Delphine Batho: Ecologie Intégrale / Le Manifeste


Je vous invite à consulter ce livre court et percutant, clair et précis, paru en 2019 aux éditions du Rocher.

Le premier chapitre reprend les constats et explications des scientifiques et les scénarios possibles ou probables, ce qui explique pourquoi « Pour les citoyens, l’alternative est désormais entre l’écologie ou la barbarie. Entre les deux, il n’y a plus rien ».

En effet, aujourd’hui « Tous les milieux indispensables à l’existence humaine, l’air, l’eau, la nourriture, sont touchés par des contaminations polluantes qui impactent nos organismes ». « Nous avons enclenché une dynamique d’effondrement des conditions d’habitabilité de la Terre. Une accélération effarante est en cours ».

Une idée force de cette femme politique est que la question écologique et la question sociale sont un seul enjeu. En effet les très riches sont les gros émetteurs de gaz à effet de serre dont les plus pauvres vont subir plus fortement les conséquences.  » Destructions écologiques et augmentations des inégalités [… ] résultent d’une même et unique cause. »

La croissance du PIB provient de la transformation de la matière et est donc par essence destructrice de notre planète. Mauvaise nouvelle, l’expression « croissance verte » n’a pas beaucoup de sens. Depuis trente ans, la déesse Croissance n’est plus corrélée à une croissance du sentiment de bien-être, à la création nette d’emplois ou à la réduction des inégalités. La nostalgie des Trente Glorieuses (les années entre 1945 et 1975) devrait laisser place à l’horreur des Trente Désastreuses, parce qu’elles portent en elles « les germes du chaos actuel ».

Le clivage gauche droite est obsolète. Cela se voit dans les sondages, dans l’abstention aux urnes, dans le fait que ces deux pôles partagent le même objectif (la croissance) et sont co-responsables de la dégradation de nos conditions de vie sur Terre. « La croissance est l’indicateur de la vitesse d’effondrement et de destruction de notre habitat: La Terre ». Un nouveau clivage politique apparaît: Terriens contre Destructeurs (sachant qu’il y a des destructeurs qui s’ignorent). Les Destructeurs conscients sont les mafia et les terroristes, qui exploitent illégalement des mines, mais aussi certaines entreprises légales et des puissances financières. Beaucoup de Destructeurs sont au pouvoir, parfois cachés derrière le sourire avenant d’un homme de paille mis en place par des lobbies, parfois plus ouvertement, comme un Trump ou un Bolsonaro. A vous de choisir votre camp.

Le rapport à la Terre doit désormais tout structurer puisque c’est une question de vie ou de mort, pour chacun de nous et de nos descendants et pour l’ensemble du vivant. Pour cela, il faut déconstruire les champs de représentation antérieurs, autrement dit tout ce en quoi nous avons cru, et c’est tellement douloureux que beaucoup préfèrent s’aveugler et se mentir. Pourtant les faits sont têtus et la physique aura toujours le dernier mot sur l’économie. Quand on nie l’existence de points de bascule, on ne prend pas en compte les limites du corps humain à supporter la chaleur ou la faim. Rien n’est gratuit, la note des coûts cachés de la pollution va bientôt nous être présentée.

Doit-on désespérer ? Non, car on observe partout une prise de conscience et un renouveau des forces vives. Une nouvelle génération d’entrepreneurs fait école. La naissance d’éco-lieux, l’imagination de nouvelles façons de vivre ensemble dans la joie, la sobriété et l’entraide sont là pour nous donner de l’espoir. Faisons confiance à notre jeunesse et à la sagesse de certains anciens. Il y a simplement un suspense dont on se passerait bien car nous vivons une véritable course contre la montre, une course à la fois de rapidité et d’obstacles, ce n’est déjà plus une course de fond: en 2025, 2030 au plus tard, les jeux seront faits.

L’effort ne sera pas le même selon que l’on est riche ou pauvre, préparé psychologiquement ou non, organisé ou non, isolé ou au sein d’un groupe. Il pourra être soutenu par des pouvoirs locaux si vous les avez bien choisis lors des élections. En effet, « résilience rime avec décentralisation car une plus grande autonomie d’action locale réduit les vulnérabilités ». C’est le contraire d’un pouvoir vertical dont nous ne voulons plus.

Delphine Batho entre ensuite dans les détails comptables d’un projet politique souhaitable et même nécessaire. Oui, c’est possible, chiffres à l’appui. Je laisse chacun lire la suite dans le Manifeste.

Je laisse le mot de la fin au philosophe Jean-Pierre Dupuy:  » La fatalité est la somme de nos renoncements ».

Auteur : Annbourgogne

littéraire de goût, formation, loisirs, métier. retraitée passionnée mythes et légendes

2 réflexions sur « Delphine Batho: Ecologie Intégrale / Le Manifeste »

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