes de vie. Tout n’est que façade lisse où rien ne pénètre. L’air même n’y est pas naturel, chauffé ou refroidi, nettoyé, modifié, transportant jusqu’à vos narines des parfums synthétiques ou des odeurs d’usines. Les lumières sont faussement colorées, violentes jusque dans le confort étudié qu’elles apportent non pas à une personne mais à un individu type, issu de moyennes et de savants calculs. Quelqu’un qui n’existe pas vraiment.

Parfois je me promène dans le passé, dans de vieux quartiers où une tour ronde vous salue au détour d’une ruelle, où l’herbe pousse entre les pavés, où l’armature des maisons est faite de vieilles poutres de bois. La terre, le grès, le végétal m’accompagnent lorsque je descends dans une cave voutée. Il y fait frais et sombre, c’est ainsi. Je vais m’adapter. Le sol n’est pas plat, chaque pas est une découverte, un risque que l’on prend peut-être. Ça s’appelle vivre, je crois. Je peux ressortir, poursuivre mon errance, je n’ai plus de montre. Le soleil indique plus de seize heures. J’appuie ma joue contre une pierre ocre qui a chauffé tout le jour. Elle me parle, elle est rugueuse et porte la trace des ans. Rien de net et d’aseptisé. Et parfois, ça fait du bien.

Gratin de Butternut façon Christian


Faites cuire la butternut épluchée et détaillée en gros cubes à la vapeur jusqu’à ce qu’ils soient tendres.

Les placer ensuite dans un plat à gratin, mélangés à 150 grammes de lardons, avec de la ciboulette et du persil frais.

Poivrez mais salez très peu à cause des lardons déjà salés.

Saupoudrez de noix de muscade râpée, de pignons de pins (ou cerneaux de noix) et versez 10cl de crème liquide.

Recouvrir de parmesan râpé.

Faire gratiner au four entre 15 à 20 mn à 200 degrés.

A déguster bien chaud.

Vents


Un partage d’un extrait de Vents, de Saint-John Perse, poète toujours difficile à expliquer mais qui fait grand effet sur mon âme. Ces vers éveilleront sans doute d’autres échos pour vous. Le recueil est paru en 1968 mais j’ai la faiblesse de les lire à l’aune de mon époque misérable, ce qui est peut-être les trahir mais est-ce un hasard si cette page s’est ouverte aujourd’hui sur « Eâ »?

Eâ est le dieu de la sagesse mais il est lié aussi aux eaux douces souterraines, il correspond plus précisément à une nappe phréatique de Mésopotamie. (Source Wikipédia). Son nom pourrait signifier en sumérien « maison de l’eau ». Il est souvent présenté comme celui qui trouve les solutions aux problèmes les plus graves, c’est dire s’il est le bienvenu en cette année 2022 où nous avons franchi la limite planétaire de l’eau verte.

Petite explication: l’eau verte est celle qui s’infiltre dans le sol et hydrate les plantes. L’eau dite « bleue », quelle que soit sa couleur, est celle qui court dans nos rivières. Les neuf limites planétaires sont les seuils à ne pas dépasser pour ne pas compromettre les conditions de la vie sur Terre, parfois de manière irrémédiable et définitive. Nous en avons déjà dépassé six.

Mais revenons aux vers du poète:

« …Eâ, dieu de l’abîme, les tentations du doute seraient promptes

Où vient à défaillir le Vent…Mais la brûlure de l’âme est la plus forte,

Et contre les sollicitations du doute, les exactions de l’âme sur la chair

Nous tiennent hors d’haleine, et l’aile du Vent soit avec nous! »

Chez Saint-John Perse, le vent est perçu positivement, quand bien même il se mue en ouragan. Il fait bouger les lignes, il nous pousse à nous réinventer, à sortir de notre zone de confort en dépoussiérant les vieilles idées et les habitudes trop ancrées. Il nous donne des ailes ou en tous cas nous accompagne de son aile.

Le doute est le propre de l’humain, face à l’avenir, face aux nouvelles idées, face à ce que pourrait être sa vie. L’âme, au contraire, le pousse presque sauvagement (« brûlure », « exactions ») à avancer.

« Car au croisement des fiers attelages du malheur, pour tenir à son comble la plénitude de ce chant,

Ce n’est pas trop, Maître du chant, de tout ce bruit de l’âme-

Comme au grand jeu des timbres, entre le bol de bronze et les grands disques frémissants,

La teneur à son comble des grands essaims sauvages de l’amour.

Une envolée mystique dans ce passage sonore sur l’âme: on y retrouve des rites tibétains (les timbres, le bronze, les disques…), un Maître du chant comme un guide face au « bruit » inorganisé de l’âme. Cet aspect spirituel n’arrive pas au milieu du bonheur mais en plein doute, dans ce « croisement » où le malheur a rendez-vous, d’où qu’il vienne. Mais c’est peut-être dans le malheur qu’on peut se révéler, d’où cette fierté du mouvement (attelage) et cette force nécessaire (« ce n’est pas trop de ») pour atteindre la plénitude.

Il y a cependant de fausses pistes et le Maître semble les dénoncer dans un discours entre guillemets, un peu comme Anubis pesant les âmes:

« Je t’ai pesé, poète, et t’ai trouvé de peu de poids.

Je t’ai louée, grandeur, et tu n’as point d’assise qui

ne faille.

« L’odeur de forges mortes au matin empuantit les

antres du génie.

« Les dieux lisibles désertaient la cendre de nos jours.

Et l’amour sanglotait sur nos couches nocturnes.

« Ta main prompte, César, ne force au nid qu’une aile dérisoire.

Bon, au petit matin, il ne reste rien : des cendres, une aile dérisoire, des forges mortes, une odeur de mort même et l’amour qui sanglote. Tous ces efforts pour se hisser au niveau du génie ou d’un empereur (César) comme un forgeron dans le feu de l’action pour finalement s’apercevoir qu’on s’est fourvoyé. Il y a comme un côté « tâcheron » de l’être humain qui ne sait peut-être pas se laisser emporter avec plus d’innocence. Peut-être faut-il être jeune pour cela.

« Couronne-toi, jeunesse, d’une feuille plus aiguë!

On revient un peu à César et à la feuille de laurier, peut-être faut-il moins réfléchir et plutôt agir lorsque le moment est venu:

« Le vent frappe à ta porte comme un Maître de camp

Tiens, le Maître de chant a perdu un « h »! Le registre est plus guerrier.

« A ta porte timbrée du gantelet de fer.

Si l’on en croit ce qui suit, le gantelet de fer ne cache pas une main de velours:

« Et toi, douceur, qui va mourir, couvre-toi la face de ta toge

« Et du parfum terrestre de nos mains…« 

On se souvient que César s’était couvert la face de sa toge au moment de mourir. On emporte aussi le parfum de la terre et de nos mains qui l’ont travaillée.

Le Vent s’accroisse sur nos grèves et sur la terre calcinée des songes!

Apparemment, on n’aura pas la vie dont on avait rêvé, et le poète semble souhaiter plus de vent encore avec l’emploi du subjonctif. C’est apparemment un temps de grandes migrations mais en marchant dans l’espace, on avance aussi dans le Temps:

Les hommes en foule sont passés sur la route des hommes,

Allant où vont les hommes, à leurs tombes. Et c’est au bruit

Des hautes narrations du large, sur ce sillage encore de splendeurs vers l’Ouest, parmi la feuille noire et les glaives du soir…

Et moi j’ai dit: « N’ouvre pas ton lit à la tristesse. Les dieux s’assemblent sur les sources,

Et c’est murmure encore de prodiges parmi les hautes narrations du large.

Le conte se mêle au présent, tandis que le passé s’efface insensiblement. Nous allons parmi les glaives croyant encore fouler les splendeurs de l’occident mais il n’en reste qu’un sillage de navire. L’Ouest est le lieu où le soleil se couche mais aussi où dans la nuit l’aube déjà se prépare. Mourir pour renaître. Nous pourrions céder à la nostalgie du passé, à la crainte de l’avenir, à la peur du présent. Nous pourrions même porter le deuil de nos rêves. Pourtant, il y a là comme un moment exaltant à vivre : les sources parlent de vie et de renouveau et les dieux s’y assemblent. L’air du large nous appelle à nous élever, à trouver peut-être d’autres valeurs, moins matérielles. La parole est créative et on murmure des prodiges.

Le texte continue un peu puis se termine sur ces mots:

S’en aller! s’en aller! Parole de vivant.

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Les Méga bassines


« Quand le sage montre la Lune, le sot regarde le doigt. »

Ce proverbe semble particulièrement d’actualité en ce moment, alors que médias et politiques glosent sur l’attitude plus ou moins calme ou énervée des « éco-terroristes. » Surtout ne pas parler du fond, ne pas s’intéresser à ce que montrent les écologistes ou ce qu’ils disent mais plutôt à leur apparence, leur coupe de cheveux par exemple.

Alors, qui veut les méga bassines et quels sont leurs avantages et inconvénients?

Tout d’abord, il faut savoir qu’il existe des méga bassines naturelles, dénommées « nappes phréatiques », qui gardent l’eau en profondeur, sans évaporation, après l’avoir filtrée naturellement. Cette eau potable et de bonne qualité est gratuite et appartient à tous. Chaque végétal et animal sur Terre (je rappelle que les humains font partie des animaux) en a suffisamment pour se désaltérer, se laver et peut se nourrir et s’abriter avec les plantes qui ont elles aussi profité de cette eau. Précisément en Vendée, cette eau alimente et préserve le Marais Poitevin, zone humide d’importance capitale. Oui mais ça, c’était avant.

L’idée géniale de quelques grands groupes financiers est de continuer à cultiver de très grandes surfaces de plantes nécessitant beaucoup d’eau, en plein dérèglement climatique, pour aller les vendre au plus offrant, fût-il localisé de l’autre côté de la Terre. Ces produits agroalimentaires sont destinés à des animaux en batteries ou en usines à viande. Il faut pour cela puiser dans les nappes phréatiques plus d’eau qu’il n’en revient naturellement, ce qui signifie prendre la part des autres humains (petits agriculteurs, familles, particuliers…) plus celle des générations futures ( depuis quand les enfants ont-ils voix au chapitre ?), plus celle des plantes et animaux locaux ( qui heureusement sont muets).

Cerise sur le gâteau, on pourra aussi spéculer sur l’eau lorsqu’elle sera devenue une denrée rare, comme c’est déjà le cas en Australie.

Comme le niveau de l’eau baisse dans les nappes phréatiques, on peut artificialiser une vaste surface de sol en surface ( plusieurs terrains de football), pomper l’eau en grande profondeur puis l’étaler au soleil ( de 20 à 60% d’évaporation quand même!) et à la pollution (bonjour les bactéries et les microalgues) et ceci afin de l’utiliser ensuite plus facilement en toutes saisons.

Et si elle est trop polluée pour être utilisée, c’est encore mieux car on vendra des produits chimiques pour tuer le vivant qui s’est installé dedans. Il faut penser aussi aux emplois de l’industrie. Elle est pas belle la vie ?

Ce qui est ennuyeux, ce sont ces gens, ces gueux pourraient-on dire, qui ne sont pas d’accord avec l’idée géniale et rêvent tout éveillés d’une société où l’intérêt général primerait sur les intérêts privés de quelques-uns. Heureusement la police et la gendarmerie sont là pour protéger ces derniers.

Une escapade dans le Quercy


Collonges la Rouge

Nous sommes partis de Bourgogne et avons fait une première halte au Château de Lapalisse, qui vaut tout à fait la visite.

Une deuxième halte était dans un des plus beaux villages de France: Collonges la Rouge. J’adore cet endroit, je m’y sens bien, à la fois sereine et dynamique. Nous y avons fait quelques achats chez le coutelier Eustache. Le choix des auberges pour déjeuner est très large mais nous avons opté avec bonheur pour Le Cantou.

Nous avons séjourné dans un chalet « écologique » au Bois de Faral. L’accueil y est formidable, rien ne manque pour le confort des hôtes. http://www.bois-de-faral.com

Saint-Cirq Lapopie est absolument charmant mais il faut être bien chaussé dans les ruelles en pentes. Une jolie excursion en bateau sur la Dordogne, intitulée « la croisière 7 merveilles », avec les commentaires bien tournés d’une jeune guide a bien terminé cette journée.

St Cirq Lapopie

L’arrivée sur le site naturel de Rocamadour nous rend humble.

Rocamadour

Le petit train est incontournable sauf pour les mollets très aguerris. Même si l’on n’est pas croyant, contempler la petite vierge noire comme tant d’autres avant nous, humbles passants ou têtes couronnées, depuis des siècles, nous laisse méditer sur cette chaine humaine ininterrompue. C’est un peu comme si l’on donnait la main à Blanche de Castille ( là, je me laisse peut-être un peu emporter ) Pour revenir sur terre, rien ne vaut un dessert sublime : un sorbet mandarine arrosé de liqueur de mandarine avec une tranche d’orange caramélisée.

Les villages du Quercy ont gardé les anciennes maisons avec un toit bien caractéristique qui leur donne l’air de sortir d’un livre de contes de fées. On y mange peu de légumes, le foie gras et les manchons de canard semblant être la nourriture de base. Je recommande à l’apéritif le Fénelon, association de vin de Cahors, de vin de noix et de liqueur de cassis. Heureusement, plusieurs itinéraires de randonnées permettront de ne pas doubler de volume pendant cette pause gastronomique.

Allez faire un tour à Gourdon, avec ses ruelles médiévales et ses commerces souvent écologiques: brocantes, seconde main, restaurant végétarien, artisans et en particulier la possibilité de stages auprès d’une céramiste meilleure ouvrière de France.

Gourdon

Le parc animalier de Gramat est une jolie promenade à faire et j’ai fait la rencontre d’un raton laveur qui posait littéralement pour les photos.

J’ai pourtant été un peu déçue car si certains animaux bénéficient d’un large espace, d’autres n’ont pas la même chance. Un bon point cependant pour des toilettes sèches innovantes.

Si vous poussez jusqu’à Carlucet, vous serez aimablement reçu sur le domaine du vigneron indépendant et paysan brasseur David Verdier, écologiste convaincu. www.cantemerle4c.com

En revanche, je tairai le nom d’une ferme qui fait beaucoup de publicité. Les pauvres chèvres ne voient jamais le jour, enfermées pour plus de commodité. Eh oui, c’est fatigant d’aller les emmener brouter. La présence du loup est un prétexte bien pratique invoqué tardivement dans la conversation. Il n’en demeure pas moins que, pour ceux qui aimeraient voir gambader leurs chèvres, cela reste un problème difficile et j’en conviens tout à fait. Des solutions existent mais elles sont onéreuses ( emploi d’un berger, présence de chiens spécifiquement dressés, etc.) Quand serons-nous prêts à payer le vrai prix de ce que nous consommons ?

Voilà un tout petit aperçu de quelques bonnes adresses locales. Ajoutez les vôtres en commentaire.

Quatre Conseils pour se préparer (un peu) à quelques difficultés futures


Je veux d’abord souhaiter la bienvenue à mes nouveaux abonnés. Cela me fait un grand plaisir d’avoir pu vous intéresser par l’un ou l’autre de mes petits écrits.

J’anime souvent des Fresques du Climat – https://fresqueduclimat.org/ et à la fin , on me pose des questions du type: que devons-nous faire ? Par où commencer ?

Je ne suis spécialiste en rien, je n’ai qu’un peu de bon sens à vous proposer pour vous préparer tant bien que mal à un avenir probablement compliqué. Je n’ai aucune information sur ces futures difficultés et selon la localisation géographique de chacun, elles peuvent être bien diverses.

1- Cependant, mon premier conseil est de créer du lien social, à proximité et aussi assez loin de chez vous. Personne ne s’en sortira tout seul, je le crains, et la solidarité sera notre chance. Vous pouvez aussi être amené à quitter votre habitation, votre région, momentanément ou pour plus longtemps. Par exemple, dernièrement, les habitants ayant dû évacuer pendant les incendies pouvaient être recueillis chez des connaissances ou bien être entassés dans un gymnase ou une école. Favorisez donc autant que possible la qualité de vos relations familiales et/ou amicales.

2-Dans cette éventualité, prévoyez un sac facile à emporter ( vous n’aurez peut-être que le temps de l’empoigner) avec quelques vêtements, des photos, un livre, un jeu de cartes, une lampe de poche, une gourde, une serviette de toilette, une copie de vos papiers, adresses utiles, etc.

3- Prévoyez d’avoir chez vous environ trois semaines de vivres d’avance. C’est en plus un bon placement en ces temps inflationnistes. Cela évite aussi de se joindre aux ruées dans les magasins.

4- Apprenez : à reconnaître les plantes sauvages, une langue étrangère, les gestes de premier secours, la communication non-violente, les rudiments de cuisine et de couture… Le champ est vaste de cet inventaire à la Prévert mais le savoir et les savoir-faire ne sont jamais encombrants.

Pas d’affolement on n’est pas dans Koh Lanta non plus. Et on n’angoisse pas, d’abord parce que se préparer et agir vous sort des ruminations, ensuite parce que nous avons confiance dans nos capacités de résilience et d’adaptation, tant collectives qu’individuelles. Et surtout parce que ces épreuves peuvent nous permettre de retrouver nos vraies valeurs. On échange l’envie de baskets neuves et scintillantes contre le temps d’un moment entre amis, presque sans CO2.

Bon, on espère tout de même que ce ne sera pas trop dur et pour ceux qui ont déjà l’habitude de la sobriété, la marche sera moins haute. A chacun de voir !

A savoir : le gouvernement vient de mettre en place un service téléphonique dénommé FR-alert. Pas besoin de s’inscrire, si un grave danger ( catastrophe naturelle, accident nucléaire, etc.) menace la zone dans laquelle vous vous situez, vous serez averti par une sonnerie, même si votre téléphone est éteint ou en mode silence. Un texto vous donnera les consignes à suivre.

Film recommandé: Une fois que tu sais – il vient de sortir en DVD. Le rythme est un peu lent, mais cela fait du bien de ralentir aussi. Surtout, il pose les bonnes questions. Il vaut mieux auparavant réviser son Dennis Meadows.

Livres: – Le guide des plantes sauvages et comestibles / Rudi Beiser/ Larousse et Cueillir et cuisiner les plantes sauvages/ Mireille Sicard/ Edisud

La lecture du roman Les Fantômes du Futur / Annick Bourbon Rochette peut représenter un bon entraînement.

Escapade entre Normandie et Bretagne


Château de Fougères

Commençons par l’aquarium de Rennes auquel on peut consacrer une demi-journée. J’ai bien aimé la descente sous l’eau dans une sorte de bathyscaphe et caresser les poissons.

Le Mont Saint-Michel, situé en Normandie comme chacun sait, se visitera de préférence en semaine et hors saison. Une navette gratuite peut vous emmener mais la marche est recommandée pour s’en approcher. Inutile de présenter ce site extraordinaire, qu’il faut prendre le temps d’admirer des remparts aux ruelles, des petits jardins cachés à la Merveille. La demeure historique du chevalier Duguesclin vaut également la visite. Une petite promenade sur le sentier du littoral permet de jolis points de vue. Prenez le temps de déguster la célèbre omelette locale. Bref, comptez deux jours.

En complément, rendez vous au scriptorial d’Avranches où vous admirerez de très anciens manuscrits du Mont St Michel.

Je recommande pour l’hébergement la Ferme St Joseph, située sur les polders à Beauvoir. L’accueil est très sympathique et elle est la dernière maison avant le Mont St Michel, on peut donc y aller à pied.

La visite du Château de Fougères est incontournable. On pourra se rendre ensuite en bas des remparts jusqu’à l’église St Sulpice qui abrite la statue de Notre-Dame des Marais. De belles façades médiévales à voir également.

Pour varier les plaisirs, passez quelques heures très agréables au Parc Botanique de Haute Bretagne où vous pourrez même déjeuner dans une ancienne ferme.

Les remparts et la vieille ville de ST Malo feront l’objet d’une journée inoubliable. N’hésitez pas à pousser la porte du Centre Canadien pour une visite virtuelle et très impressionnante des grands espaces.

Et ajoutez vos propres suggestions en commentaires si vous voulez.

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